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L’homme-joie

Christian BOBIN

Editions de l'Iconoclaste - 2012 -

Editions Gallimard  Folio – Août 2017 –

165 pages

 

« Je regarde le bleu du ciel. Il n’y a pas de porte.  Ou bien elle est ouverte depuis toujours. Dans ce bleu, j’entends parfois un rire, le même que celui des fleurs : impossible de l’entendre sans aussitôt le partager. Ce bleu , je le glisse dans ce livre pour vous ».

Il m’accompagne . Il n’est jamais bien loin de moi. J’ai en permanence l’un de ses livres à portée de main : Christian Bobin est un auteur –phare de ma vie.

C’est donc avec émotion et tendresse que j’ai découvert l’Homme-joie  (initialement paru aux Editions de l’Iconoclaste ) et plus récemment chez Folio.

L’homme-joie est un hymne à la Vie, à l’Amour, à, et bien sûr comme quasiment toujours chez Bobin, à la Nature , au Monde qui entoure chacun de nous, à toutes ces « petites choses » auxquelles nous ne prêtons pas attention. C’est une ode à la poésie, à la musique, à l’art, à la littérature.  En deux mots : C’EST BEAU ! Tout simplement.   On croise le noir de Soulages et le bleu du ciel,  la musique de Bach et celle de Glenn Gould, une gitane et ce laurier rose, celui qui « résiste » et qui revient si souvent chez Bobin.

« Un livre est voyant ou il n’est rien.  Son travail est d’allumer la lumière dans les palais des cerveaux déserts ».

C’est comme toujours, immensément touchant…  C’est Bobin. Juste ça. Juste une pudeur lumineuse, une poésie à fleur de peau, un sens de l’émerveillement à fleur de cœur, une Humanité palpable, et cette singularité de l’Homme qui insuffle la joie  et la sérénité.

Ce livre se compose de 15 chapitres , et au milieu… Au milieu coule une rivière de diamants..   Un carnet bleu. De ce bleu du ciel surgi du noir de la Terre.   Un carnet adressé à la Femme aimée, Ghislaine,  la « Plus que Vive ».  Un carnet manuscrit, qui m’a bouleversée …

« A présent, j’écris… Dans l’amour, dans la lumière, j’écris. Avec  des mots plus lumineux que la lumière, pour passer la lumière, pour atteindre ce qui en elle n’est plus sujet aux éclipses, pour gagner cette clarté que ne désoriente plus que la lente rotation des jours. Avec toi, j’écris. Avec  toi, je vois que les mots sont les mêmes. Ceux de la nuit. Ceux du  plein jour. Ceux de l’attente de l’amour. Ceux de l’amour ».

Un bijou donc, à découvrir, à lire, à relire, à écouter, car pour qui sait les entendre, les mots et le rire de Christian Bobin résonnent au-delà des pages .

© Nath