9782070197200FS

 

 

La chambre des époux

Eric REINHARDT

Editions Gallimard – Août 2017 –

Rentrée littéraire 2017

 

Nicolas est compositeur. Il est marié à Mathilde.

Nicolas, c’est Eric Reinhardt lui-même.

Il y a 10 ans, alors qu’il est plongé dans l’écriture de Cendrillon, il apprend que son épouse, Margot, est atteinte d’un cancer du sein et que ses jours sont comptés.

Alors, pour lutter contre l’inéluctable, et dans une course effrénée contre la mort, il va relever le défi de publier son livre en septembre.     Sorte d’exorcisme destiné à devenir le rocher auquel s’accrocher, pensée magique,  ce sera le moyen de se battre, et de gagner,  elle en est certaine.  Pendant qu’elle se bat contre le mal qui la ronge,  il se bat, à ses côtés, avec ses armes à lui : les mots.

Le sujet me semblait donc jusque -là intéressant, dans la mesure où je considère que l’art, tout comme l’écriture et la lecture, peuvent être salvateurs.

C’est ensuite que tout se complique, ou plutôt s’est compliqué pour moi : en effet, dès l’instant où le roman est publié et devient best-seller , dès celui où, conjointement, Margot entre en rémission, il éprouve ce besoin ( ?)  obscur, suite à une rencontre avec une femme atteinte du même mal que son épouse, d’écrire un roman dans le roman.  C’est là que j’ai commencé à me perdre, à me sentir mal à l’aise face à ce qui m’a paru indécent, mortifère, et terriblement égocentrique.  J’ai trouvé que le récit flirtait dangereusement avec une certaine obscénité, je me suis égarée dans des méandres fantasmatiques, à moins que ce ne soit dans le roman tout court.

J’ai eu du mal à saisir le beau, le pur, à éprouver de l’empathie, tant pour l’auteur que pour ses personnages et j’ai été totalement déroutée, aussi bien  par la forme que par le fond. J’ai été agacée, et pas qu’un peu, par cette tendance à l’auto-apitoiement, et dérangée par les obsessions sexuelles d'Eric Reinhardt, qui selon moi, n’avaient pas grand-chose à faire ici. 

Il est rare que je ne termine pas un livre, mais là, honnêtement, je n’ai pas pu aller jusqu’au bout.

Je précise que ce n’est en rien de jugement de valeur, que ce n’est bien sûr que MON point de vue,  peut-être altéré,  par ma sensibilité sur ce sujet bien précis (la maladie d’un proche) et qu’il n’engage que moi.

© Nath