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Tout peut s'oublier
Olivier Adam
Editions Flammarion - Janvier 2021


Le monde de Nathan s'écroule le jour où il découvre que Jun, la mère de son enfant, et celui-ci, alors âgé de cinq ans,ont quitté brutalement la Bretagne pour rejoindre le Japon, pays d'origine de Jun.

Va alors commencer ce que l'on peut qualifier de parcours du combattant, la loi sur la séparation d'enfants franco-nippons étant pour le moins nébuleuse et ne respectant en aucun cas la Convention de la Haye, laquelle est supposée    " protéger l'enfant sur le plan international".

Totalement désemparé, Nathan va multiplier les démarches, les voyages dans ce pays qu'il aime tant, engager un détective, et tenter de comprendre... Comprendre ces codes qu'il découvre, cette législation amputante, la brutalité d'un système qui lui est inconnu, la dérive des sentiments qui a conduit son couple à une telle extrêmité...

Entre Saint-Malo et Kyoto, de la Bretagne à la mer de Seto , de la France à l'île de Miyajima, Olivier Adam tisse la trame d'un drame et, comme à l'accoutumée, trempe sa plume dans la noirceur de la solitude, de l'abandon, de l'amour perdu, et des problèmes sociétaux. Ici , outre l'enlèvement parental, l'auteur dénonce l'injustice d'un système qui laisse trop de gens sur le bord de la route, dans notre France du XXIe siècle.

Il faut savoir que le phénomène des disparitions volontaires au Japon (johatsu) est courant, et je dirai même culturel.. Dès lors, il devient quasiment impossible pour le parent amputé de retrouver sa part manquante, qu'il s'agisse comme ici d'un enfant, ou dans d'autres cas, d'un époux, d'un père, d'un frère, d'une soeur...

J'ai été bouleversée par cette histoire.. J'ai retrouvé avec plaisir l'écriture d'Olivier Adam, son regard sur le monde, sur la paternité , et plus largement sur la parentalité. L'amour qu'il porte au Japon n'en demeure pas moindre, et j'ai envie de dire que ce pays est un personnage à part entière du roman,  dans sa complexité et sa beauté.
Je remercie les Editions Flammarion pour cette lecture, que je n'oublierai certainement pas !

"Après tout la vie était comme ça. Les grandes joies se mêlaient aux chagrins les plus profonds. Les espoirs les plus fous à l'incertitude la plus absolue. On n'y pouvait rien. C'était le grand manège. Un foutu bordel. du grand n'importe quoi"

© Nath