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La petite dernière

Fatima DAAS

Editions Noir sur Blanc / Notabilia – Août 2020

Roman

Rentrée littéraire 2020

 

Elle s'appelle Fatima. Fatima Daas. Elle est la petite dernière de la famille, la mazoziya , comme on dit.

Elle déroule le fil de son existence, son enfance, son adolescence, ses débuts de vie d'adulte, elle qui n'a que trente ans, et dont c'est le premier roman (espérons que bien d'autres suivront!). Une vie banlieusarde, entre deux cultures, française et algérienne, un peu paumée dans cette société qui veut tout normer, absolument tout. Elle se sent tellement en marge, elle, Fatima Daas.

Elle porte le nom « d'un personnage symbolique en islam. Un nom qu'il ne faut pas salir ». Elle le répète en tête de chaque chapitre, comme une vague qui viendrait ensevelir tout ce qu'elle ne veut pas voir sur le sable de sa plage.

Alors, pour en être digne, elle va tâtonner, tituber, se relever, rencontrer, nouer, dénouer, affronter son identité. Double. Raconter .Son attirance pour les femmes, tabou ultime. Sa culpabilité. Sa rencontre avec Nina.

Elle s'appelle Fatima Daas , et elle a écrit un sublime premier roman,adoubé par Virginie Despentes, et qui paraît aujourd'hui en librairie.

« Ça raconte l'histoire d'une fille qui n'est pas vraiment une fille, qui n'est ni algérienne, ni française, ni clichoise ni parisienne, une musulmane je crois, mais pas une bonne musulmane, une lesbienne avec une homophobie intégrée... »

J'ai été très touchée par cette lecture, envoûtée par cette langue qui pote le récit de bout en bout, émue par hypersensibilité de l'autrice, par ces mots qui s'alignent au plus juste, au plus près de l'âme. Il émane de ce roman une immense tendresse, celle que l'on ressent pour ces personnes suturées de l'en-dedans, et belles de leurs cicatrices.

Immense coup de cœur donc, pour lequel je remercie vivement les Editions Noir sur Blanc, et l'Agence la Bande, grâce à qui j'ai pu le découvrir en avant-première !

© Nath