Le Boudoir de Nath - Blog littéraire et culturel -

26 mars 2019

Odyssée ouvrière - A la ligne - Joseph PONTHUS

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A la ligne – Feuillets d’usine -

Joseph PONTHUS

Editions la Table Ronde – Janvier 2019 –

272 pages

 

« Entre quelques tonnes de sabres de grenadiers et de lieux

Aujourd’hui j’ai dépoté trois cent cinquante kilos de chimères

J’ignorais jusqu’à ce matin qu’un poisson d’un tel nom existât »

A la ligne est le premier roman de Joseph Ponthus.  

A la ligne, ça raconte l’histoire d’un éducateur de rue,  qui vit et travaille en banlieue parisienne, et qui par amour, part  en Bretagne.  Ne trouvant pas d'emploi dans  le domaine social, il va alors plonger dans le monde de l’usine, du travail à la chaîne.  A la ligne.

A la ligne, c’est un cri de révolte, celui de tous les silencieux.     C’est le monde de la précarité, des horaires décalés, des odeurs qui collent à la peau,  des gestes mécaniques, du déclassement, du sous-classement , du mépris, du froid qui s’immisce et que l’on ne sent plus,  par habitude.    C’est le monde des petits,  des mains usées.   C’est celui de la solidarité, du pote qui vient en aide quand le corps épars lâche.  C’est l’attente de l’appel  de l’agence d’intérim,  l’embauche , la débauche, la cadence, toujours la cadence.

A la ligne c’est aussi une ode aux mots salvateurs à la littérature et à la poésie.  Ces mots que l’auteur scande pour oublier tout le reste.    Apollinaire, Dumas,  Trenet,  Léo Ferré surgissent et font oublier tout le reste.  Fiat lux !

"C'est le plus beau passe-temps qui soit
Et ça aide à tenir le coup
Penser à autre chose
Aux paroles oubliées
Et à se mettre en joie"

A la ligne, c’est une flamboyante déclaration d’amour  à la femme aimée, « l’épouse amour »

C’est intense.  C’est beau.

 C’est  comme un slam.

Sans ponctuation.

Point.

A la ligne.

© Nath

NB :  ce roman a reçu le Grand Prix RTL/Lire 2019 et figure sur la première sélection du Prix Orange du Livre, dans le cadre duquel j'ai découvert ce bijou, puisque j'ai la grande chance de faire partie du jury


25 mars 2019

Le lundi, c'est poésie - Henri MICHAUX

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Dans l'attente

 

Un être fou,

un être phare,

un être mille fois biffé,

un être exilé du fond de l'horizon,

un être boudant au fond de l'horizon,

un être criant du fond de l'horizon,

un être maigre,

un être intègre,

un être fier,

un être qui voudrait être,

un être dans le barattement de deux époques qui

s'entrechoquent, un être dans les gaz délétères des consciences qui

succombent, un être comme au premier jour, un être...

 

Henri Michaux

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24 mars 2019

Graal émotionnel - Rencontre avec Franck BOUYSSE

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Rencontre avec Franck Bouysse, mon Graal émotionnel 

Librairie Le Divan, Paris – 21/03/2019

 

Ayant renoncé à le rencontrer lors du Salon du Livre de Paris, c’est dans une librairie parisienne que j’affectionne particulièrement, que j’ai enfin pu écouter Franck Bouysse parler de son œuvre, de son écriture, et tout particulièrement de son dernier roman « Né d’aucune femme », paru aux Editions la Manufacture de Livres, et qui est, vous le savez sans doute, un énormissime coup de cœur pour moi.

Morceaux choisis (et croyez-moi,  le choix fut cornélien), de ce moment magique, splendidement solaire, à fleur de peau, sincère et humble.  A l’image de l’auteur.

 «   « Mon nom est Rose.  C’est comme ça que je m’appelle. Rose tout court » : c’est parti…   Au moment  où j’écris, je ne peux plus m’arrêter.  Je suis vivant, les personnages sont vivants, je prête ma main  à Rose et à chacun d’eux. Ils imposent leurs voix, l’histoire se raconte. Celle-ci est née de la rencontre de deux silex. Une étincelle. Pour ce roman, j’avais besoin de crever l’obscurité.

