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Antonia

Journal 1965-  1966

Gabriella ZALAPI

Editions ZOE -  Janvier 2019

 

Palerme,  1965. Antonia est l’épouse de Franco et la mère d’Arturo, huit ans. Elle évolue dans une sphère bourgeoise, privilégiée, fastueuse et ouatée.

Elle n’est toutefois pas heureuse. Elle étouffe dans ce cocon qu’elle n’a pas choisi et dans lequel elle est condamnée à perpétuité, puisqu’il était alors inenvisageable de divorcer.

« Franco a dormi dans la chambre d’amis. Il n’y a plus d’oxygène entre lui et moi. Nous n’avons aucun endroit où mettre nos pensées, nos idées, nos désirs en commun.  Même nos corps ne s’émeuvent plus. J’ai épousé Franco aveuglée par le désir d’être aimée.  Je me suis trompée »

Le jour où elle reçoit des cartons, héritage de sa grand-mère, sa Nonna, décédée, elle plonge avec frénésie dans ces photos, ces lettres, ces pans d’enfance oubliée. Les souvenirs remontent à la surface, et grâce à eux, elle va tenter de se reconstruire, de se libérer du joug qui l’étouffe, et de devenir enfin  elle-même.

Antonia est une réflexion intéressante sur la condition féminine. C’est également un regard iconoclaste sur la maternité.

« Comment est-il possible qu’Arturo soit mon fils ? Oui, je l’ai mis au monde. Oui, c’est bien toi sa mère. Mais subsiste cette étrangeté , dès lors que je ne vois pas Arturo, je l’oublie totalement »

La narration sous forme de journal intime crée une proximité intéressante, de même que les photos déposées au fil du récit.

Un premier roman à saluer !

© Nath