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Je ne sais pas dire je t’aime

Nicolas ROBIN

Editions Anne Carrière – Avril 2017 –

Editions Livre de Poche – Avril 2018

 

N’ayant pas (encore) lu « Roland est mort », c’est avec « Je ne sais pas dire je t’aime » que j’ai découvert la si jolie plume de Nicolas Robin.

Ce roman tout doux, tout beau, tout en délicatesse, pudeur et poésie, met en scène quatre personnages, qui, au premier abord, n’ont rien en commun, si ce n’est une immense blessure au creux du cœur, là où ça fait mal.

Nous sommes à quelques jours d’une élection présidentielle, un grand changement est annoncé et espéré.  A un autre degré, c’est aussi un changement qui  va impacter chacun des protagonistes de l’histoire.

Il y a Francine, la retraitée paisible, mariée à Henri, et prête à partir en Floride pour fêter leur quarante ans de mariage. Tout est parfait, elle l’aime, il l’aime, ils s’aiment. Ils  ont un fils, couronnement de leur amour. Tout fonctionne parfaitement, jusqu’au jour où… un grain de sable va enrayer la mécanique. Une douleur d’enfance. Une cicatrice.

« Sur le parvis de la mairie, une larme coule sur sa joue et creuse un sillon noir.  La mise en plis tient le choc mais le maquillage est foutu. Dans sa main, Francine froisse le papier imprimé sur une fiche ».

Nous faisons ensuite connaissance avec Juliette, vendeuse de chaussures de marque allemande, trentenaire célibataire, romantique, dans l’attente du Prince Charmant qui saura l’aimer, prendre soin d’elle, la trouver belle.

« … Celui qui est gentil et attentionné, qui se réveille le matin à côté de moi et qui me fait un café, qui ne me considère pas comme sa repasseuse de chemises ou de slips ».

Ensuite, il y a Ben.  Son couple avec l’homme qu’il aime passionnément depuis sept ans bat de l’aile. Ben est écrasé  par une solitude à deux, par un silence et une indifférence qui lui brisent le cœur.

« Son appartement est devenu un trou noir dont son mec est prisonnier.  Plus rien ne rayonne, aucune perspective d’avenir ».

Enfin, il y a Joachim.  Après avoir vécu une rupture amoureuse en direct à la télé lors d’une émission trash, il est mis à la Une par les médias, harcelé, tout ce qu’il déteste. Il se réfugie alors chez son demi-frère Paul-Arthur, avec lequel les relations sont pour le moins distendues.  Ce sera l’occasion pour eux de renouer un lien autour d’un événement aussi inattendu que tragique.

« On voit rarement les étoiles briller au-dessus de Paris, mais les lumières du Grand Rex illuminent le boulevard, et sur le trottoir Paul-Arthur se sent plus vivant que jamais. L’été, c’est bien pour lui, mais un frère, c’est encore mieux ».

Ces quatre vies en parallèle vont se croiser, des liens  vont se révéler, inattendus et émouvants.  On ne peut qu’aimer chacun de ces éclopés de la vie, et on s’attache à eux dès les premières pages.

En arrière-plan, l’élection présidentielle est une trame intéressante, elle est le reflet des choix que nous pouvons faire pour infléchir nos quotidiens, notre présent, et sans doute notre avenir.

Ce roman est une pure merveille. C’est un gros, gros, gros, gros (ad libitum) coup de cœur pour moi, un rayon de soleil, une lecture-bonheur.  C’est une ode à l’amour, à la vie, à l’espoir, à la liberté, et à Paris. C’est également une très belle surprise pour laquelle je remercie le Livre de Poche.

© Nath