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Les oubliés du dimanche

Valérie PERRIN

Editions Albin Michel  - Avril 2015 –

 

« Il faut écouter dans l'urgence parce que le silence n'est jamais loin. »

Il y a les livres, ceux qui passent et ceux qui restent.

Et puis il y a ceux qui entrent dans votre vie par la grande porte, celle du cœur… Ceux-là deviennent alors des amis.

Parmi eux, « Les oubliés du dimanche », splendide roman,  servi brillamment  par la plume douce, tendre,  un brin nostalgique, et ô combien émouvante de Valérie Perrin.

Ces oubliés du dimanche vivent dans une maison de retraite pompeusement nommée « Les Hortensias ».

Justine, elle a une vingtaine d’années. Elle est aide-soignante aux Hortensias, et elle aime ça.  Elle aime les personnes âgées, elle aime les écouter parler, raconter leurs vies. Celles d’avant les Hortensias. Celles qu’ils oublient parfois. Alors, pour que l’oubli ne l’emporte pas sur la mémoire et l’amour,  Justine écrit.

Dans un cahier bleu, elle note des pans de vie. Leurs pans de vie.

Il y a  Justine. 

Et puis il y a Hélène. Sa résidente préférée.   Hélène, la pensionnaire de la chambre 19, la Dame de la plage. Hélène et ses silences. Hélène et sa mouette. Hélène et sa sublimissime et fascinante histoire d’amour avec Lucien.

« Quand je suis arrivée dans le service, on m’ a dit : Elle passe ses journées  sur une plage, sous un parasol….Et depuis son arrivée, une mouette a élu domicile sur le toit de l’établissement….  Quand j’ai un coup de blues, je prie pour que la vie m’apporte un parasol comme le sien. Son parasol s’appelle Lucien ».

Mêlant avec brio et une indéniable lumière le passé et le présent, faisant se croiser les chemins  de vie d’Hélène et de Justine, l’auteur entraine le lecteur dans une dimension tout en pudeur, sensibilité, émotions et délicatesse.

On pleure (beaucoup), parce que c’est beau… Beau comme un ciel bleu,  beau comme l’amour quand il vous met des diamants dans le cœur et dans les yeux. Beau de cet éclat qui vous fait vous sentir plus vivant, plus humain,  plus aimant.

Les oubliés du dimanche est un splendide roman sur la transmission, la vieillesse, l’amour, la puissance des mots et celle des silences, sur l’absence et sur la présence.

Valérie Perrin a ceci de particulier qu’elle rend l’ordinaire exceptionnel,  et, si Justine sait voir à travers les âmes, il est certain, selon  moi, qu’il en est de même pour Valérie.

Un premier roman remarquable, que je te conseille donc, à toi, ami lecteur, toi qui es allé jusqu’au bout de cette chronique…

« Elle lui affirme que chaque être humain est relié à un oiseau . Et que certaines personnes ont le même. Il suffit d'observer le ciel pour voir que son oiseau n'est jamais loin. Elle dit que les oiseaux ne meurent pas, qu'ils se donnent à l'infini. Dès qu'on met un oiseau en cage, un homme devient fou. »

© Nath