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La grande vie

Christian Bobin

Editeur : Gallimard – Février 2014 –

Folio  - Octobre 2015 –

 

 

Ceux qui  nous sauvent de notre vie ne savent pas qu’ils nous sauvent » (Epigraphe de « La grande vie »).

Comme à l’accoutumée, en ouvrant ce livre de Christian Bobin, auteur qui m’est très cher,  la Lumière est passée sous ma porte, celle de mon cœur, celle de mes yeux, la porte invisible de l’Ame dont il possède, à l’évidence, un trousseau de clés.

« La grande vie » est un recueil de réflexions. C’est également un hommage à la Vie, à la lecture, à la poésie, mais aussi aux femmes, à l’Art, à la beauté de la Nature, à la beauté de toutes ces petites choses si simples qui nous entourent.

Avec cette petite musique dont il a le secret, Bobin, magicien de la métaphore, révèle la splendeur du quotidien, qui nous échappe trop souvent. 

Ce petit livre s’ouvre sur une lettre hommage à Marceline  Desbordes-Valmore, poétesse chère  à l’auteur :

« Chère Marceline Desbordes-Valmore vous m’avez pris le cœur à la gare du Nord. Il faisait froid. Il y avait tellement de monde et en vérité personne. J'ai cherché un abri, un lieu humain. Je l'ai trouvé : le dos appuyé contre un pilier j'ai ouvert votre livre et j'ai lu votre poème … Chère Marceline Desbordes-Valmore vous m’avez pris le cœur à la gare du Nord et je ne sais quand vous me le rendrez ».

Il se clôt sur des mots dédiés à sa mère, aux mères (thème qui revient souvent chez lui).

« Les mères, par leurs soins élémentaires, fleurissent les abîmes ».

Que dire de plus, si ce n’est qu’une fois encore,  Christian Bobin m’a envoûtée, chamanisée,  transportée, et ce, de mon plein gré ?  Lui seul sait mettre en musique ces petits riens, lui seul sait faire entendre, pour qui ouvre son cœur, le chant du geai, le murmure du vent, le silence des nuages.   Oui, tout l’art de Bobin, c’est peut-être, dans le fond, de savoir nous faire aimer le silence, le recueillement, l’éphémère..   C’est sans doute cette faculté qu’a sa plume tendre et savoureuse de nous élever, nous transcender,  tout en restant d’une fabuleuse humilité. C’est certainement ça , la magie des mots…

« Ce qui manque à ce monde, ce n'est pas l'argent. Ce n'est même pas ce qu'on appelle "le sens". Ce qui manque à ce monde, c'est la rivière des yeux des enfants, la gaieté des écureuils et des anges ».

© Nath