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Une bête au Paradis

Cécile COULON

Editions de l’Iconoclaste – Août 2019

Rentrée littéraire

 

Il y a ces autrices qui comptent dans ma vie de lectrice et dont j’attends goulûment la parution du prochain roman. Cécile Coulon est de celles-là. J’aime tant la poétesse (les Ronces) que la romancière , et quel bonheur ce fut, une fois encore, de me laisser emporter par sa plume , pour un voyage au Paradis…

Je ,n’ai pas envie de tout vous dire sur cette histoire de femmes, de terre, d’amour, de désamour, de trahison, de lâcheté, de vengeance, d’attachement profond aux racines, de fraternité, d’abandon, de transmission, d’enfer et de paradis. Là, je crois que j’en ai déjà peut-être trop dit !

J’ai juste envie de vous chuchoter que Blanche m’a profondément, viscéralement émue. Fleur fanée, sublime dans sa douleur, dans sa noirceur, fragile et forte, cassée, écorchée, mais fidèle et debout, même si ce debout est boiteux. Fidèle à cette Terre si dure, si âpre, si magnétique. Tout comme l’est la langue de l’autrice. Blanche au prénom évocateur de pureté, voue sa vie à ce Paradis qui deviendra un enfer. Son enfer.

J’ai juste envie de vous souffler à l’oreille que ce roman est celui d’une souffrance, de celles qui vous lacèrent en-dedans, vous savez, là où vous avez un coeur qui bat avant qu’une ombre ne vienne l’enserrer de ses griffes, tout comme elle vous noue votre ventre, cette ombre. Tout comme elle brûle votre peau et dessèche vos yeux.

Les personnages sont (d) écrits avec cet immense talent, propre à Cécile. Ils sont taillés dans la terre, dans le roc, Sans fioriture. Ils sont là, devant vous. Il y a ceux que vous avez envie d’étreindre, de protéger, de sauver du tourbillon du Styx qui les emporte...et il y a les autres.  Ces gens-là…

Il y a la Terre, la ferme et la rudesse de la vie rurale, les mains vieillies prématurément, le soleil, les jours, les nuits, le temps qui défile et défie. Il y a ces femmes, ces hommes que vous découvrirez...

Une bête au Paradis est pour moi un véritable, un incroyable, un splendide coup de foudre en cette rentrée littéraire. J’en ai aimé chaque mot, chaque ligne, chaque page. J’ai eu maintes fois envie de hurler ma colère, ma peur, ma souffrance, ma peine.

Roman noir, dur, rural, il a ceci de somptueux qu’il rend lumineuse la noirceur. Pourquoi, ? Comment ? A vous de le découvrir...en le lisant !

« La fosse est vide mais en son centre gît un bouquet de ces fleurs qui bordent le ruban de goudron menant au Paradis. Certaines ont déjà fané, d’autres – comme Blanche – sont sur le point de perdre leurs dernières couleurs »

« La maison était vide . Pourtant , le parquet craquait, le toit murmurait, les poutres du grenier gémissaient. On entendait cavaler un loir. Les aboiements réguliers du chien, devant la grange, perçaient le mur épais. Quand le vent soufflait fort, les fenêtres tremblaient comme un squelette »

© Nath