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Un fils parfait

Mathieu MENEGAUX

Editeur : Grasset - Février 2017 –


Je vous l’avais dit dans mon précédent billet sur « Je me suis tue », j’attendais impatiemment de découvrir le second roman de Mathieu Menegaux, « Un fils parfait ».

Je remercie vivement, mais alors très très vivement les Editions Grasset pour ce très beau cadeau !

Encore une fois, je ne veux pas lever le voile sur cette histoire ô combien apnéique elle aussi, mais sachez que c’est un diamant. Un diamant brut !

Pour vous en toucher deux mots tout de même (enfin, un peu plus que deux mots ) , le fils parfait, c’est Maxime, dit Max. Il est beau, Maxime. Il est brillant, il est intelligent, il est polytechnicien et tout lui réussit, pour le plus grand bonheur de sa mère, Elise.

Il a épousé Daphné, la narratrice du roman, et deux adorables fillettes sont venues parfaire ce tableau idyllique, ce bonheur qui semblait éternel.

« Maxime était là, il cochait toutes les cases du père formidable »

Seulement voilà, un soir, Daphné apprend que le père attentionné l’est un peu trop , et de la façon la plus abominable qui soit.

« Maman, ne pars pas, le loup vient quand tu n’es pas là ! »

Face à l’horreur, à l’insoutenable, cette mère louve, cette mère tout court, décide de se battre.

Malheureusement, les dés sont pipés, prouvant une fois de plus, s’il est besoin, que selon que l’on soit puissant ou misérable…

Daphné va alors écrire à Elise, la mère de Mathieu. Dans une lettre cathartique, de mère à mère, elle va poser des mots, elle va livrer sa version des faits, expurgée de tout vernis, empreinte de douleur, de colère, et de sidération.

Roman poignant sur un sujet aussi douloureux que tabou,inspiré par une histoire vraie,  « Un fils parfait » explore les défaillances du système judiciaire français.

Il faut savoir que c’est juste en mars 2016 (et oui, vous avez bien lu !) pour qu’un texte de loi prévoie l’inscription de l’inceste dans le Code Pénal sous la forme d’un adjectif.

Il fallait pour aborder ce thème tragique tout le talent de Mathieu Menegaux, cette plume pudique, cette plume engagée, cette capacité qu’il a de se glisser dans la peau d’une femme, une femme qui souffre. Cet art qui est le sien de confier le récit à cette même femme. Il fallait cette écriture puissante, cette faculté à enserrer le lecteur dans l’étau d’une tragédie oppressante. Il fallait surtout cette merveilleuse humanité ,cette empathie, cette intelligence du cœur, qui sont la « griffe Menegaux ».

Merci à Mathieu Menegaux, merci aux Editions Grasset pour tant d’émotions. Frappée en plein cœur, en plein ventre, Daphné, Claire et Lucie ne me quittent pas.

Tout autant que « Je me suis tue », « Un fils parfait » est une lecture indispensable !

« Dans cette histoire, il aura suffi d’un minuscule détail pour emballer la machine , un grain de sable qui s’est glissé dans la mécanique de précision de votre fils et a mis à bas son échafaudage de mensonges ».

© Nath