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La fin de la solitude

Benedict WELLS

Editeur d’origine : Slatkine & Cie – Août 2017

Edition présentée : Le Livre de Poche – Septembre 2018

Traduit de l’allemand par Juliette Aubert

240 pages

 

« Oui, mais l’antidote à la solitude, ce n’est pas chercher au hasard la compagnie de n’importe qui.  L’antidote à la solitude, c’est sentiment de sécurité »

C’est étrange, les  hasards de la vie, ces coïncidences, ces histoires qui se répètent…

Jules Moreau, quadragénaire, se réveille sur un lit d’hôpital, grièvement blessé après un accident de moto.   C’est  l’occasion pour lui de revenir sur des pans de son passé. Un hier où mort et solitude sont intimement liées, cause et conséquence unies par le destin.

La mort de ses parents, tout d’abord,  alors qu’il n’était qu’un enfant.  Premier séisme. Cataclysme engendrant la séparation d’avec son frère Marty et sa sœur Liz. En effet, la fratrie est placée dans un même internat,  mais dans des bâtiments différents. La solitude s’installe alors, insidieusement, et sera présente tout au long des pages de ce magnifique roman de Benedict Wells (son quatrième).  Une solitude que viendra briser une amitié au doux parfum amoureux, avec Alva, pensionnaire comme Jules.

Il faut croire toutefois que la solitude est plus forte que tout, plus écrasante que l’amour, que l’amitié, que la fraternité, car elle reviendra  sans cesse, marquant au fer rouge le cœur de Jules.

De cette fratrie défaite, il subsistera le goût amer d’une enfance laminée, de souvenirs rangés dans des albums photos,  des cicatrices à l’âme que chacun des trois tentera  de suturer à sa façon.

De cet amour inavoué, ou avoué trop tard, il restera des regrets, et une fuite éperdue.

La fin de la solitude est un splendide roman d’amour, au sens large du terme. Enfin, c’est ainsi que je l’ai ressenti. D’amour et de nostalgie. C’est un récit qui interroge en écho sur la force de la résilience , le nécessaire « travail » de deuil qui l’accompagne (je mets des guillemets parce que le deuil est tout pour moi sauf un travail,  et l’accepter relève de l’accomplissement personnel).   C’est une histoire sur la peur intime d’aimer, d’être aimé.  Sur le spectre de l’abandon.  Est-il alors préférable de choisir la solitude ? A moins que ce ne soit elle qui ne nous choisisse ?   A partir de quand est-il  trop tard ?

Je vous avoue que ce roman m’a beaucoup, beaucoup touchée. J’ai retrouvé un peu de moi dans chacun des personnages, dans chacune de leurs blessures et de leurs angoisses.  Le style est magistral, et on se laisse porter, emporter, avec juste l’envie de serrer Jules, Liz,  Marty, et Alva très fort contre son cœur. 

" ... Tu te projettes toujours dans une autres vie. ..Il faut que tu oublies le passé une fois pour toutes. Tu n'es pas responsable de la mort de ton enfance, ni de la mort de nos parents. Mais tu es responsable de leur emprise. C'est toi seul qui mènes ta vie. Et si tu t'entêtes à faire toujours la même chose, alors, tu récolteras toujours la même chose".

© Nath

NB : J’ai fait cette lecture dans le cadre de mon partenariat avec le Livre de Poche, que je remercie ..