Le Boudoir de Nath - Blog littéraire -

24 avril 2017

Un soleil chaque jour nouveau et différent - Atelier Bric A Book 264 -

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© Felix Russel-Saw

 

Bric A Book 264

Il voulait quitter cette routine asphyxiante qui faisait son quotidien.

Cette routine sans rêves, sans étoiles ni dans le ciel, ni dans les yeux.

Il voulait enlacer la Grande Ourse.

Il voulait le silence, l’immensité et l’intensité.

Il voulait Vivre. Pour de bon.

Et le voilà. Face à sa nouvelle vie.

Pour ne plus se laisser contaminer par la civilisation, il fuit

Il marche seul pour revenir à l'état sauvage.

Face à lui-même.

Into the wild.

© Nath

 

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21 avril 2017

Vertigineux ! - Le vertige des falaises - Gilles PARIS -

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Le vertige des falaises

Gilles PARIS

Editeur : PLON  - Avril 2017 –

 

Ayant découvert l’écriture de Gilles Paris avec « Autobiographie d’une courgette », et totalement subjuguée, c’est avec une grande impatience que j’attendais de lire son tout dernier roman, « Le vertige des falaises ».

Le vertige, c’est ce que l’on ressent en posant le pied sur l’Ile, personnage à part entière du récit, tout comme l’est Glass, la maison de verre et d’acier, imaginée par feu Aristide, le patriarche du clan Mortemer.

Trois générations de femmes vivent dans cet endroit étrange, où l’on s’éclaire souvent à la bougie, où le Continent semble être à des années-lumière, où l’on pourrait s’attendre à voir surgir, dans la pénombre, le fantôme d’Agatha Christie (auteur qui m’est chère)…

Sous forme chorale, Gilles Paris donne la parole à chacun des personnages, éclairant peu à peu ainsi la pénombre et levant le voile sur les secrets bien enfouis que chacun détient.

Olivia, la grand-mère (« L’arbre centenaire sur qui tous les orages se sont abattus, sans arracher la moindre écorce »)  , et Marnie, sa petite-fille (« J’ai 14 et j’ai 100 ans… Je suis le vertige des  falaises ») sont la première et la dernière génération vivantes de Mortemer.

Les hommes n’ont que peu de place dans ce huis-clos aux accents hitchockiens.  Ou alors une place détestable. Je pense ici à Aristide et à Luc, mari et fils d’Olivia, êtres violents et dénués de scrupules.

Les personnages  sont décortiqués, leurs ambivalences taillées au scalpel.  On entend la voix d’Olivia, celle de Prudence, qui m’a beaucoup fait penser à Nelly, la gouvernante dans le merveilleux « Rebecca » de Daphné du Maurier et le film éponyme du grand Alfred.  On frémit avec Marnie , aussi attendrissante que sombre.   On sent le vent cingler les falaises.  On souffre avec Rose, et son crâne chauve, à cause du cancer qui la ronge.  On tombe forcément sous le charme de Jane, l’amie aveugle de Marnie.

C’est avec un délicieux effroi qu’on se laisse porter au fil des pages. Paradoxalement, les ténèbres côtoient la lumière, tout comme le désespoir  enlace l’amour.

Les thèmes abordés le sont avec une immense pudeur et une grande délicatesse. Qu’il s’agisse de la violence faite aux femmes, de la filiation, de la maladie et du deuil, de la résilience, des relations intergénérationnelles, il fallait tout le talent de Gilles Paris pour ne pas verser dans la caricature, et nous offrir cette pépite, dévorée en un rien de temps.

Un immense coup de cœur, donc, pour lequel je remercie vivement les Editions Plon et bien évidemment l’auteur, dont  je vais m’empresser de découvrir les autres merveilles.

«Personne n’a osé me secouer de peur que tout se brise à l’intérieur. Une fillette fragile, tout en verre »

© Nath

 

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20 avril 2017

A hauteur d'enfant - La solitude des enfants sages - Martine DUQUESNE

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La solitude des enfants sages

Martine DUQUESNE

Editeur :  La Cheminante – Mars 2017 –

 

Angélique, 7 ans « presque trois-quarts, vit en Algérie avec ses parents lorsque la guerre d’indépendance éclate.

