IMG_20170811_101218[1]

 

 

Les jouisseurs

Sigolène VINSON

Editions de l’Observatoire – Août 2017 –

Rentrée littéraire 2017

 

C’est avec ces « Jouisseurs » que je suis entrée en communion avec  l’écriture de Sigolène Vinson, et, comment vous dire ? Ce fut un choc, un beau choc, une rencontre inouïe !

Certes, les premières pages de ce roman peuvent sembler totalement déconcertantes, mais, dès lors qu’on se laisse embarquer , alors…

« Les jouisseurs » met en scène Olivier, écrivain en mal d’inspiration, et sa compagne, Eléonore.  Pour tenter d’échapper à l’angoisse de la page blanche, il va dérober un automate du XIXe siècle , « L’écrivain »,  lequel est  supposé lui venir en aide.

Et là, intervient, toute la force et l’incongruité magique de ce roman. En effet, c’est Eléonore, qui, sous l’emprise de psychotropes, alimente et nourrit toutes les nuits l’automate,  donnant ainsi peu à peu naissance à  "  la Caravane de Wintherling", oeuvre qui se déroule deux siècles plus tôt, dans un Maroc aux images et aux descriptions à couper le souffle, et dont les personnages ,Ole et Léonie, ont fait le choix d’une existence de nomades jouisseurs.

Tout  ceci peut sembler totalement loufoque ou décalé, mais derrière ces  deux histoires en une, à laquelle il faut rajouter la notice technique  de l’automate (un délice !), se posent, en filigrane,  toutes les interrogations profondes introduites par Sigolène Vinson, notamment sur le sens de nos existences normées par une société qui l’est tout autant, où l’humain formaté se perd, n’étant plus souvent, ni réellement acteur, ni réellement auteur de son quotidien.  C’est également un hymne à la littérature qui sauve,  le tout avec une écriture qu’il faut absolument découvrir, car la décrire lui en ôterait sa substantifique moëlle.  C’est enfin une très, très belle histoire d’Amour. 

«Le soleil descend et projette les ombres bizarres du soir. A l’heure des chimères , la petite palmeraie, composée de cinq arbres nains, rentre en somnolence. Léonie décide de s’établir au cœur de ce calice du désert, forcément illusoire » .

Je remercie vivement les Editions de l’Observatoire pour cette si belle découverte, qui m’incite vivement, et c’est peu de le dire, à me tourner vers les précédents romans de Sigolène !

© Nath