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Réelle

Guillaume SIRE

Editions de l’Observatoire – Août 2018-

Rentrée littéraire 2018

 

Avec Réelle,  paru aux Editions de l’Observatoire, Guillaume Sire nous fait faire un bond en arrière, flashback sur le début des années 2000.  Début de siècle marqué par l’apparition sur les écrans français d’un tout nouveau type d’émissions,  petites sœurs du Big Brother américain, précurseur du genre.

Johanna  partage avec la télévision le rôle du personnage principal de ce roman. Si j’évoque le mot « rôle »,  c’est parce que c’est celui qui me semble convenir le mieux à  cette jeune fille paumée,  qui aime danser , qui rêve de gloire, de lumière, de sortir de ce néant qui fait son quotidien. L’école, pas faite pour elle, le Mac Do, ce job qu’elle exècre, sont aux antipodes  de ses rêves.  De son désir de gloire, de reconnaissance, d’amour. La télévision, quant à elle, trône, imposante, au milieu du salon, et rythme la vie de cette famille lambda.

Alors, lorsqu’un producteur propose à Johanna (oui, ça ressemble à Loana !  ) de participer à une émission novatrice, qui pourrait être un tremplin pour elle, elle ne peut qu’accepter !

« J’irai droit au but, dit-il en souriant. Je vous ai fait venir parce que je voudrais que vous deveniez célèbre….   Connaissez-vous Big Brother ?

Johanna ne put empêcher son cœur de spéculer… Chaque mot était crucial. La moindre erreur et elle passerait peut-être le reste de sa vie à le regretter

Il y aura seize candidats dans un loft, filmés en continu.  Chaque semaine, ils voteront pour désigner celui qui parmi eux devra partir.  Les deux candidats ayant reçu le plus de suffrages..   Suffrages , vous comprenez ?...   Bref, le sort de ceux-là sera soumis au vote du public, qui pourra sauver par téléphone un candidat.  Et à la fin de l’émission, il n’en restera que deux : les deux gagnants donc. Vous avez compris ?

-   Oui, mais…. Quel est le but ?

-    Eh bien, la célébrité »

Guillaume Sire mêle  (un peu )  fiction et  réalité dans ce récit délicieusement cynique et tendre à la fois, car il est impossible de ne pas s’attacher à Johanna, si fragile, proie idéale pour le dieu Audimat.

L’auteur dénonce les dérives de la trash-tv, cette télé poubelle, qui depuis le Loft, n’a cessé de "s’enrichir" d’émissions du même acabit.   Il le fait brillamment, on ne s’ennuie pas une seconde. La plume est vive, alerte,  et le roman se lit avec plaisir.  

© Nath