C’est elle la narratrice de ce roman signé  Martine DUQUESNE

Par les yeux d’une enfant,  loin de tout jugement péremptoire des adultes, nous voyageons entre hier et aujourd’hui.

Entre la petite fille qu’elle fut et l’adulte qu’elle est devenue, forgée par « les événements » et leurs conséquences, par la désunion également du couple parental, qui aboutira à l’acte commis par le père, et qui ouvre cette histoire aux accents de soleil sur fond de tragédie, des années se sont écoulées.

Alors que ce passé douloureux remonte à la surface, que les souvenirs refluent, Angélique couche ses maux.  Les mots au secours des maux.

« Le passé ne voulait pas passer ».

Avec un talent de conteuse tout comme j’aime, avec pudeur, justesse et délicatesse, Martine Duquesne fait surgir et alterne brillamment ombre et lumière,  cicatrices et points de suture.

Les portraits sont magistralement brossés, tant ceux des parents (cette mère pour qui il  est difficile d’éprouver de l’empathie, ce père dépassé qui s’accroche malgré tout et se refuse à quitter cette Algérie si chère à son cœur), que  celui , extrêmement touchant, de Djamila, l’amie, le « double », la sœur de cœur.

Angélique se débat,  ne comprend pas (comment comprendre l’incompréhensible quand on est enfant ?), se raccroche à ce qu’elle édifie autour d’elle, ce petit monde fait de chansons, de rires, de lectures...  

"Tant que tu es dans la lumière des mots, tu échapperas aux ténèbres".

Voici un roman qui se lit d’une traite.  Emouvant, beau, triste mais pas trop quand même, car la plume de Martine Duquesne est indubitablement trempée dans le soleil de l’espoir. 

Le déracinement, les séquelles d’une enfance fracassée par l’éclatement d’un pays et d’une famille côtoient les thèmes de l’amitié, du deuil , de la filiation, du renoncement, du recommencement et de la nécessaire résilience, qui permet d’avancer et de se construire.

« La vie tourne autour d’un nombre restreint de phrases, qu’on met des années à construire, des phrases qui résonnent comme des repères, des balises, les pièces d’un gigantesque puzzle qui, une fois assemblées, vont donner sens à l’ensemble ».

© Nath

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18 avril 2017

Désastre syrien - Les portes du néant- Samar YAZBEK -

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Les portes du néant

Samar YAZBEK

Editeur :  Stock  - mars 2016 –

Collection : La Cosmopolite

 

Les portes du néant, ce sont celles ouvertes lors des incursions clandestines de Samar Yazbek, journaliste syrienne et opposante au régime en place, dans son pays d’origine entre août 2012 et août 2013.

Elle livre sur le papier le récit effroyable du calvaire d’une population, d’un pays ravagé et qui côtoie la mort au quotidien.

Donnant la parole à ces êtres meurtris et brisés, elle apporte au lecteur un indispensable témoignage sur l’insoutenable barbarie syrienne.

De l’espoir des premières manifestations pacifiques à la tragédie,  nous suivons la route qui mène à l’effroi.

Chaque page est emplie de force . Celle du désespoir d’un peuple martyr, condamné à l’exil dans les conditions inhumaines que l’on connaît. 

La guerre est dénoncée dans toute son atrocité par ceux qui la vivent, qui sont laminés entre une dictature et les ravages infligés par l’E.I , dans une spirale qui va crescendo. 

Quelques rayons de lumière toutefois viennent éclairer ce récit qui m’a saisie aux tripes et l’émotion m’empêche d’en dire plus.

Avec une justesse et une pudeur époustouflantes,  Samar Yazbek  hurle , dénonce , pleure.   Elle dit… Elle nous dit…

« Il n’y a qu’un seul  vainqueur en Syrie : la mort.  On ne parle que d’elle, partout…  Tout est relatif, sujet au doute.  La seule chose dont on puisse être certain, c’est que la mort triomphera »

Indispensable lecture, «  Les portes du néant »  a reçu le prix du Meilleur livre étranger en 2016.

