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Collaboration horizontale

Navie /  Carole MAUREL

Editions Delcourt

Collection Mirages – Janvier 2017

Genre :  BD

 

Je lis et chronique donc rarement des BD,  mais celle-ci mérite amplement qu’on parle d’elle.  Découverte grâce à la booktubeuse Lemon June, je l’ai empruntée à ma médiathèque, qui est, vous le savez peut-être, un prolongement de mon chez-moi !

Collaboration horizontale est une histoire d’amour. D’amours. Ces amours interdites, prohibées par une époque, par une morale, par les années effroyables de l’occupation. C’est une histoire de femmes.

C’est un presque huis-clos, qui se déroule dans un immeuble parisien, rue de la Bonne Graine,  et  qui donne la parole à sept femmes, les hommes étant partis à la guerre (sauf quelques uns).  C’est une galerie de portraits féminins, tous différents les uns des autres.

On y trouve pêle-mêle une concierge , une jeune fille qui veut s’affirmer dans une époque qui ne le lui permet pas,  une femme qui se prostitue comme tant d’autres parce qu’il faut survivre, une maman juive et son fils cachés et protégés par les habitants, une vieille dame grincheuse mais pas gâteuse, une épouse soumise et enceinte dont l’époux, planqué , a réussi à échapper au front.  Et puis il y a Rose. Rose dont le mari est prisonnier en Allemagne.  Elle est seule avec son petit garçon.  Rose qui va tomber amoureuse de Mark, officier allemand.  Eh oui, l’abomination absolue !  En ces temps troubles, chacune va faire « comme elle peut » pour s’en sortir. Pour vivre.Aider. Ou trahir. Aimer.  A sa façon.

Cette BD est une pépite, tant par un scénario, magistralement porté par Navie, que magnifiquement illustré par Carole Maurel.  La violence sociétale côtoie celle de la guerre, laquelle n’intervient qu’en toile de fond.  Je vous rappelle que les droits de la Femme étaient alors quasi inexistants. On y trouve d’ailleurs quelques allusions, notamment sur le droit de vote !

Collaboration horizontale, c’est 144 pages de bonheur, d’émotions, de colère, de larmes.  C’est un concentré de tout cela.

La couverture et sa quatrième sont de toute splendeur.

Gros, gros coup de cœur, que je vous recommande vivement !

« Je me suis réfugiée dans notre amour, on connaît les risques.  Tomber amoureux n’est pas une ignominie.  On dit « Tomber amoureux » et pas « s’envoler amoureux ».   Oui, ton cœur risque de se fracasser contre la vie, mais pour rien au monde, ça ne doit te faire peur. Alors, je t’en prie, ma chérie, sois heureuse d’aimer, choisis toujours la vie… ».

 

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© Nath