seine-cygne

 

© Julien Ribot

 

Moi aussi, je fus un cygne. Un cygne à col blanc. Un cygne majestueux, fier et admiré.

Je suis aujourd’hui un vilain petit canard. Ma Bohème, mon paletot, mes souliers blessés ne m'empêchent pas, ne m'empêcheront toutefois jamais, de rêver.

De ma chambre d’hôtel 1000 étoiles, je redessine un destin sur ma peau désagrégée.

Au fond de mes yeux, la lassitude  et le froid enlacent les mains de l’espoir.

Autour de mes doigts cassés par les morsures de l’indifférence et du froid,il y a parfois l’envie de me jeter à l’eau, d’épouser la Seine qui est devenue ma muse depuis que l’autre, celle qui faisait battre mon coeur, est partie. Il y a cette désespérance d’avenir.

J’écoute le chant du ciel. Je prie, je ne prie plus.

Ce cygne devenu mon Ami me tend un bout d’aile protectrice.

J’y vois un signe.

Je vais m’accrocher à lui.

Partir.

Je serai Lui. Ou moi.

Je saute.

@ Nath