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Vies volées – Buenos Aires Place de Mai

Matz et Mayalen  GOUST

Editions Rue de Sèvres – Janvier 2018

BD - 80 pages

 

La lecture du roman de Frédéric Couderc « Aucune pierre ne brise la nuit » (ici  vous trouverez ma chronique) a été pour moi la terrible découverte d’une horreur dont je ne soupçonnais pas l’ampleur. C’est suite à cet uppercut, et à l’article d’une amie blogueuse que j’ai lu « Vies volées – Buenos Aires Place de Mai », de Matz et Mayalen Gost, bande dessinée parue aux Edtions Rue de Sèvres.   Là encore,  plongée dans l’atrocité de la dictature argentine, trop occultée à mon sens.

« Vies volées » , c’est l’histoire de deux amis,  Santiago et Mario. A travers eux, c’est celle des cinq cents bébés volés, arrachés , à des mères torturées, à des familles brisées.  C’est l’histoire d’un pays foudroyé.   C’est celle des grands-mères de la Place de Mai.   C’est celle de tous ces deuils, ces espoirs, ces désespoirs aussi.

C’est l’histoire d’errances, de liens perdus à jamais  ou retrouvés (comme ici avec Santiago, qui apprend avec stupéfaction qu’il a été l’un de ces bébés volés).

C’est la dénonciation de l’indicible,  de l’impunité inouïe envers les tortionnaires.

« C’est toujours comme ça, ce ne sont pas les pires qui se sentent coupables »

Mais c’est aussi  la Lumière.  Celle qui éclaire les abysses lorsque l’une de ces abuelas retrouve son petit-enfant.

C’est un hommage aux desaparecidos.

Petit bémol toutefois, je trouve la fin un peu trop abrupte (j’aurais aimé quelques pages supplémentaires, car le sujet mérite d'être creusé).

Le combat n’est pas fini, il continue !

© Nath