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Une allure folle

Isabelle SPAAK

Editions les Equateurs – Février 2016 –
Le Livre de Poche – Mai 2017 –

 

Une folle allure, c’est une histoire de femmes.

C’est une histoire dans l’Histoire, celle de Mathilde et d'Anny. La première est une demi-bourgeoise des années folles, libre et libérée, vivant de ses charmes, faisant fi des conventions en multipliant les amants (mariés de préférence), en ayant un enfant illégitime (forcément) avec l’un d’eux 

Cet enfant, une fille, est la mère de l’auteur. Anny (« Annie, Anne, Anne-Marie, peu importe le prénom qu’on lui donne »)

D’Anny, Isabelle Spaak a une image sombre : en effet, elle a assassiné son époux, avant de se donner la mort.

Démêlant l’écheveau de cette généalogie à priori peu commune, et ce suite à un événement totalement inattendu, Isabelle Spaak, va marcher tout d’abord sur les pas de sa fantasque grand-mère, femme aux accents proustiens ( un petit goût d’A la recherche du temps perdu, avec cette figure de courtisane incarnée par Mme de Crécy). Aidée par des photos, des lettres, et une boîte à bijoux, elle va mettre au monde l’autre face de sa mère, un aspect qu’elle ignorait totalement, un pan de vie totalement tu jusqu’à ce qu’il ressurgisse inopinément, donnant ainsi vie à ce roman solaire.

« Depuis des mois, j'épluche son courrier et les photographies en vrac dans une cassette à bijoux en métal blindé.
Je me suis acheté une loupe pour scruter ses traits, le détail de ses toilettes, le visage des amis qui posaient avec elle. »

Pour être tout à fait franche, la première partie m’a semblé complexe, dédalesque parfois,et j’avoue avoir eu du mal à éprouver sympathie, antipathie ou empathie pour Mathilde.
Par contre, j’ai été totalement conquise par la seconde partie, par cette (en)quête, par ce portrait de femme sublimissime, rayonnante, passionnée .

J’ai aimé cette balade sur presque un siècle, de Belgique en Italie, en passant par Paris.
J’ai été très émue par cet héroïsme passé sous silence, cette humilité extraordinaire qui lui vaudra des années plus tard, une juste reconnaissance.

Je remercie le Livre de Poche pour cette lecture, vers laquelle je ne serais pas forcément allée si elle n’avait pas figuré dans la liste de nos envies de blogueurs. Mentionspéciale pour la couverture, qui, à elle seule, illustre parfaitement cette « allure folle ».

« Maman était ainsi, très forte et complètement démunie. Une fragilité incroyable assortie d’une fronde de risque-tout. Toujours taiseuse même si elle criait beaucoup, donnait le change, avançait à découvert, s’offrait sans calculer ».

©- Nath