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Nouvelles d’ados - Collectif

Editions HéloÏse d’Ormesson – Novembre 2018

128 pages

Recueil de nouvelles

 

La jeunesse n’est pas que violence, dérive, abêtissement, inculture et désordre. La jeunesse est talent, elle est douée, elle est lumineuse, porteuse d’espoirs et de générosité.

C’est l’esprit-même de ce recueil (paru aux Editions Héloïse d'Ormesson),  auquel je suis fidèle, et qui, comme chaque année, à même période, récompense  des graines d’auteurs.   Ces graines qui donneront de jolis fruits.

Cette année, fait exceptionnel qui mérite d’être souligné,  sur les six lauréats, cinq étaient des garçons. Cette année encore,  six textes riches, six univers, , six regards sur le Monde, six sensibilités  ont su toucher le jury…et mon cœur …

Avec Thomas,  nous embarquons pour un univers dystopique dans lequel les parents, une fois par an, peuvent échanger leurs enfants .

 « La directive 357 avait été rapidement suivie de sa sœur, la directive 358, qui donnait aux parents le droit d’échanger leurs enfants une fois par an au maximum, afin de ne pas influer sur leur scolarité. Les parents épuisés par un nourrisson pouvaient choisir un adolescent, moins accaparant en matière de temps, et se consacrer ainsi à leur vie de couple ».

Rémi a choisi de nous entraîner dans sa cabane , par le biais d’une belle histoire, dont les mots constituent les fondations.

« Et d’un coup, trois mots. Qui semblaient être l’aboutissement inéluctable du processus commencé le jour où j’avais laissé ces quatre fameux vers sous la pierre de la cabane. »

Salomé (Big up à la seule fille lauréate de cette promotion)  a choisi d’évoquer un thème douloureux, celui de la guerre et de la destruction de Palmyre.   Il fallait oser, elle l’a fait !  Elle a fait , avec brio, chanter les pierres… 

« Fuis ! Le jour se lève, je les attends, je les entends.  Ne te retourne pas,  mais n’oublie pas . Raconte au vent, aux arbres, aux humains qui t’écouteront ce que fut Palmyre »

John, dans une nouvelle elle aussi époustouflante,  nous emporte au-delà des mers, et c’est avec un immense bonheur que j’ai  voyagé avec  James, moi , l’amoureuse du large, des bateaux, et de l’ Atlantique.

« James a toujours cherché à donner un sens à sa vie, il veut avoir une raison de se lever le matin, et certaines fois,  cette raison a été dure à trouver. Mais James sent que cette tristesse va bientôt disparaitre pour de bon , il ne sait pas pourquoi, mais quelque  chose lui chuchote que tout se finira bien.  Et le point suivant lui remonte immédiatement le moral, puisque c’est tout simplement « Faire le tour du Monde à la voile »

Alexis nous plonge dans un univers magique, poétique, onirique et chatoyant.  Une belle histoire d’enfance, un peu triste tout de même , mais si magnifiquement contée !    Une histoire de souffleur de verre, dont la chute est admirable …

« Et c’est alors que la danse commence. D’un mouvement ample, le souffleur de verre aligne ses premiers pas. Il fait rouler la tige sur une table de métal, la relève, la porte à ses lèvres pour la goûter. A chacun de ses gestes, la boule prend forme, s’étire, s’affine. ».

Timothée boucle ce recueil avec une nouvelle sur les effets pervers des  réseaux sociaux. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas tout divulgâcher, mais il l’a fait sous une forme peu commune, enfin, vous verrez en le lisant !

« Devenir ennuyeux est la pire chose qui peut arriver à un personnage public sur Internet. Si on cesse de poster des contenus drôles ou pertinents, on perd en attractivité aux yeux des internautes et donc en visibilité et en audience.  Ce qui commence à devenir mon pire cauchemar ».

Cette année encore donc, la qualité était au rendez-vous.  

Ces jeunes ont entre quinze et dix-sept ans. Leur maturité , leur regard sur le monde sont incroyables.  Je vous avoue que je suis totalement admirative.

Je remercie les Editions Héloïse d’Ormesson,  sans qui  ce recueil ne serait pas.   Merci aussi à tous les partenaires, et au prestigieux jury.

Je rappelle que tous les bénéfices liés à la vente de ce recueil seront reversés à l’ARCFA (Association pour la Recherche en Cardiologie du Fœtus à l’Adulte) de l’Hôpital Necker-Enfants malades.

Bravo à :

-          Thomas Carré : « La nuit venait de tomber »

-          Rémi Courtois : « La cabane »

-          Salomé Fabry : « Le chant des pierres »

-          John Levy : « Rêveries au large »

-          Alexis Notarianni : « Le souffleur de verre »

-          Timothée Peraldi : « Influenceuse »

Rendez-vous l’année prochaine pour de nouvelles (et belles)  découvertes.

© Nath