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Elle voulait juste marcher tout droit

Sarah BARUKH

Editeur : Albin Michel – Février 2017 –

 

Ceux qui me connaissent savent la tendresse toute particulière que j’ai pour les premiers romans.

En voici un, découvert tout récemment, grâce aux Editions Albin Michel (merci Maëlle, mon amie-éditrice-fournisseuse de pépites) , et croyez-moi, c’est une merveille !

1946 : la guerre qui a ravagé l’Europe, les corps, les âmes, les familles, et ce pour des générations, a pris fin depuis peu et chacun essaie de se reconstruire, ou de se construire tout court.

Parmi eux, il y a Alice… Alice et ses 8 ans, qui prend la plume , tendrement guidée par la main de Sarah Barukh.
La petite fille fait la connaissance de sa mère, Diane. Une maman idéalisée en raison de son absence inexpliquée, des années durant, années de bienveillance passées sous l’aile protectrice de sa nourrice Jeanne.
Elle est donc pétrifiée par la peur lorsqu’elle doit quitter ce nid douillet pour l’inconnu, avec cette femme si étrange, si silencieuse, si triste, et si peu aimante.

« La dame toute maigre l’observait. Elle avait des yeux si durs qu’elle aurait pu couper une tranche de pain rien qu’en la regardant. »

Et puis, il y a ce mystérieux tatouage sur l’avant-bras. Que signifie t’il ? Et que peut-on comprendre au monde des adultes quand on n’a que 8 ans ?

De Paris à New York, de rencontres en rencontres, Alice va tenter de faire exploser la chape de silence qui entoure son enfance, sa famille, son héritage culturel.

Peu à peu, elle va allumer les zones d’ombre et éclairer la noirceur de son propre dédale, animée par sa volonté inébranlable et sa soif de savoir. Tentant d’assembler les pièces du puzzle de son existence, elle va connaître bien des remous, bien des surprises aussi.

« En musique, on disait un soupir. Elle l’avait lu sur une partition. Un soupir. Le mot lui semblait si juste. »

Je ne veux pas vous en dévoiler davantage, je vous en ai peut-être déjà trop dit. Je vous laisse le soin de courir au plus vite chez votre libraire pour découvrir ce tout premier roman-joyau, servi par l’écriture tendre, douce, forte, poignante, et si belle de Sarah Barukh.

Un roman bouleversant (j’y suis allée de ma petite larme), sur fond de guerre, de Résistance, mais aussi sur l’enfance, le monde qui se désagrège vu par les yeux d’une fillette, les secrets de famille, la filiation (engendre t’elle l’amour ?) , les blessures qui se transmettent au-delà des générations, et, en filigrane, cette interrogation : comment se construire sur des ruines, sur des carences, sur des silences, sur des terres (intérieures) dévastées ?

Les remerciements à la fin du roman, sont extrêmement touchants (re petite larme).
Merci aux Editions Albin Michel, à Maëlle Guilaud ma bonne fée, et bien sûr à Sarah au regard si doux !