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Il est juste que les forts soient frappés

Thibault BERARD

Editions de l'Obervatoire – Janvier 2020

Rentrée littéraire d'hiver

 

Cette histoire est celle de Sarah et de Théo , celle d'un moineau et d'un lutin, de deux êtres écorchés vifs, deux âmes destinées à se rencontrer et à s'aimer pour le meilleur, et pour le pire.  Le pire, on l'apprend très vite, c'est la tumeur cancéreuse dont elle est atteinte, et qui est détectée à la fin de sa seconde grossesse, tsunami balayant tout sur son passage.

Les jours vont alors s'égrener au rythme  des séjours à l'hôpital,  des chimiothérapies, des retours à la maison, des larmes, des rires, des fêtes, des moments d'espoir et de désespoir, du carpe diem, des enfants qui grandissent, des mots lapidaires de Docteur House, des petits riens  des grands tout.  De ce quotidien à créer.  Cet Autrement.

Sarah va mourir.   C'est d 'ailleurs sa voix qui , depuis l'endroit où elle est, va raconter « les jours les plus précieux » de sa vie.   Elle les livre au lecteur, comme ça, comme ils viennent, avec cette constante émotion, celle qui ne vous quitte pas, celle qui vous noue le ventre et vous enserre le palpitant. Celle qui fait pleurer. Celle qui fait sourire parfois. Un peu. Juste parfois. Parce que l'hiver n'est jamais totalement obscur.

Si ce roman raconte la mort, il est parcouru par un immense souffle vital . Paradoxal . Tout comme l'est l'être humain.  Alors oui, il y a la souffrance, la peur, le froid, la solitude de la chambre d'hôpital et celle qu'engendre le compte à rebours dès lors qu'il est enclenché. Mais il y a surtout l'amour, le bonheur, l'amitié. Il y a la musique. Il y a l'avenir.  Il y a la douleur, lancinante, terrible. Il y a la force, la colère.  Il y a le film de Franck Capra, « La vie est belle ».  Il y a les remerciements, à la fin du livre. Il y a ce sentiment étrange qui reste après la la lecture.  Il y a la Vie. Avec ses pleins et ses déliés, ses lendemains , et la lumière. Toujours.

Je voudrais mettre des mots sur toutes ces émotions qui me restent après avoir refermé le roman.  Je ne les ai pas. Peut-être parce qu'il n'y en a pas. Et puis, est-ce bien nécessaire de les nommer ?  Peut-être est il juste préférable de les garder au chaud, au fond de son cœur.

Immense coup de cœur de la rentrée littéraire d'hiver, ce roman est splendidement servi par l'écriture puissante et flamboyante de Thibault Bérard . Sans pathos aucun, il est porté par l'urgence de vivre.  Et d'aimer. 

« Il est confiant aussi pour une autre raison, plus étrange. Plus démente, à y repenser. Une raison liée à cette phrase qui résonne soudain dans son crâne de lutin rêveur, sans qu'il sache d'où elle vient. Il se demandera longtemps si elle n'est pas ressortie d'une de ses lectures, un vieux texte de théologie médicale, un extrait de la Bible, un truc mal digéré pendant ses études littéraires... Mais en fin de compte, non , pas du tout, il s'avérera que c'était simplement une fantaisie personnelle grimée en signe du destin.

Il est juste que les forts soient frappés » 

Je remercie l'auteur et les Editions de l'Observatoire pour ce splendide moment de lecture !

© Nath