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Par Amour

Valérie TONG CUONG

Editeur : JC Lattès – Janvier 2017-


Depuis que j’ai fait la connaissance de l’écriture de Valérie Tong Cuong, c’est un pur bonheur d’assister à la naissance de chacun de ses livres.

Par Amour n’a bien sûr pas dérogé à la règle, et je remercie vivement la belle personne qui me l’a offert et qui se reconnaîtra.

L’Amour est la colonne vertébrale de ce récit qui débute en juin 1940 au Havre et qui se déroule sur une période de 5 ans. A la fois un rien de temps, et une éternité.

« Je croyais que nous avions vécu le pire, que nous finirions par nous en accommoder, par oublier la fuite, le retour, que nous saurions nous réinventer, retrouver une forme d'équilibre, je n'avais pas encore compris que ce mot, équilibre, ne signifiait plus rien.
Désormais, il y aurait seulement la vie et la mort. »

A tour de rôle, plusieurs personnages unis par des liens familiaux.  vont apporter leur voix à ce roman choral, sur fond de terres et d’âmes dévastées.

Lucie, Muguette, Emélie, Jean, Joffre, Joseph, et Marline vont porter le lecteur, l’emporter au milieu des bombes, celles de l’ennemi, le Boche, mais aussi celles des Alliés. Il faut coûte que coûte, survivre. Il faut « faire avec ». Avec la peur au ventre, avec la faim, avec la noirceur, l’horreur, les doutes, les questions, la mort, l’exode, et avec l’Amour aussi, heureusement;

Il faut tenir debout, oui, et tenir « Par Amour ». Amour conjugal, filial, maternel, Amour de la Patrie et de la Liberté. Il faut lutter contre l’atrocité, contre l’indicible. Il faut faire face à cette guerre qui n’en finit pas, à l’exil des enfants, au loin, pour qu’eux puissent vivre. Par Amour.Seule arme contre l'enfer...

Les choix, les non-choix, les secrets, les rebondissements se succèdent. On frémit, on retient son souffle, on espère. On attend.

Valérie Tong Cuong signe là une œuvre magistrale, un roman fascinant, puissant et haletant. Elle étale avec cette délicatesse infinie qui caractérise sa plume, la couleur des sentiments sur la palette des méandres de l’existence.

Le travail de recherche de l’auteure est tout bonnement stupéfiant, il est inouï de précisions historiques, que j’ai découvertes pour certaines, comme par exemple l’exil des enfants vers l’Algérie ou la Tunisie.

Je termine cette lecture profondément bouleversée, avec plein de larmes qui coulent en dedans, mais persuadée plus que jamais que l’Amour est plus fort que tout, et qu’il faut absolument et impérieusement aimer chaque jour davantage.

Un roman coup de cœur, et bien plus encore, mais je ne trouve pas le terme approprié, peut-être n’existe-t ’il pas. Un magnifique hommage à ces populations crucifiées et sacrifiées, aux « petits » et aux « sans-grade » qui ont contribué à écrire l’Histoire. Une pensée émue, page après page, pour mon grand-père, Résistant et chef d’un réseau dans les Hautes-Corbières.
Une pensée aussi pour ces populations, qui en 2017, fuient les bombes et leurs pays, ces peuples martyrisés et foudroyés.

« Il fallait apprendre à aimer vivre, et vivre pour aimer ».

© Nath