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Les portraits sonores du docteur Léon Azoulay
Jérôme HALLIER
Editions Flammarion / Versilio - Mai 2018
236 pages

 

Paris, 1900 : l’Exposition Universelle se prépare, événement attendu, symbole d’un nouveau siècle, aussi espéré que redouté.

Le Docteur Léon Azoulay décide de concrétiser une folle idée : rassembler différents sons, venus du monde entier, afin de laisser une trace aux générations futures. C’est l’époque du début des gramophones, vous savez ces trucs avec une sorte d’énorme cornet, ancêtres lointains du lecteur CD…
Ce projet totalement utopique est bien sûr, dans un premier temps, rejeté par ses pairs, qui n’en voient pas l’utilité. Mais à force de persuasion, le Docteur Azoulay parvient à les convaincre.

Parallèlement à cette histoire (vraie), le lecteur suit les itinéraires de personnalités totalement improbables, totalement atypiques, aux antipodes géographiques, sociales et ethnologiques, telles que O-miya, geisha fée de shamisen (un instrument de musique japonais, proche du luth) et Tommy, ouvrier américain, joueur de banjo.

« Tommy n’avait aucune idée de l’identité de la jeune femme qu’il avait secourue. Leurs regards s’étaient croisés un instant, puis elle avait perdu connaissance ».

L’auteur nous fait voyager, des Appalaches , de Kyoto, à Paris. Celui d’il y a un peu plus de cent ans. Les descriptions, notamment, celle du pont Alexandre III, sont magnifiques.

La poésie et la musique s’unissent , accompagnées d’une écriture fluide.
Un joli premier roman, extrêmement bien documenté (ce qui n’est pas étonnant lorsque l’on découvre la biographie de l’auteur qui …parle japonais et… joue du banjo). La couverture, est, de surcroît, de toute splendeur.

« O-Miya caresse les cordes du shamisen avec son plectre. Tommy effleure les cordes du banjo avec ses ongles. Le shamisen pleure, le banjo sourit. Etoile du Nord console Mille Larmes »


© Nath