Rose va respirer grâce aux mots. Né  d’aucune femme est un conte cruel.  Comme le Petit Poucet de Perrault.  Car, il ne faut pas l’oublier, l’ogre est tout de même né d’une femme. Ce n’est pas parce qu’on est prédestiné à quelque chose qu’on ne peut pas en sortir, échapper à un chemin tracé. Dans le roman, le cheval a un aspect mythologique. Lorsque Rose monte sur le dos d’Artémis, elle domine le destin, son destin.  Elle le défie,  tout comme elle défie la mort.

C’est facile de s’indigner, il faut résister. Ecrire est ma forme de résistance et de révolte, quelque chose qui me prend  aux tripes. C’est organique. Je porte des livres depuis l’enfance, ensuite des graines d’émotion germent. On écrit comme on est, on recompose sa mémoire, ce dont on s’est  nourri. Il faut avoir confiance en son doute, c’est ce qui provoque cette adrénaline.  Lorsque j’écris, je ne fais l’économie de rien. Je vais jusqu’au bout du personnage. J’accepte de m’absenter de ma propre personnalité.  Les personnages arrivent, l’histoire se raconte.  Je ne sais jamais ce qui va arriver, je ne prévois rien. Je balance le premier jet sur des cahiers, tout doit ensuite se connecter, j’entre dans une sorte de nuit personnelle.

L’écriture a pour moi une puissance atavique. »

J’aurais pu vous en dire encore, et encore. Vous raconter l’intensité de cette rencontre, les émotions, les mots dits et les mots tus…   Ces mots qui, sous la plume de Franck Bouysse,  deviennent des histoires,  des contes, des cris, des pépites.  Je préfère vous laisser en compagnie de ses livres et de ses personnages.   Je préfère vous laisser découvrir Plateau, Glaise,  Grossir le ciel, (dans le désordre de parution ) , et tous les autres.  Je préfère vous laisser cheminer  avec Judith, Virgile, Joseph, Anna,  Gus et Abel…

Et Rose bien sûr… 

« Rose, mon nom est Rose. C’est comme ça que je m’appelle. Rose tout court »

© Nath

 

 

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19 mars 2019

Résister par les mots - Né d'aucune femme - Franck BOUYSSE

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Né d’aucune femme

Franck BOUYSSE

Editions La Manufacture de Livres – Janvier 2019

 

Je voudrais vous parler de Rose, vous dire ce destin broyé au sortir de l’enfance par un père qui la vend à un maître de forge abominablement monstrueux.

Je voudrais vous dire son calvaire, infini,  inimaginable.

Je voudrais vous dire aussi sa lutte, elle aussi infinie.

Je voudrais vous faire entendre sa voix,  sa voix qui s’élève au fil des pages, au fil des mots qu’elle couche, jour après jour, année après année, sur des cahiers.  Ses mots à elle , de guingois.   Une langue âpre et salvatrice,  qui jaillit de ses entrailles, du plus profond de sa douleur.

« Je comprends rien à ce qui se passe. J’écris.Tout ce que je croyais qui était pas et qui était en vrai, tout ce qui je croyais et qui était pas le vrai. C’était là, ça a toujours été là, ce que j’ai recouvert avec le malheur qui a suivi, et aussi l’idée de la mort.  Le grand tourbillon m’a enfin rattrapée. Je le laisse m’envelopper. Une fois dedans, tout change. »

Je voudrais vous dire tous les autres,  les égarés, les abjects, les hideux, les déchirés.   Je voudrais que vous faire percevoir les bruits de la terre, les hennissements des chevaux,  les cris de douleur.   Je voudrais vous décrire la poupée de Rose, les sabots du grand-père, les yeux d’Edmond…

Je voudrais vous dire mes larmes,  mon souffle court, ma gorge nouée, mon ventre douloureux, et cette apnée lumineuse qui fut la mienne tout au long de cette lecture sismique.

