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Les mères qui blessent

Anne-Laure BUFFET

Editions Eyrolles - Juin 2018 

Collection Comprendre & Agir

 

« Tout en sachant que les mères maltraitantes existent, on tolère cette réalité tant qu’elle ne nous implique pas… Voyons ! Une mère ne peut être volontairement, sciemment, ou définitivement mauvaise. Ses erreurs ne sont donc pas condamnables, elles sont accidentelles,  jamais désirées….  Une maman aime, une maman chérit, une maman n’est certes pas parfaite, mais une maman peut mal faire ».

« Les mères qui blessent » est la dénonciation de ce paradoxe que constitue la représentation de la mère dans l’image d’Epinal traditionnelle, à savoir la maman douce, attentive et à l’écoute du bien-être et du bon développement de ses enfants, protectrice, et « maternelle » justement.  Mais,  dans le fond qu’est-ce que la maternité et pourquoi certaines d’entre elles blessent, éteignent plutôt qu’elles n’étreignent, et comment se libérer de cette emprise destructrice ? Comment se (re) construire quand les fondations ont été sapées par une matriarche ? Quel chemin mène à la nécessaire résilience ?

S’appuyant sur des témoignages troublants, bouleversants,  Anne-Laure Buffet dit ce que que la norme sociétale tait : la maltraitance maternelle, qui revêt bien des visages, celle qui commence et s’appuie sur une emprise aux lourdes chaînes qui font du cocon familial un bagne pour certain(e)s. Chaque partie de ce document est consacré à l’un de ces aspects, de façon claire et à la portée de chacun.  Point de digression psychanalytique , point de vocabulaire insaisissable, point de haine ou de fiel. Juste la reconnaissance de ce tabou « omertique » et un début de réponse à la question : «  Comment dès lors se construire pour soi , par soi, quand on a été sujet d’une pièce de théâtre mise en scène par celle qui s’auto-attribue tous les rôles, réduisant l’enfant au silence.

L’autrice explique les carences qui découlent de ces blessures et demeurent longtemps (trop, très longtemps) à vif.  Elle évoque ce fameux « instinct », citant au passage, un auteur qui m’est lui aussi très cher. 

Elle mène à la réflexion-miroir, pour prononcer le mot « magique » : résilience. Celle qui permet d’accepter (difficilement parfois) la rupture nécessaire à la réparation de soi, de ce qui est cassé en dedans, à l’indispensable consolation de l’enfant qui sommeille en chacun de nous.

Les mères qui blessent est un document qui peut déranger l’iconoclastie maternelle , mais c’est surtout et avant tout , je tiens à le souligner, le reflet d’une réalité qui concerne tous les enfants que nous sommes, que nous avons été, que nous demeurons.

A plus d’un titre, j’ai été bouleversée (comment ne pas l’être ?) et je remercie, l’amie, la Femme, pour ce livre, et pour tout ce qu’elle sait, tout ce que nous savons. Merci aux Editions Eyrolles bien évidemment.

Ps : Toute maladresse dans cet article est dûe à l’émotion liée à sa rédaction, donc je vous demande la plus grande indulgence pour mes éventuelles répétitions ou formulations redondantes.

PS2 : j’adore la couverture du livre !

© Nath