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Ma Reine

Jean-Baptiste ANDREA

Editions de l’Iconoclaste – Août 2017

Folio – Février 2019

 

Ma Reine est le premier roman de Jean-Baptiste Andrea.

Si j’ai une réelle tendresse pour les premiers romans, celle-ci est accrue dès lors qu’il s’agit de récits  poétiques, de personnages hors normes que l’on a juste envie de serrer dans ses bras, et de quête initiatique.

L’auteur réunit ici tous ses ingrédients, et sort de son chaudron magique une histoire d’une beauté à couper le souffle.

Shell est un gamin pas comme les autres.  Solitaire,  Il ne va plus à l’école,  se sent incompris tant par sa famille que par ses amis, et fait, il  faut bien le reconnaître, quelques bêtises.   Le jour où il apprend qu’il risque d’être placé dans une institution, il décide de partir…à la guerre.    Il prouvera ainsi qu’il est un homme.  Un soldat.  Un adulte. Il prend donc la décision de quitter le foyer familial, une station-service, loin de tout.  

« J'avais un plan. À la guerre, je me battrais, on me donnerait des médailles, je reviendrais, et là, tout le monde serait bien forcé d'admettre que j'étais un adulte, ou tout comme »

A douze ans, on n’en sait pas plus sur le monde que sur la guerre.

A douze ans,  que sait-on au juste ?

Ses pas le conduisent sur « le plateau ».  C’est là qu’il a rencontrer  Viviane, sa Reine.   Celle qui le comprend.  Celle qu’il va aimer d’amour.  Comme on aime quand on a douze ans, et qu’on n’est pas comme les autres.

« ... Viviane est entrée, elle s'est faufilée entre mes grandes plaques de peur et elle est venue s'asseoir près de moi…  Elle était tellement belle que j'avais envie de me glisser dans sa peau et de devenir elle pour savoir ce que c'était. Puis j'ai pensé que je ne pourrais plus la voir si j'étais dans sa peau, sauf dans un miroir, et que ce serait peut-être mieux si c'était elle qui se glissait dans ma peau à moi. Je ne pourrais pas la voir non plus mais au moins, je pourrais l'emmener partout. »

A eux deux, ils vont refaire le monde.  Un monde à hauteur d’enfants, un monde fait de poésie, de couleurs, de tendresse, de magie,  de lumière.  Un monde où rien n’est impossible.

Ma Reine est un magnifique hymne à l’Amour, à la Liberté, à la Nature, au  soleil, à la pluie, aux étoiles, à l’enfance, au parfum de la Terre, à la pureté et à la sensualité.  Plus qu’un roman, c’est  un conte qui se lit d’une seule traite,  c’est un monde onirique,  un univers somptueusement solaire.  C’est un récit initiatique tout en poésie.

« J’ai voulu la pluie. Je l’ai tant voulue que quand elle est venue, je ne savais plus comment l’arrêter. C’était une grosse pluie rose, vert, bleu, elle prenait la couleur d’un rien. Elle assommait les oiseaux. Il a plu comme ça pendant je ne sais pas combien de temps. Les vieux disaient qu’ils n’avaient jamais vu ça. Ils parlaient de leurs ancêtres et de Dieu , et du ciel et de tout sauf de la raison de la pluie : moi. »

J’ai fait cette lecture dans le cadre de mon partenariat avec Folio, que je remercie.

© Nath