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Vanda

Marion BRUNET

Editions Albin Michel – février 2020

 

Vanda est la mère de Noé, petit garçon de six ans qu'elle élève seule. Femme atypique,insoumise,écorchée vive sans réel repère,elle a abandonné ses rêves artistiques et travaille comme femme de ménage dans un hôpital psychiatrique. Un emploi aussi précaire que son quotidien, « elle est de ces gens dont on dirait qu'ils sont nés adultes »

Sa vie s'éparpille entre le cabanon insalubre dans lequel elle loge en bord de mer avec son fils, son  « bulot », son travail, et ses errances. Vanda boit, use de substances illicites, abuse parfois de son corps, mais n'en est pas moins une mère-louve, unie à Noé par un amour fusionnel. 

Le jour où Simon, le père de l'enfant, revient à Marseille après des années d'absence et apprend sa paternité, la vie déjà de guingois de Vanda va basculer.

Ce roman n'est pas que celui d'un amour inconditionnel bien que peut-être toxique, c'est aussi celui de tout un pan de notre belle société du XXIe siècle, celui des oubliés, des laissés pour compte, des précaires, ceux que l'on peut virer du jour au lendemain sans le moindre état d'âme, des mal logés, des pas logés du tout. C'est celui d'une France à plusieurs vitesses.

Dans une langue âpre et abrupte, Marion Brunet livre une histoire sociale poignante, addictive, et tristement contemporaine. Elle fait de ces anonymes transparents des personnages de roman. L'écriture est sombre, comme la vie de Vanda, et pourtant, il y a ces lueurs, ces couleurs, le soleil, la Méditerranée, l'amitié, la solidarité,l'amour.

Gros, gros coup de cœur, Vanda est le roman qui, en cette période confinée, a su me redonner le plaisir de lire. Je suis entrée en empathie avec tous les personnages, car chacun d'eux pourrait bien être chacun de nous

Je remercie les Editions Albin Michel pour cette belle découverte, que je vous recommande vivement !

« On peut mourir au soleil comme partout, on peut souffrir sous le bleu, mais les gens auront toujours du mal à y croire. Ils penseront aux plages estivales sans entendre le chant des morts, celui de milliers d’immigrés arrivés par vagues de toute la Méditerranée, depuis les apôtres en goguette jusqu’à l’Aquarius »

© Nath