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Toutes les histoires d’amour du monde

Baptiste Beaulieu – Octobre 2018

Editions Mazarine

#coupdefoudre

 

« Les gens, leurs histoires, les liens d’amour et d’amitié, tout se dilue comme nos larmes sous une pluie violente. La Mort, le Temps, c’est ce qui efface les visages ».

Les gens, leurs histoires, les liens d’amitié et d’amour, ce sont les fils qui tissent la trame de ce splendidissime roman de Baptiste Beaulieu.  Le quatrième.  Un énorme coup de foudre !

Histoires d’amours : celui qui lie une femme et un homme que tout devrait opposer, tant les circonstances, que l'époque, que les milieux sociaux.  Amour d’un fils pour son père,  amour au-delà des générations.

Histoires d’amitiés :  de celles qui résistent au temps, ou se brisent contre ses écueils.

Liens uniques , liens distendus, liens tus.  Absences. Souffrances.  Douleur d’un homme laminé, comme tant d’autres par la Guerre (avec  une majuscule) et ses conséquences intimes.   Un homme écrasé. Par la Nuit (avec encore une majuscule). Celle qui l’enrobe, qui l’éteint, des années et des années durant.  Jusqu’à son dernier souffle.

Lorsque Jean, jeune médecin, découvre par l’intermédiaire de Denis,  son père, l’existence d’un incroyable secret, c’est un monde qui s’écroule.    Des carnets noircis par Moïse B. ,  son grand-père, durant pendant plus de quarante ans,  des lettres poignantes adressées à une mystérieuse femme,  des mots emplis d’amour, de tendresse, de désespoir, de regrets, une mystérieuse photographie, et des souvenirs épars : voici tout ce dont dispose Jean pour partir sur les traces de cette Anne-Lise dont la famille ignore l’existence.   Renouant un lien jusque là écorché avec son propre père,  Jean va relier des points, et  tenter de « rompre cette malédiction familiale qui séparait les pères et les fils ».

Toutes les histoires d’amour du monde, c’est un peu de chacun de nous, avec  nos propres plaies, nos cicatrices et ces absences parfois insupportables, ces silences qui écrasent.  Ces mots que nous lançons,  parfois, nous aussi, sur des carnets, comme des bouteilles à la mer.

Tout au long de cette sublime lecture, j’ai eu cette sensation bizarre et douce à la fois, que mon grand-père que j’ai tant aimé , était là , à mes côtés, depuis cet endroit d’où on ne revient pas , et que,  l’espace d’un roman, la barrière de l’invisible avait disparu.  Mon grand-père, mes grands-parents, mon père, ces « plus là » qui ont peut-être emporté avec eux toutes ces choses non-dites.   Ces « je t’aime » attendus et restés en suspens.

Toutes les histoires d’amour du monde, c’est un roman qui interroge, forcément, sur la transmission, sur la filiation, sur la différence, sur les choix (ceux qui nous appartiennent et  qui nous dépassent parfois), sur la tolérance, sur la force de l’amour, sur l’importance de la solidarité et du lien intergénérationnel, si précieux.  C’est une lecture indispensable, de celles qui vous laissent des traces sur la peau, sous la peau.   C’est un immense et beau coup de foudre.  C’est une lumière dans la noirceur du monde,  c’est la plume de Baptiste, sa sensibilité, celle qui fait du bien. C’est sa voix.  Celle qui rayonne d’Amour.  De toutes les histoires d’amour du monde.

Je remercie Baptiste pour ce si beau cadeau, et aussi pour tout le "reste"… Tout cet immense « reste » solaire et unique.

Je remercie les Editions Mazarine, Alexandrine et Marie-Félicia.

Je remercie la Vie,  et mes grands-parents.

« Je voudrais que la personne qui lit ces lignes et a cette chance infinie d’avoir encore son grand-père, sa grand-mère, l’appelle et lui dise « Raconte-moi  maintenant tout ce que tu n’as jamais dit. Après , il sera trop tard » »

#lookingforannelise

© Nath

 

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Parce que parmi toutes les belles histoires, il y a aussi celle-ci...