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Et mon luth constellé

Ariane SCHREDER

Editions Héloïse d’Ormesson – Janvier 2018 –

254 pages

Rentrée littéraire d’hiver

 

« Et mon luth constellé » n’est pas qu’un pan du magnifique et mystérieux  poème de Gérard de Nerval, El Desdichado, c’est aussi une histoire.  Une sublime, une  émouvante histoire contée par Ariane Schréder.   Celle  de  vies qui s’entrecroisent, dans un tout  petit village pyrénéen  ( là où « les gens n’ont jamais vu la mer ») surplombé par un château cathare.

S’il m’a tant émue, c’est parce que je connais bien ce lieu.

S’il m’ a tant touchée, c’est parce qu’il est un bijou de poésie, de sensibilité, de délicatesse, et un superbe hommage à la littérature.

C’est l’histoire d’Iris, comédienne citadine, femme fantasque et fantastique, surgie d’on ne sait où, juchée sur ses chaussures à semelles compensées. Iris , mythologique messagère des dieux. Iris, qui va bouleverser l’existence de ce village…

« Alors, Iris est quand même entrée. Elle est arrivée par une nuit d’été.  C’est Jojo qui l’a découverte… ll a dit « Là-haut,  il y a une demoiselle qui dort dans sa voiture ». Il a ajouté « On dirait une fée » .

C’est l’histoire d’une petite fille de dix ans, Louise...

C’est l’histoire de ce fil magique, de ce lien lumineux que génère la littérature.  Car Iris va lire, le soir, à la tombée de la nuit . Ou plutôt, elle  va incarner des lectures.  Uniquement des classiques, qui proviennent de la librairie du vieux Georges, des histoires d’amour-passion.  Des mots lus contre une chambre mansardée.

C’est l’histoire d’une promesse non tenue, d’une fuite, d’un secret, d’une quête.

J’ai été bouleversée par ce roman.

Mes racines cathares ont vibré en respirant l’air de ce village et de ce château,  chargés d’âmes .  Mon cœur a battu plus fort en entendant Iris la sirène lire. Il a été séduit, charmé par la plume d’Ariane. L’écriture est en effet d’une beauté inouïe, elle est peuplée de toutes ces phrases étoilées qui font du bien.  Elle est lumière et douceur, elle est pureté et passion. Elle est faite d’amour. 

C’est donc, vous l’aurez compris, un gros, gros coup de cœur que je vous conseille et pour lequel je remercie les Editions Héloïse d’Ormesson (merci, merci !!).

"Si je devais ne transmettre à Stella qu'une seule parole d'Iris, une seule foi, ce serait, je crois, que les personnages des livres ne disparaissent jamais, et que les histoires ne se terminent pas".

© Nath