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Mer agitée

Christine DESROUSSEAUX

Editions  Le Livre de Poche – Février 2018 –

256 pages

 

Jean habite au bord de la mer, sur une presqu’île du Cotentin.

Son petit-fils Léo, militaire meurtri par ce qu’il a vécu en Afghanistan, blessé au plus profond de lui par un traumatisme lointain, arrive chez lui lors d’une permission.  Le grand-père découvre alors un jeune homme empli de colère, de peurs, de cicatrices.

« Léo est juste un gosse qui souffre…une masse de tristesse ».

Le roman de Christine Desrousseaux se déroule sous la forme d’un journal, celui de Jean. Il y raconte ses baignades, son quotidien avec Léo. Quotidien bientôt ravagé par le meurtre d’une jeune fille.. Pour les habitants du village, Léo sera bien sûr un suspect tout désigné, un monstre sanguinaire.

Ecrit à la première personne, à l’exception des incursions dans le passé qui permettent de démêler l’écheveau du présent, le roman offre une place de choix à la mer, personnage à part entière, qui vibre au diapason de ce que Jean vit et ressent : elle est calme ou tempête, elle est claire ou sombre, elle est celle qui lave et purifie. Elle est marée basse ou haute. Elle est rassurante ou effrayante.

« Mer agitée » évoque la réalité du stress post-traumatique dont souffrent de nombreux militaires à l’issue de leurs missions. La forme du récit lui donne un caractère intimiste,  et plonge le lecteur au cœur de l’intrigue. Brillamment.

J’ai été séduite par cette histoire, par ces personnages dont je me suis sentie proche, car ils sont somme toute ordinaires. Je n’ai pu que ressentir une immense empathie vis-à-vis de ce grand-père et de son petit-fils, si proches dans leurs souffrances, dans leurs quêtes d’amour, dans leurs solitudes. Ce huis-clos m’a emportée, des premières aux dernières pages,  particulièrement époustouflantes.

© Nath