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La nuit je mens

Cathy GALLIEGUE

Editions Albin Michel – Avril 2017 –

 

« Moi, j’aime la fragilité. J’aime les sentiments qui débordent. J’aime me coller à ceux qui ont froid dedans. J’aime n’être rien d’important, mais être au monde pleinement… J’aime écrire sur mes murs et des nuits entières sur mon ordinateur ».

On parle souvent d’amour fou.  C’est là le thème de ce premier roman ,aussi fort que poignant, de Cathy Galliègue, paru aux Editions Albin Michel. Un amour au-delà de la raison, de la mort, de la réalité, à la lisière très ténue de la folie.

Mathilde coule des jours heureux et paisibles  auprès de  Gaspard, homme parfait, gendre idéal, « merveilleux amant, amoureux sincère ».

Ce bonheur profondément linéaire est soudain pulvérisé quand elle apprend le suicide de Guillaume, son premier amour, et que celui-ci, peu à peu, vient s’immiscer dans son quotidien, l’entraînant peu à peu dans les méandres d’un Styx vertigineux,  entre deux  eaux, entre culpabilité, infidélité onirique et failles sismiques intérieures.

« Il était réparé, j’étais délabrée »

Cathy Galliège signe là un magnifique roman sur l’amour, celui qui détruit, certes, mais aussi celui qui construit et permet de se construire, de se découvrir, au-delà des ornières qui balisent un chemin de vie jalonné de choix, de non-choix, de concessions et de compromis.  

Une plume puissante, une plume uppercut, lumineuse autant qu’apnéique…  Une formidable  histoire qui  prend par le cœur, par les tripes, qui vous cloue tant d’effroi  que d’espoir.  Un roman bouleversant, qui m’a saisie de bout en bout, m’a profondément troublée, et viscéralement ébranlée.  Des larmes bien souvent, et cette sensation de vide une fois le livre refermé.

  Une lecture que je conseille vivement donc !

« Une caresse sur la joue m’a ouvert les yeux.  A mes pieds, une plume blanche venait de se poser ».

©Nath