9782253073710-001-T

 

 

La valse des arbres et du ciel

Jean-Michel GUENASSIA

Editions Albin Michel – 2016 –

Livre de Poche – Février 2018 –

288 pages

 

Je suis une grande admiratrice de Vincent Van Gogh et l’un de mes tableaux préférés est  «  La nuit étoilée » (dont on découvre un détail sur la couverture). Alors forcément, ce roman de Jean-Michel Guenassia ne pouvait que me séduire.

On y retrouve bien sûr l’immense artiste que fut Van Gogh, mais on y fait aussi et surtout la connaissance de Marguerite,  la fille du célèbre Docteur Gachet (celui du célèbre portrait, celui qui a accueilli et soigné nombre de peintres impressionnistes dans son fief d’Auvers-sur-Oise, celui qui  fut appelé au chevet de Vincent lors de ces derniers instants).

Marguerite est la narratrice de ce roman. Elle rêve de quitter la France et un père que l’auteur nous décrit comme un monstre d’égoïsme et de cupidité.

« Moi, Marguerite Gachet, aujourd’hui mercredi 19 mars 1890, je fête seule mes dix-neuf ans et je me fais la promesse solennelle de quitter cette terre de désolation pour gagner l’Amérique lumineuse, je jure sur la mémoire de ma mère que rien ni personne ne m’en empêchera ».

Le jour où le peintre frappe à la porte du célèbre médecin-mécène, la vie si sombre de la jeune fille est illuminée.

Jean-Michel Guenassia nous fait partager les deux derniers mois de la vie de Van Gogh.   Au cœur du roman, une idylle entre deux êtres déchirés, animés par la passion de la création et l’amour de la liberté.  Au cœur du cœur du roman, Vincent..  En proie à ses démons, fauché parce que personne ne voulait de ses toiles.  Bouleversant. Lumineux. Moderne. Infiniment cultivé.

Le récit est émaillé de documents d’époque, de lettres touchantes échangées entre Vincent et Théo.  Qu’elle est belle, d’ailleurs , cette correspondance !  Qu’elles sont belles, les descriptions des tableaux de l’artiste ! Qu’il est beau ce roman !

 « La mansarde qui était alors dans la pénombre a été soudain éclairée, un rayon de lumière s’est posé comme par magie sur le chevalet et j’ai été saisie par cette vision : une toile représentait des maisons de paysans dont les toits de chaume se confondaient avec les prés étagés, et dans le fond, les arbres en vert foncé se livraient à une valse tourmentée et pleine de nuages bleutés. La toile, qui était grise à mon arrivée, parut animée d’un souffle de vie avec ses arbres et son ciel dansant une sarabande endiablée ».

S’appuyant sur une documentation riche et précise, l’auteur revisite certaines idées reçues, notamment celle du suicide de Van Gogh.

On ne saura jamais si l’histoire d’amour entre Vincent et Marguerite relève de la réalité ou de la fiction, mais est-ce là l’essentiel ? Je ne crois pas ... L’essentiel, c’est ce sentiment de bonheur, de splendeur et de lumière qui se déroule tout au long de la lecture.  C’est aussi la liberté laissée à chacun d’y croire ou pas. Pour ma part, j’aime à penser qu’il fut le « soleil » de sa vie.

«J’ai renié Dieu depuis longtemps… Peut-être que Vincent l’a entrevu, mais je ne le crois pas. Vincent a peint ce monde de façon plus belle que lui ne l’a créé. »

J’ai fait cette lecture dans le cadre de mon partenariat avec le Livre de Poche, que je remercie. C’est un joli coup de cœur !

© Nath