Je voudrais vous dire la merveilleuse écriture de Franck Bouysse,  captivante,  hypnotique, noire et solaire,  merveilleusement précise, poétique et  incroyablement puissante.   Né d’aucune femme, est selon moi, des étages, et des étages au-dessus de Glaise, qui  atteignait déjà la perfection.   J’ai parfois lu que l’écriture de Franck Bouysse se rapprochait de celle de Steinbeck.  Certes, nous sommes toujours dans le roman social, noir, rural. Mais l’écriture de Franck , c’est du Bouysse.  Avec un B comme Bonheur.

Enormissime, gigantesquissime claque littéraire,  coup de foudre absolu pour cette pépite, cette histoire qui est aussi celle d’une Résistance par les mots.  Parce que je pense à toutes les Rose, partout dans le Monde, qui  subissent ce mal (mâle) absolu que l’on retrouve souvent dans l’écriture de cet  auteur si talentueux,  je vous invite vivement, et plus encore à courir chez votre libraire favori, dans votre médiathèque, votre bibliothèque.  Précipitez-vous, lisez-le !

J’ai fait cette lecture dans le cadre de ma participation au Prix Orange du Livre, pour lequel j’ai la grande chance d’avoir été sélectionnée en tant que jurée.

« On s’est serrés l’un contre l’autre, comme si on  voulait broyer nos deux cœurs pour qu’il n’en reste  qu’un seul et on le sait même pas quand ça arrive, on se pose pas la question tellement c’est l’évidence »

© Nath

18 mars 2019

Le lundi, c'est poésie - Le chant des marées - Watson CHARLES

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Le chant des marées

Watson Charles

Poésie

Editions Unicité

 

Le chant des marées est un court et magnifique recueil de poèmes.

Watson Charles,  dont j’ai découvert avec ravissement la plume, y sublime l'Amour, la Femme, la mer, sa mer des Caraïbes, celle qui est en lui , le regard, et son pays, Haïti, ses blessures.

Ses mots sont touchants de beauté, de sincérité et de cette simplicité qui fait d’un poème une musique, une ode , un chant.   Celui des marées, celui qui berce, tel le murmure des vagues. Il nous fait entendre sa voix « chant de mer » et c’est beau …

Je remercie Watson pour ce cadeau !   Vous qui me suivez ici, vous savez combien la poésie et la mer sont importantes à mes yeux.   Vous imaginez donc sans mal que c’est avec un réel bonheur que j’ai fait la connaissance de ce talentueux auteur aux mots envoûtants.

Amis amoureux des mots, amis amoureux de la poésie, , ne passez pas à côté de ce Chant des marées, véritable bijou…

Et comme le lundi, c’est poésie,  en voici un extrait :

Ton regard est un poème

Qui conduit à l’absence

Dans  ce pays lointain

Les halos sont comme des doigts fins

J’ai vécu ton grand chaos

Comme une robe du soir

J’ai vécu et j’ai vécu en toi

Les promesses où les hommes

Sont des voyageurs portant leurs mémoires

Au fond de leurs yeux .

 (Le chant des Marées, page 40)

©Nath

 

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16 mars 2019

Retrouver l'avenir et ses possibles - Les miroirs de Suzanne - Sophie LEMP

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 Les miroirs de Suzanne

Sophie LEMP

Editions Allary – Mars 2019

 

Ouvrir un roman de Sophie Lemp, c’est pénétrer sur la pointe des pieds, le cœur en bandoulière, dans un univers fait de douceur, de tendresse, d’amour, de lumière, de failles,  de pudeur et de délicatesse.   C’est une fenêtre sur le monde, un rayon de soleil.

Ce troisième roman, « Les miroirs de Suzanne », paru aux Editions Allary, est une fois encore une clé que l’autrice nous donne et qui ouvre la porte de ses émotions, qui,  par la magie des mots,   deviennent nôtres.

Suzanne est  une femme, mère et épouse accomplie.  A quarante ans, elle mène une existence plutôt bourgeoise,  plutôt sereine, auprès de son époux Vincent, et de leurs deux filles.