© Nath

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17 avril 2017

Souvenirs et tables en formica - Atelier Bric A Book 263 -

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© Fred Hedin

 

Cela faisait bien une bonne trentaine d’années qu’elle n’avait pas poussé la porte de ce café aux douces saveurs de ses années lycée…

Souvenirs sur fond de nostalgie, aux accents méridionaux.

Les rires résonnent encore à ses oreilles, comme échappés du percolateur rutilant.

Les premières révoltes communes, les premières manifs qu’on prépare autour d’un verre de Gini, les premiers slogans qu’on écrira sur un drap qu’on détournera de l’armoire familiale, les premiers émois, les mains qui s'effleurent, les DM de maths qu’on recopie à la va-vite sur quelqu'un “qui a compris de quoi ça parle”...

Le temps file, les images défilent, le présent se faufile, surfilant ce passé insouciant, cette douceur d’être, cette sensation d’avoir le Monde à ses pieds.

Des chaises vides accueilleront dans quelques heures des lycéens made in 2017.

Des rires réveilleront, comme chaque jour, les murs assoupis.

Des confidences chuchotés demeureront leurs secrets bien gardés, et viendront s’ajouter aux secrets bien gardés des générations précédentes.  C’est bien connu,les murs ont des oreilles, mais demeurent muets.

Des baisers furtifs s’échangeront sous le regard des tables en formica et des verres de Coca Light.

Des révoltes germeront. Des espoirs de changer l'Univers tout entier naîtont. Des rêves grandiront. Des mots noirciront des pages et dans quelques années, rejoindront d'autres mots, pour s'unir dans un atelier d'écriture humainement addictif.

Le temps qui passe ne dépose aucune ride au coin des yeux des lieux intemporels.

C’était bien chez Laurette...

© Nath

 

 

 

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15 avril 2017

Rien ne vaut la vie - Les couleurs de la vie - Lorraine FOUCHET -

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Les couleurs de la vie

Lorraine FOUCHET

Editeur : Editions Héloïse d’Ormesson  - mars 2017 –

 

C’est encore des étoiles plein les yeux et émerveillée par la belle histoire de Lou et Jo* que j’ai entamé la lecture de cette nouvelle pépite signée Lorraine Fouchet .  Et quel bonheur !

Je vous en touche deux mots, et vous laisse le plaisir de courir chez votre libraire préféré pour vous ravitailler en bonne humeur, optimisme et émotions.

L’île de Groix et encore là, avec ses couleurs, ses odeurs, ses joies et ses peines.

Le chagrin, celui qui enveloppe douloureusement, Kim y est confrontée au décès de sa grand-mère, pilier de sa vie.

Elle décide alors de quitter son quotidien, son compagnon fort amoureux, pour réfléchir et comprendre les raisons  d’un choix totalement incompréhensible pour elle.

A Antibes (l’antithèse de Groix), ,elle est embauchée par Gilonne, vieille dame excentrique et qui parfois, oublie le passé, son passé.  Un passé trouble, marqué par le décès tragique d’un fils… toujours vivant, puisque c’est lui qui  a embauché Kim.

Face à celui qu’elle pense donc être un imposteur, elle va donc se lancer dans une quête de la vérité, un chemin qui passera par les nécessaires questionnements relatifs à l’Existence.

« Chaque fois que je crois détenir la vérité, une nouvelle information change la donne ».

Un carnet turquoise,   des personnages attachants, la mer,  l’amour,  le pardon, jalonnent ce roman choral aux destins croisés.

Lorraine Fouchet nous offre encore une fois, et pour notre plus grand plaisir, une belle et lumineuse leçon de vie.

Sa plume tendre, douce, empathique et flamboyante donne à cette histoire une ampleur d’humanité qui fait résolument du bien.   Quand on lit Lorraine Fouchet, on a cette évidente sensation de se sentir « en famille ».

Une fois encore, les notes de l’auteur à la fin du livre sont étincelantes d’amour, de vie. 

Je remercie infiniment, vraiment infiniment, les EHO, et je serre Lorraine très fort contre mon cœur.  

