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La Terre qui penche

Carole MARTINEZ

Editions Gallimard - Août 2015 -

Folio - Avril 2017 -

 

Nous sommes au quatorzième siècle, époque maudite où la peste, la disette, les guerres et le désordre économique créent un climat terrible et cruel. C’est la pire des périodes.
Blanche, 11 ans, est promise en mariage par son père à Aymon, l’héritier du Domaine des Murmures (lieu du précédent récit de Carole Martinez). Aymon est « simple d’esprit » , gentil , doux, et sauvage…

En ces temps où il est impensable que la Femme puisse s’instruire, Blanche ne rêve que d’une chose : savoir lire et écrire… Savoir broder chaque lettre de son prénom , et trouver ainsi une ébauche d’émancipation et de Liberté. Rappelons pour mémoire qu’en ces temps médiévaux, une femme instruite est pareille au « diable dans la maison ».
Alors , ces lettres, Blanche va les voler, aidée par les rencontres que le hasard ( mais existe-il vraiment?) va placer sur sa route au Domaine . Elle va s’en saisir pour pouvoir signer son nom et s’emparer du pouvoir de l’Ecriture.

Au fil du temps, très bref, car Blanche va mourir très jeune , on ne sait trop par quelles circonstances, elle va percer des secrets de famille, découvrir qui est vraiment sa mère, et par là-même, précipiter le désastre. La petite fille raconte son histoire , et son fantôme, « la Vieille Ame », est le lien tissé entre le 14e siècle et le nôtre. Cette Vieille Ame ne se souvient plus de tout, tant son chemin spirituel est long et sinueux.  Blanche est volubile, Blanche est émotions… La Vieille Ame est sa voie et sa voix (à 600 ans d'intervalle) , elle perçoit et ressent ce monde depuis des siècles.

Ce roman duel est un merveilleux récit initiatique, qui nous conduit sur le passage de l’enfance à l’âge adulte, soulignant le prisme parfois déformant d’une réalité qui n’appartient qu’à l’esprit. Il nous transporte dans un Univers totalement onirique , féérique, entre merveilleux et sacré, entre troubadours, poètes, une rivière magique, et une Dame Verte, sous la plume , toujours légère et allégorique de cette fantastique conteuse qu’est Carole Martinez.

© Nath