Le jour où l’appartement familial est cambriolé, tout bascule. Hormis quelques objets sans réelle valeur, rien ne semble avoir été dérobé…. Rien, sauf peut-être l’essentiel pour Suzanne : des pans de vie, des bribes  envolées, des mots scrupuleusement posés, année après année, dans des cahiers. Des souvenirs, ceux des bras d’Antoine, son amour fou, son amour passion, son amour au-delà de l’amour.    Elle avait seize ans, lui une bonne trentaine de plus.   Elle était lycéenne, il était un écrivain célèbre et marié.   Elle lui doit son éveil au désir, et puis  ces émois,  ces sensations, ces attentes, ces effleurements, qui ont fait d’elle une femme.  

Alors, pour ne rien oublier de ces moments fulgurants,  elle décide de poser à nouveau sur le papier ses réminiscences épidermiques.  Celles de cette passion inoubliable, des cicatrices qu’elle a laissées, des jours heureux,  des étreintes furtives, des mots gravés dans le cœur.   Ravivés par leur disparition.

« Cet amour ancien, qu’elle s’efforçait  de décrire le plus justement possible, lui revient dans sa chair.  C’est à lui qu’elle destine ces mots, comme si personne d’autre, jamais ne devait les lire ».

A quelques rues de là , vit Martin, un jeune homme.   Martin tout seul, déchiré, qui a fait de son quotidien une « petite mort ».  Il est incapable de se relever, incapable de recoller les morceaux d’un cœur en miettes.    Martin qui trouve par hasard les cahiers de Suzanne, dans une poubelle. Qui les lit, jour après jour.  Martin qui se nourrit des mots de Suzanne. De sa lumière.  De cette passion flamboyante, lui qui est tout éteint en dedans.

« …. Grâce à Suzanne, les rêves sont revenus peu à peu.. »

Il se remplit de cette histoire qu’il découvre, il la dessine. Il se redresse doucement, tout doucement. Il se déploie. Tout comme elle.  Miroirs l’un de l’autre, sans jamais se croiser.

Ce roman est celui de deux destins, celui de deux êtres écrabouillés au plus profond d’eux.

Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous, a écrit le poète.  Peut-être bien que les destins de ces deux-là devaient  se mêler l’un à l’autre, comme pour se soutenir, se relever, apprendre à  tenir debout.   Deux bouts.  Deux amputés qui titubent,  se cognent à la vie, à l’amour, au passé.   Deux égarés qui vont apprendre  à se réaliser, pour eux, par eux.

La plume de Sophie Lemp est, comme toujours, éblouissante.    Elle est chargée de belles cicatrices, de cette fragilité qui la rend si proche de chacune, de chacun de nous, ses lectrices et lecteurs.  Ce ne sont pas de vilaines plaies, non.   Ce sont juste des points sur le cœur, des bleus sous la peau , des grains de beauté finalement.    Ce sont ces fêlures que l’on devine dans un regard, que l’on palpe, du bout des doigts, à travers ce qui est dit, et surtout à travers ce qui ne l’est pas.   Ce sont des lueurs d’espoir, des  étincelles d’amour.   C’est la victoire de la vie, des rêves, sans pour autant occulter toutes ces failles qui rendent une personne plus belle encore. C’est « avoir peur, mais avancer toujours »...

Le désir est au cœur du roman.  Le désir ardent,  charnel, absolu, céleste. Celui qui sublime et transcende. 

Je cherche un mot mieux que « beau » pour dire ces Miroirs. Pour vous faire partager mes émotions.  Pour vous dire combien ce récit est un joyau de délicatesse.   Ce mot, je ne le trouve pas. Alors, je vous confie mes émotions, mes larmes versées à la lecture, mes souvenirs , mes cicatrices, tout en vous recommandant vivement la lecture de cette merveille. 

Je remercie bien évidemment Sophie et les Editions Allary qui m’ont permis de découvrir en avant-première, au bord de l’eau, ou dans mon jardin-cocon-salon de thé rochelais,  ces Miroirs de Suzanne. 

Ce roman est pré-sélectionné dans le cadre du Prix Orange du Livre 2019.

