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Avec toutes mes sympathies

Olivia de LAMBERTERIE

Editions Stock – Collection la Bleue – Août 2018

Rentrée littéraire 2018

256 pages

 

Autant vous l’avouer, j’ai longtemps hésité à chroniquer ce livre , qui m’a pourtant profondément bouleversée.   Par pudeur, par respect, et aussi parce que je sais la blessure, je ne me sentais pas habilitée à poser mes mots sur la douleur d’une autre, une femme, une autrice, une mère, une sœur, une fille, une « comme nous » en somme. Et puis j’ai décidé de me lancer, en espérant qu’Olivia de Lamberterie saura comprendre mes éventuelles maladresses.

Cette histoire c’est celle d’Alexandre, le frère chéri d’Olivia, celui pour qui elle aurait traversé l’enfer . C’est celle de sa descente aux enfers, de sa souffrance . C’est celle de cet acte ultime , cet acte désespéré qui l’a poussé à se jeter du haut d’un pont de l’autre côté de l’océan, plongeant sa famille dans une douleur indicible, que pourtant l’autrice a su dire avec tant de tendresse et d’amour qu’elle en devient supportable.

Pour faire face à l’incompréhensible fort compréhensible tout de même, elle écrit. Comme pour tenter de le retrouver, ce « petit prince », ce frère paumé dans un monde pas fait pour lui. 

Elle écrit ce « livre qui n’aurait jamais dû exister, puisque tu n’aurais jamais dû mourir ».

Remontant les années jusqu’à leur enfance,  jusqu’à cette photo sur la couverture du livre, puis jusqu’à l’adolescence, Olivia de Lamberterie dépose leurs souvenirs,  se raccroche à ce lien unique qui les unissait , plus fort que tout, plus fort que la mort pensait-elle.

Alex, dont la vie n’était pas le « truc ». Alex plusieurs fois confrontés à des « séjours » en structure psychiatrique.  Alex, l’hypersensible, l’enfant aux yeux bleus, le Dormeur du Val.  

Olivia écrit « pour imprimer sur une page blanche son sourire lumineux et son dernier cri. Pour dire ce crime dont il est à la fois la victime et le coupable. A moins que nous ne soyons tous coupables, nous qui n’avons pas su l’empêcher,  ou tous victimes, nous qui ne vivons qu’ à  demi ».

« Avec toutes mes sympathies » a été ma première lecture de cette rentrée littéraire.  J’ai été foudroyée. Sans doute parce que le sujet est sensible. Certainement parce que je me suis posée ces questions là : « tu as eu peur ? Tu as eu mal ? Tu as eu froid ? ».

J’ai été sensible à l’écriture, qui en dépit de la fragilité, est d’une immense force.  Tout comme l’est cette phrase qui reste et restera dans mon cœur « Ta mort nous a rendus vivants ».

 

© Nath