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Avant que les ombres s’effacent

Louis-Philippe DALEMBERT

Editeur d’origine : Sabine Wespieser

Editions points – Avril 2018 –

288 pages

 

En 1939, Haïti édite un décret permettant de recevoir tous les juifs désirant fuir l’horreur qui se dessine depuis la terrible nuit de Cristal et leur offrant la naturalisation immédiate.

Le roman de Louis-Philippe Dalembert a pour épicentre (vous saisirez l’importance de ce mot en le lisant) Haïti et pour personnage principal    Ruben Schawberg, médecin polonais, qui, après s’être installé en Allemagne avant de devoir la fuir, connaîtra de  multiples étapes de vie, fera d’incroyables rencontres, lesquelles le mèneront jusqu’en Haïti.   A partir de quand le hasard se lie t’il au destin ? On peut se poser la question au fil des pages.

Cette histoire est donc la sienne, celle de Ruben, mais aussi celle de sa descendance, et surtout celle  d’une petite île , un pays tout petit qui s’est mis debout contre le géant du  IIIe Reich et a déclaré la guerre à l’Allemagne.

C’est le récit d’une errance, due à un exil forcé et qui se révèle havre de paix. C’est l’histoire lumineuse d’un homme qui voit le nid qui l’a accueilli avec tant de bienveillance frappé par un séisme meurtrier en 2010. 

C’est l’histoire d’une transmission, de racines. Celles qui se mêlent.

« Ici tout le monde vient d'ailleurs. Les racines des uns se sont entremêlées à celles des autres pour devenir un seul et même tronc. Aux multiples ramifications certes, mais un tronc unique. A vouloir les dénouer, on risque le dessèchement du tronc tout entier. »

C’est une splendide, une merveilleuse leçon de vie, de solidarité, d’espérance, de liens.

J’ai beaucoup aimé découvrir ce pays dont j’ignorais tant, ayant quelques images  sans doute banales, comme celle de la dictature de Duvalier et bien sûr du tremblement de terre que nul ne peut ignorer.

J’ai découvert un peuple d’une extrême richesse.  Cela peut sembler paradoxal, je sais. Mais ces gens sont riches d’amour et de générosité. L’Histoire l’a montré.  Le Monde le leur rend peu.

La plume de l’auteur est délicieuse, empreinte de sagesse, d’humanité, et non dépourvue d’un humour désopilant.

Je remercie les maisons d’édition (Sabine Wespieser pour l’édition originale et Points pour l’édition poche que j’ai lue) , ainsi que lecteurs.com pour cet agréable moment.

© Nath