© Nath

14 mars 2019

Coup de coeur - L'inconnue - Cyril ROGER-LACAN

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L’inconnue

Cyril ROGER-LACAN

Editions Grasset – Octobre 2018

 

Ce récit est celui d’une absence.  Une absence lourde, âpre. Celle d’une mère partie trop tôt,  de façon tragique, lorsque l’auteur était enfant. Une inconnue.

Devenu adulte, il porte sur ses épaules le poids de cette douleur qu’il rend dicible, par la magie des mots.  Un mal profond, qui plombe, comme des semelles lestées, chacun de ses pas dans une existence qui demeure balbutiante.

Cet essai, c’est la solitude d’un homme écorché dans sa chair, dans son cœur, dans son identité.  Un adulte perdu dans la nef d’une cathédrale d’enfance qui demeure inhabitée, celle des bribes de souvenirs, des photos qui jaunissent.  Celle de cette femme qui sourit, sur la couverture . Il reste une hache plantée là, dans le cœur , à vif.  Il reste une tombe, quelque part dans  un cimetière.  Il reste le manque.

« A mesure que je te cherche, que je crois te rejoindre aux lisières du sommeil , je deviens cet oiseau ivre du beau saccage des sources, ivre de ses ailes unies à la nuit, fraîche comme la peau à la chair. Docile à la flambée du vent. Aveugle. Echappé.  Et soudain le vertige de l’informe lui fait perdre connaissance. Il tombe. Sa chute ne rencontre rien ».

J’ai été profondément touchée par les pensées posées de Cyril Roger-Lacan , tellement empreintes de poésie, sublimes de beauté, de couleurs, de fragilité aussi..

J’y ai retrouvé mes propres deuils, la musique  des mots d’un autre auteur qui m’est cher :  Christian Bobin. J’ai retrouvé cette même désespérance , cette errance désespérée, même si  la vie continue.

Gros coup de cœur, une belle découverte faite dans le cadre de ma participation au jury du Prix Essai France Télévision.

© Nath

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12 mars 2019

12000 heures de vols au compteur - Une folie passagère - Nicolas Robin

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Une folie passagère

Nicolas ROBIN

Editions Anne Carrière – Mars 2019

 

Cher  Nicolas,          

C’est par l’intermédiaire d’un caniche malodorant et des cendres de son défunt maître seul, tout seul que j’ai fait ta connaissance.   Je ne peux bien sûr pas omettre de mentionner le fil musical conducteur de Roland est mort (chronique ici), que ceux qui n’ont pas encore lu le livre découvriront en cliquant (joke).   Bon, je peux bien te l’avouer, moi aussi je préfère quand même Joe Dassin !

Je t’ai suivi avec « Je ne sais pas dire je t’aime » où s’entrelacent les destins de gens seuls tout seuls eux aussi au milieu d’une foule, ou d’un foyer, qui les ignore, transparentes âmes qui prennent corps au fil du récit.

Voici que cette fois,avec "Une folie passagère", tu nous emportes non pas dans les rues de la capitale, mais à dix mille mètres d’altitude, aux côtés de Bérengère, hôtesse de l’air bien-comme-il-faut, au chignon aussi  parfait que son sourire, aux blessures enfouies sous un uniforme impeccable.   Certes, elle est un tantinet pénible, un brin monomaniaque, mais elle a de qui tenir avec la mère absolument exécrable dont tu l’as affublée.

Bérengère,  hôtesse de l’air digne de ce nom, se fait larguer dès le début du roman par un sale type. D’ailleurs, des machos, elle va en croiser là-haut, en plein ciel (non, non pas le septième !).   Mine de rien,  elle étouffe dans cette solitude empesée, n’a personne à qui confier sa peine,   tous sont trop occupés pour écouter quelqu’un qui  passe sa vie aux quatre coins du monde.  Alors elle, avec son chignon parfait retenu par la broche argentée, cadeau de « Mamie d’Orly », elle traîne sa peur du temps qui  passe, courant le  Monde d’une escale à l’autre, d’une chambre d’hôtel anonyme à une plage baignée de soleil.

