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Liberté je dessine ton visage

Olivier TARASSOT

 

« Franchir la ligne.  Aller au-delà des frontières,  de ses propres limites. Ne pas rester dans les zones sécurisées où les informations sont filtrées, où les paroles proviennent d’officiels ».

Charlie est journaliste freelance. L’un de ces grands reporters qui partent à l’autre bout du monde, parce qu’ils veulent et qu’il faut dénoncer l’obscurantisme et la chape de silence de certains médias. La liberté d’expression est son cheval de bataille (on imagine d’ailleurs que le choix du  prénom n’est pas le fruit du hasard).

Julie, sa compagne, est médecin urgentiste à Paris. 

Le jour où Charlie part pour la Syrie, l’ordinaire  d’un couple va être catapulté et basculer dans la peur, dans l’horreur de la guerre, celle qui broie un pays laminé.  En effet, le journaliste va être pris en otage par l’Etat Islamique. 

Dès lors, Julie va se battre et entrer en résistance.  Au nom de la Liberté. Au nom de l’Amour qui les lie.  Et au grand dam de tous ceux qui veulent la faire taire,  en vertu du « politiquement correct ».

«Non, je ne vais pas me taire. … Je prends le relais, momentanément, le temps que tu reviennes ».

Ce roman-là n’est pas un livre de plus sur un sujet sensible. Il se distingue par l’appel  à la tolérance qui en émane, page après page, chapitre après chapitre et par sa construction.  La structure du récit donne en effet la parole à quatre personnages, quatre destins qui se croisent, quatre visions d’une tragédie, quatre chemins, quatre visages, quatre voix.   Cela permet de plonger dans le vif du sujet, tout en gardant la distance nécessaire, celle qui permet de rester proche de chacun d’eux. 

L’écriture est lumineuse, en dépit du sujet sombre.  Lequel sujet est parfaitement maîtrisé. Olivier Tarassot a su éviter l’écueil du mélo et du pathos facile.  Il décortique, il dénonce,  et il le fait avec un talent prometteur.  « Liberté je dessine ton visage » est un hymne à la Tolérance, à l’Espoir, à la Liberté, et à l’Amour.   Alors oui, on se prend ces destins-là de plein fouet, en pleine face… Alors oui, on a mal, on a peur, on retient son souffle…  Alors oui, on a envie de hurler par moments. Mais on a surtout envie d’y croire !

Un grand merci à l’auteur pour l’envoi de ce roman, que je vous recommande vivement.

© Nath