298700930_10220498719633272_8282194460747307684_n

 

Dix-sept ans
suivi de La tendresse du crawl
Colombe SCHNECK
Le livre de Poche - 05/2022

J'ai acheté ce livre après avoir rencontré l'autrice dans une librairie parisienne que j'aime beaucoup. Il y était question de féminisme, du corps de la femme, de maternité et d'avortement.

Dans le premier de ces deux récits, Colombe Schneck raconte ce dont elle n'a jamais parlé à personne, à savoir son avortement lorsqu'elle avait dix-sept ans. Elle était alors, en 1984, une jeune fille libre, évoluant dans un milieu libéral, où tout était facile, les projets, les rêves, l'accès à la contraception, prendre un amant...

Elle qui se pensait égale des garçons se retrouve trahie par son corps le jour où elle découvre qu'elle est enceinte, l'année du bac. Elle lui en veut terriblement à ce corps, et choisit l'avortement. Elle taira cet acte jusqu'à ce qu'elle écoute une interview d'Annie Ernaux et décidera de raconter son propre vécu.

Si l'IVG est un indéniable progrès pour les femmes, pour le droit à disposer de leur corps, il n'en demeure pas moins un acte traumatisant . Non, ce n'est pas une simple formalité , ce n'est ni simple ni confortable, ni honteux.

C'est d'ailleurs ce choix qui a permis à l'autrice de devenir la femme qu'elle est,et de mener la vie qu'elle souhaitait, en dépit des cicatrices, de cet enfant non né auquel elle pense encore plus de trente ans après.

Le second volet "La tendresse du crawl"raconte l'histoire d'amour entre l'autrice et Gabriel :

"La première fois que je l'ai croisé, il avait douze ans , moi quinze. Nous nous sommes retrouvés trente-cinq ans plus tard".

Partageant avec cet homme l'amour, le sexe, et le plaisir de la nage, l'autrice va peu à peu se réapproprier son corps. Certes, l'histoire d'amour tournera court, mais il en reste neuf mois magiques de sensualité et un récit intimiste de toute beauté.

J'ai été très touchée par ces deux récits, par les émotions qui s'en dégagent, par l'écriture de Colombe, par sa fragilité et sa force mêlées, par ce rapport au corps si bien décrit, par la justesse des mots , par leur touchante fluidité.

© Nath