Comme souvent dans tes romans,  intervient le grain de sable, le truc qui fait tout basculer.    En l’occurrence,  …. (non, non, je n’en dirai pas plus !).Dans celui-ci peut-être plus que dans les précédents, il  y a l’amour salvateur, de la tendresse, des rires. Il y a ces caresses de la vie, ces moments suspendus que tu sais si bien nous faire vivre.  Il y a ces personnages pleins de fêlures, de fragilités,  de silences…  Il y a ces si beaux mots que nous attendons toutes et tous…Il y a cette musicalité légèrement et délicieusement  kitsch, aussi lumineuse que pleine de charme. Il y a toutes ces couleurs... Il y a même des castors (là, j’avoue que le caniche est battu à plate couture). 

Cette Folie passagère, tu sais, tu donnes envie  de la vivre (enfin pas tout quand même hein !), de louper  le vol prévu pour le sable chaud et de se retrouver à Winnipeg.

J’ai adoré, et je pèse mes mots, ce roman.  Déjà parce que la couverture est jolie.  J’ai aimé le ton badin qui n’en cache pas moins un regard lucide sur les rapports hommes/femmes, sur la profession que tu connais si bien , toi le StewarD avec un D…  Enfin,  j’admire la performance de l’avoir écrit à la première personne….

Merci, merci Nicolas.  Merci pour ta sincérité.  Pour ce roman tombé à point nommé entre mes mains.

Il ne me reste plus qu’à te donner rendez-vous au mois de juin sur la piste d’atterrissage de St Maur en Poche .

Je  t’embrasse,

Ta fidèle lectrice, fan elle aussi de Joe Dassin …(d’ailleurs, ça, c’est pour toi... hop tu cliques ).

Nath  (de l’Aude, parce que c’est ma région)

© Nath

 

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11 mars 2019

Le lundi, c'est poésie - Christian BOBIN

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Je t'écris.

Dans ces carnets mais aussi dans tout ce que j'écris...

Tu es présente dans ces textes que j'envoie...

Dans cette impossibilité où je suis de parler de toi...

Dans cette nuit où tu es en moi, dans cette nuit brûlante où tu es qui se confond avec celle d'où viennent les mots...

J'écris.

Je t'écris.

 Je t'appelle.

Sur ces pages je t'appelle, dans ces forêts , près de cet étang, sur ces routes, sur ces terres que nos pas en les mesurant portaient à l'infini...

Je t'appelle...

Christian Bobin

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10 mars 2019

Le goût de la nuit - Collectif -

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Le goût de la nuit

Collectif

Textes choisis et présentés par Maud SIMONNOT

Editions Mercure de France

Collection Le Petit Mercure – Mars 2019

 

Petite pause dans mon marathon littéraire actuel pour vous présenter « Le goût de la nuit », un ouvrage collectif paru dans la collection « Le Petit Mercure », au Mercure de France.

J’aime beaucoup cette série de mini-livres, à emporter facilement partout, et qui traite de sujets passionnants.  

Ici,  Maud Simonnot a rassemblé de nombreux textes d’auteurs  allant d’Homère à Patrick  Modiano, en passant par Edgar Allan Poe, Henri Michaux,  Anton Tchekov,  Arthur Rimbaud et bien d’autres.

Découpé en trois chapitres, ce petit bijou  à la si belle couverture est une balade nocturne.   La Nuit, avec une majuscule, y est présentée sous ses divers aspects, avec ou sans fard,  lumineuse ou effrayante. Elle est un monde à elle seule,   un univers dont moult auteurs se sont emparés pour produire poèmes ou romans.  Nuit cathartique ,  nuit contre la nuit (pour Saint Exupéry) , elle revêt mille et un visages qu’il est agréable de découvrir.

C’est avec joie et délectation que j’ai retrouvé la plume de Stefan Zweig, d’Emily Brontë, de Victor Hugo, et les sublimissimes chants XI et XII , extraits de l’Odysée d’Homère.

Je remercie les Editions Mercure de France pour cette nouvelle si douce lecture, que, bien évidemment, je vous conseille, tant pour la richesse de son contenu que pour son format hyper pratique !

© Nath

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