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Mon père, ma mère et Sheila

Eric ROMAND

Editions Stock – Août 2017 –

Rentrée littéraire 2017

 

“Comme tous les enfants de mon âge , j’ai adressé une lettre au père Noël. J’y demandais un déguisement, sans oser préciser que c’était une robe de princesse dont je rêvais ».

Avec ce « Mon père, ma mère et Sheila », Eric Romand signe un premier récit aussi âpre que doux.  Né en 1964 dans une famille où trouver sa place n’est pas facile,  Eric , au fil des pages, nous fait plonger dans son quotidien.  Celui de l’enfant, de l’adolescent qu’il fut , puis de  l’homme qu’il est devenu.  Cet homme qui s’est construit « sans » et « avec ».  Sans tendresse, sans lumière, et par-dessus-tout, sans pouvoir évoquer son homosexualité à ses parents, subissant les moqueries et quolibets. Avec des grands-parents formidables , les disques de Sheila et un immense besoin d’amour.

Ce quotidien est peuplé de toutes ces choses qui ont fait celui de toute une génération : le mange-disque orange, les 45 tours achetés avec l’argent de poche, les sous-pulls en nylon…

Ces fragments de vie déposés sur du papier m’ont touchée, de même que  cette sensibilité à fleur de peau qu’il cache tant qu’elle en devient carapace, cette pudeur étouffée,  le rapport à cette mère aimée malgré tout, et celui à ce père si particulier. J’ai aimé les dernières lignes , qui résument l’itinéraire de l’auteur.

« Je suis triste mais j’ai décidé d’être heureux »

Certes, on dira que c’est gentil , que ce n’est pas de la grande littérature, que ces paragraphes courts, posés comme ça, comme ils ont été pensés, sont déconcertants. Mais voilà, tout cela, cette fragilité m’a séduite, et ce Roman(d) tout autant.

Je remercie les Editions Stock pour cette jolie découverte.

©Nath