20180702_173452[1]

 

 

Les ronces

Cécile COULON

Editions Le Castor Astral – Mars 2018

165 pages

 

 Il est bien souvent difficile de parler de ces livres qui vous touchent, vous égratignent le cœur tant on touche la perfection.  Je referme le recueil de poèmes de Cécile Coulon « Les ronces » paru aux Editions Le Castor Astral avec cette impression bizarre qu’il sera impossible d’en dire la beauté  avec des mots de tous les jours.  Et puis, il y a ce drôle de blues, notes envolées de fin de lecture.

Des mots de tous les jours, justement,  ce sont ceux qui composent ces poèmes narratifs que l’autrice nous offre. J’avais déjà été enchantée par eux  sur un réseau social bien connu de tous, mais là, les retrouver, groupés, rassemblés, fut un ravissement des yeux et de l’âme.

Cécile Coulon dessine le quotidien, dépose un bouquet de ronces aux saveurs d’Enfance, de Nature, de volcans, de tristesse parfois, de lumières, d’envol, de Merveilleux et d’Amour. L’amour qui part, qui s’éloigne.  L’amour « difficile ». Elle lie les mots de tous les jours , ceux qui vous chamboulent par leur simplicité ,  leur authenticité, leurs sonorités.   On se retrouve forcément dans ces errances, dans ces regards, dans ces attentes, dans ce buffet de gare qui sent le café chaud et la bière froide.  

Les ronces, ce n’est pas juste un recueil de poèmes,  c’est un conte, selon moi. Un conte initiatique dans lequel on retrouve tous les passages de la vie, tous ces moments savoureux ou douloureux. Comme l’enfant qui va chercher des mûres et qui s’arrache les genoux pour mieux les savourer.   C’est un partage fait de lumières et d’ombres.  C’ est un ciel déchiré par le soleil et les éclairs. C’est la vie.  Avec ses blessures, avec nos cicatrices.  Avec nos peurs. Avec nos joies. Avec nos souvenirs. Avec l’immense talent de l’autrice  . Coup de coeur pour l'amoureuse de la poésie et de la plume de Cécile Coulon que je suis Si le coeur vous en dit, je vous invite à dévouvrir ma chronique de son excellentissime roman  " Trois saisons d'orage" ici-même.

© Nath

Ma force (extraits)

Ma force c’est d’avoir enfoncé mon poing sanglant

dans la gorge du passé

Ma force n’a pas d’ailes

Ni de griffes

Ni de longues pattes

Ma force a construit un peu d’humanité

Ma force a toujours soif

...

Ma force souffre en silence

Ma force m’accompagne

Elle m’a si souvent ramassée

Ma force est légère

Ma force ne m’oublie pas

Quand je crois l’avoir l’oubliée

Ma force n’est pas un don du ciel

Ma force n’est pas un don du sang

Ma force est fragile

Ma force ne demande rien

Ma force a toujours faim

Ma force a toujours froid

Cécile Coulon