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La fille du fossoyeur

Joyce Carol OATES

Editeur : Philippe REY  - Mars 2017 –

 

Avant d’entamer la lecture de La fille du fossoyeur, je ne connaissais de Joyce Carol Oastes que le nom,  lequel fait frémir (délicieusement) la blogosphère.

Je remercie vivement l’agence Anne et Arnaud et les Editions Philippe Rey pour avoir pallié cette carence !

Autant vous le dire, cette histoire-là n’a rien du roman à l’eau de rose, loin s’en faut.

Pour vous mettre en appétit, voici (un peu) de quoi il retourne … A vous ensuite de vous précipiter chez votre libraire ou dans votre bibliothèque pour vous faire votre propre opinion.

Le maître du jeu de cette intrigue, c’est le Destin, et ce que nous en faisons. C’est ce que notre histoire familiale nous transmet, vous savez, ces souffrances enfouies et tues que les parents, grands-parents ou ancêtres ont trimballées comme des valises lestées de plomb.

Rebecca est la fille d’un couple d’immigrés allemands qui ont fui la barbarie nazie, et une vie jusqu’alors agréable, pour tenter  de vivre le rêve américain.  Rebecca naît d’ailleurs sur le bateau qui les emporte de l’autre côté de l’océan.

Mais voilà, le rêve en question va se fracasser sur les écueils des côtes américaines,  et la spirale menant aux enfers va bientôt engloutir cette famille. Souffrance, alcool, violence, mort, deuils successifs, vont jalonner l’existence de Rebecca.   C’est aussi dans ce cloaque qu’elle va puiser, on ne sait comment, une formidable force de vie, une résilience d’une puissance inouïe et un courage admirable.

En filigrane de ce roman solairement noir,  de multiples interrogations : peut-on se libérer de son passé, d’une hérédité qui  est souffrance et douleur ? Comment s’affranchir du poids du malheur, alors qu’il semble implacable ?

L’écriture de Joyce Carol Oates est tout simplement somptueuse.   Une foultitude d’émotions se dégage page après page,  on finit par s’attacher à ces personnages sombrissimes et à priori rebutants,  sacrifiés et scarifiés par une société hermétique, violente dans son rejet d’autrui. C’est aussi et surtout une magnifique ode à la Vie …

Encore merci à Anne et Arnaud, et aux Editions Philippe Rey !

« L’histoire n’a pas d’existence. Tout ce qui existe, ce sont des individus et, de ces individus, uniquement des moments individuels aussi coupés les uns des autres que des vertèbres fracassées ».

© Nath