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Le bleu du lac

Jean MATTERN

Editions Sabine Wespieser –Mai 2018

120 pages

 

Le bleu du lac, roman de Jean Mattern, paru aux Editions Sabine Wespieser est une symphonie. Symphonie à l’amour, celui qui unissait Viviane Craig, la « Greta Garbo du piano » à  James Fletcher, célèbre critique musical.

James vient de mourir.  L’une de ses dernières volontés est que cette femme qu’il a tant et tant aimée,  interprète « leur »  morceau, celui qui a vu naître cette passion clandestine, adultérine pour elle, épouse comblée de Sébastian, reporter passionné par son métier.  Viviane et Sebastian sont unis en outre par un drame effroyable :  leur fille Laura est décédée accidentellement un certain 11 septembre. 

James laisse derrière lui une femme éplorée, déchirée, dépecée, qui ne peut dire sa peine autrement que par ce long et magnifique monologue qui constitue le roman.  Tout au long du trajet en métro, engoncée dans son chagrin et dans cette robe noire qui gratte, en  un si douloureux trajet, Viviane va revivre les instants de cette passion amoureuse, charnelle, intense, sensuelle et musicale. 

« … ce soir-là, j’appris que le désir d’un homme pouvait me faire chavirer en dehors des limites que je m’étais fixées, me faire aller là où je n’avais jamais pensé m’aventurer ».

Jusqu’à l’église où elle doit interpréter ce qui sera leur dernière étreinte, nous , lecteurs, suivons ses pensées, ses souvenirs. Ceux de leurs moments.  Autour de la musique, de la peinture, de la sensualité constamment présente.  

« Notre tout dernier rendez-vous sera donc public, je m’unirai à lui. Dans cette église pleine, cependant, personne dans la foule ne saura vraiment pourquoi la grande Viviane Craig a accepté de sortir de sa solitude ».

Le Bleu du lac est une magnifique histoire d’amour, somptueuse de beauté, de simplicité, de notes égrenées.  

La langue est somptueuse, la longueur des phrases exprime la souffrance et le désarroi de Viviane.  Le style est épuré, va droit au cœur. Il a su, en tout cas, toucher le mien.

« Moi je serai réduite à quelques minutes de piano solo et je dois imaginer le bleu du lac que mon amour aurait aimé connaître comme dernier horizon ».

Vous l’aurez compris je pense, ce Bleu du lac, est un immense coup de cœur pour moi.  Je voudrais vous dire LISEZ-LE, LISEZ-LE !   Certains romans méritent d’être mis sur le haut du podium, celui-ci, selon moi, en fait partie…

© Nath