Les-mains-dans-les-poches

 

 

Les mains dans les poches

Bernard CHENEZ

Editions Héloïse d’Ormesson – Août 2018 –

Roman

Rentrée littéraire 2018

 

« Nostalgique de rien. J’aime être dans un train qui roule. Une fois sa vitesse stabilisée, je remonte tous les wagons à contresens. Arrivé à la dernière voiture, j’observe la voie qui défile à l’envers »

Les mains dans les poches, de Bernard Chenez, est une balade à travers les ans, à travers les temps, à travers les luttes.

L’auteur a posé les mots comme des croches, des noires, des blanches, sur une portée musicale.  Et il nous emporte.  Au fil des protest songs, mais aussi au fil des sons, des mélodies du petit matin parisien.

Le roman est composé de chapitres courts, de bribes de vie, de confidences (enfin, c’est ainsi que je l’ai perçu). La nostalgie est là, présente. Celle de l’enfance, celle du premier amour, celle des combats et de la plage sous les pavés.  Celle du Paris où les allées étaient encore des chemins, où « la Seine était encore en liberté ».   Il y a ces cicatrices à l’âme, ces blessures, cette mère qui m’a bouleversée.

« Je me souviens de ma mère par fragments. Comme ces statues antiques dont on ne retrouve que quelques reliques éparses ».

Il y a le temps qui passe, il y a la gauloise au bec…

Il y a cette immense sensibilité,  cette belle fragilité, si émouvante. Celle qui cohabite avec la colère.

« On peut partager se colères, on ne partage pas ses fêlures. Il  n’y a pas péril à ressembler à une tasse ébréchée. Bancale ».

J’avais été touchée, et pas qu’un peu, lors de la présentation par l’auteur de son livre , aux Editions Héloïse d’Ormesson, par une chaude soirée du mois de juillet. Je l’ai été tout autant, voire plus encore, par cette lecture où l’humilité donne la main à la simplicité pour donner naissance à un roman empreint de poésie.

Si les « mots sont des choses difficiles », sachez, Monsieur Chenez, que les vôtres ont atteint mon cœur. Merci !

Merci bien évidemment aux Editions Héloïse d’Ormesson, qui préparent une splendide rentrée littéraire dont je vous reparlerai bien sûr !

© Nath