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© Valentine Goby

Le jour  se lève.

Sur sa solitude.

Voulue.

Nécessaire.

Vitale.

Absolue.

Epurée.

La brume recouvre les champs, châle d’organza sur peau en friche.

Elle enveloppe son âme. Son âme trouée d’abîmes, nouée d’espoirs, en quête de Lumière. Dénouée de liens tarentulaires. 

 Sentinelle debout, toujours debout.

Elle se sent roseau sous l’écorce du chêne.

Toute la spiritualité du Monde est là, face à elle.

Elle tient en ce ciel immense, en ces arbres dénudés qui tendent leurs bras décharnés en une prière muette.

Elle tient en cet infini vierge de toute fioriture, qui se déploie sous son regard .

Juste l’essentiel. Le sien.

Juste l'union symbiotique de la Terre et du Ciel, la sublimation de la Liberté, une Éternité fugace, un inexplicable Bonheur.  Celui d’être là. Maintenant. Juste là. Juste maintenant.

Intense sensation de lendemains plus clairs qu’obscurs.

Enfin !

Elle serre entre ses doigts la tasse de thé brûlant.

Aujourd'hui encore, elle ira s’asseoir sur cette chaise, au milieu du jardin nu.

Aujourd'hui encore, elle déposera un pan d’émois sur ce roman qu’elle a entrepris d’écrire.

Aujourd'hui encore, son feutre noir fera l'amour à la feuille blanche.

Aujourd'hui encore, elle recollera des petits bouts d’elle-même.

Aujourd'hui encore, elle respirera sa Vie à pleins poumons.

Aujourd'hui encore, le  jour se couchera sur de nouveaux espoirs.

© Nath