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Je peux me passer de l'aube

Isabelle Alonso 

Edtiions Héloïse d'Ormesson - Septembre 2017 -

304 pages

Rentrée littéraire 2017

 

L’Espagne sort meurtrie et écorchée au plus profond de son être d’une guerre atroce qui a porté au pouvoir le dictateur Franco, lorsque le jeune Angel Alcalà Llach rejoint sa famille à Madrid après deux ans d’absence. En effet, il n’était encore qu’un adolescent de quinze ans lorsqu’il avait décidé, au grand désespoir de son père, de rejoindre les rangs des combattants républicains. C’est en apprenant la mort de ce père qu’il décide de rejoindre sa mère et les derniers “petits” de la famille à Madrid.

Un père, c’est une digue. Mais comme elle a toujours été là, on n’imagine pas de quoi elle nous protège. Maintenant, je le sais. Mais maintenant il est trop tard”.

Angel découvre alors son pays crucifié, asphyxié par la dictature franquiste : la peur, la famine, la misère, la délation ont épousé, sous le regard bienveillant et liberticide de l’église et de l’armée, la répression, la torture et les lois ridicules.

Quittant alors Madrid pour Valence, où vit et travaille l’un de ses frères, Angel va décider de rejoindre ceux qui ont décidé de se battre eux aussi, de ne pas laisser grandir les “petits” dans un monde privé des droits fondamentaux, dans un pays amputé de valeurs républicaines et démocratiques. Le conflit mondial aux portes de l’Espagne ne fait qu’exacerber cette volonté de se battre.

“La planète entière est en train de s’anéantir. Avec notre pauvre Espagne en éclaireuse… Si on ne se bat pas, on est complice.

Le combat d’Angel le mènera à la clandestinité, lorsqu’en 1944, il refusera de répondre à l’appel du service militaire. La lutte continue, l’espoir demeure, d’autant plus que les Alliés ont gagné la guerre. Les lendemains qui chantent sont donc apparemment tout proches… 

J’ai été particulièrement touchée par ce roman, parce qu’il est porteur d’espoir. Parce que c’est une magnifique histoire de transmission... Parce qu’en dépit du thème abordé, la plume d’Isabelle Alonso se teinte d’humour et de lumière. L’écriture est d’une élégance, d’une sensibilité et d’une justesse qui font que forcément, on croit à l’aube.  Angel est le papa de l'auteure, ce qui rend, à mon sens, le ton de ce roman plus juste encore, plus proche de la réalité du coeur.

L’Espagne franquiste est décrite avec justesse, avec précision, avec une véracité historique. C’est sans doute pour tout cela qu’on se sent si proche de chacun des personnages. Sans doute aussi parce que j'aime passionnément l'Espagne.  Certainement parce que j'ai retrouvé un peu de mon histoire dans celle-ci.  Sans aucun doute parce que je suis éprise de Liberté, et que j'exècre toute forme d'oppression.

J'ai fait cette lecture communément avec Stéphanie, dans le cadre des Explorateurs du site lecteurs.com (voir ci-dessous).

© Nath

 

Lire "Je peux me passer de l'aube" et découvrir l'écriture lumineuse d'Isabelle Alonso

Avec Je peux me passer de l'aube, son dernier roman , Isabelle Alonso nous entraine à la suite de Je mourrai une autre fois, dans l'Espagne de la fin des années 30, de la guerre et de l'accession au pouvoir de Franco.

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