20181005_162110[1]

 

 

Douleur

Zeruya  SHALEV

Editions Folio – Septembre 2018

 

Iris a visiblement tout pour être heureuse : une vie confortable auprès d’un mari aimant, deux grands adolescents, une vie professionnelle plutôt réussie. Tout semble donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.  Tout, sauf cette douleur, lancinante, oppressante, confuse.  Cette douleur d’en dedans, composée de souffrances éparses, de chagrins accumulés et superposés comme des strates fossilisées, là,  à l’intérieur du cœur et du corps.  

Le corps, blessé, martyrisé, éprouvé par un attentat, il y a dix ans.  

Le cœur écorché, mutilé, par l’abandon inexplicable et inexpliqué d’un premier amour, lorsqu’elle avait dix-sept ans.  Cœur éclopé par la mort d’un père tué lors de la guerre du Kippour.

Iris est une survivante.  Elle est debout.   Malgré la douleur. Malgré les douleurs.  Malgré les dérives. Malgré les peurs. Malgré la vision  de sa fille à la dérive, et de son fils, appelé sous les drapeaux.

Lorsque le hasard (mais le hasard existe-t’il ?) la met en présence d’Ethan, ce premier amour qu’elle n’a pu oublier, elle va être confrontée à des choix. De ceux qui changeront, ou non, une existence toute tracée.

« Il aura suffit d'une seconde pour qu'Ethan se coule de nouveau dans son vide intérieur que personne n'arrivait à combler, ni Micky, ni ses enfants, ni son travail, un vide qui était resté béant, blessé, berné. ».

Douleur n’est pas le roman d’un adultère,  ce n’est pas non plus celui d’une nation.  C’est une magnifique histoire de femme.  D’une femme face à son destin.  D’une mère face à un choix.  D’une route.  D’une société.   C’est un récit intimiste, celui d’une renaissance. Celui d’une passion.

Zeruya Shalev aborde avec pudeur, talent et sans fioritures la question des choix de vie,  de la force de la pensée, des secondes chances qu’il faut parfois savoir saisir (ou pas ?). 

J’ai été très touchée tant par le personnage d’Iris, que par la plume de l’autrice, par sa superbe sensibilité, par ses mots qui m’ont happée, bouleversée, et ramenée à certaines de mes propres interrogations.

Douleur : un roman que je vous incite vivement à découvrir !

« Si seulement on savait s'aimer autant que se fâcher, embellir autant qu'enlaidir, donner et prendre du plaisir autant que donner et prendre des coups. Avec les années, nos facultés à blesser se renforcent, semble-t-il, tandis que s'étiolent celles à satisfaire. »

© Nath

NB : J'ai fait cette lecture dans le cadre de mon partenariat avec les Editions Folio, que je remercie vivement !