« La vie valait son pesant de cacahuètes »

© Nath

* Entre ciel et Lou

Eho - Mars 2016 - et Livre de Poche  - mars 2017

 

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13 avril 2017

Une caresse aussi douce qu'une prière chuchotée - Phalène fantôme - Michèle FORBES -

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Phalène fantôme

Michèle FORBES

Éditions Quai Voltaire

 

Ce premier roman de Michèle Forbes est une splendide histoire de femme, avec l’Irlande comme toile de fond. Pas l’Irlande des lacs majestueux, non. L’Irlande qui souffre en cette année 1969, celle des premiers pas de l'Homme  sur la Lune.

En cette  fin de décennie, nous suivons Katherine. Elle vit un bonheur tranquille, entourée de ses quatre enfants et de George, mari gentil et attentionné. Cette famille catholique vit parmi ses compatriotes majoritairement protestants une existence relativement banale, jusqu’au jour où un accident provoque chez Katherine un raz de marée émotionnel, et la ramène ,tout comme nous, lecteurs, 20 ans plus tôt.

1949 : la jeune femme se partage entre son travail et sa passion pour le chant lyrique. Elle est alors déjà fiancée à George, déjà “attentionné” et bien sous tous rapports.

Sa route va croiser celle de Tom, jeune tailleur charge de réaliser pour elle la robe de Carmen. Un amour aussi intense qu’interdit va alors éclore, une histoire enfouie, qui va laisser de profondes cicatrices à l’âme de Katherine.

Âme blessée,pays déchiré, et une histoire qui prend aux tripes, tel est le savoureux cocktail créé avec brio par Michele Forbes.

Une plume poétique, délicate, sensuelle et somptueuse souligne ce magnifique roman sur les choix de vie (l'amour, la raison) l'importance des compromis, l'acceptation,  celle,entre autres de nos zones d'ombre, et la résilience.

Des scènes d’une beauté à couper le souffle parsèment cette pépite Je vous les laisse découvrir, mais je peux déjà vous dire que celle de la création du costume de Carmen relève de l'art littéraire à l'état pur !

Un joli coup de coeur donc !

" On flotte et on brûle en même temps... N'est-ce pas ainsi qu'elle a expliqué à sa fille les effets de l'amour ?".

 

 

 

 

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10 avril 2017

Aktion T4 - Hadamar - Oriane JEANCOURT GARIGNANI

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Hadamar

Oriane JEANCOURT GALIGNANI

Editeur :  Grasset

Collection : Le Courage – Janvier 2017 –

« Oui, venez avec moi. Vous connaîtrez Hadamar.  C’est à une demi-heure d’ici.  Pas loin pour une ville dont vous avez tous ignoré l’existence »

1945 : Franz, journaliste allemand opposant au régime nazi, sort de Dachau, après cinq ans d’internement.

Il n’a, dès lors, qu’une obsession : retrouver son fils Kasper, qu’il a élevé seul.

Ses pas le conduisent à Hadamar. Hadamar et son hôpital psychiatrique , l’une des bases de l’opération « Aktion T4 », autrement dit la mise à mort de malades mentaux ou personnes en situation de handicap,  des gens de tous âges, des  enfants y sont exterminés … Toutes ces existences trop lourdes pour l’Etat.  L’eugénisme calfeutré et passé sous silence. Les habitants de cette petite ville sont fuyants.   Ils ne peuvent pas ignorer les colonnes de fumée s’échappant des fours crématoires. Et pourtant.. .

 La route de Franz va croiser celle de Wilson : il est musicien, il est juif, et il est habité par le souvenir d’une  sœur handicapée. Il enquête sur ce lieu clos, et découvre alors l’innommable.  Pour le clamer au Monde, il réalise que seul un allemand sera crédible. 

Ces deux voix-là, ces deux consciences, peuvent-elles cohabiter et œuvrer de commun ?

Hadamar est le chemin de deux hommes menés par deux amours différents.  L’amour d’un père pour son fils.  L’amour d’un homme pour la Justice et ce qu’il estime être un devoir..

Oriane Jeancourt Galignani révèle un pan d’histoire occulté, dénonce la folie dont l’être humain est capable dès lors qu’il se fédère à des semblables déviants.  C’est aussi le récit d’un deuil, de deuils : celui d’un fils, celui d’une Nation, celui d’une humanité exempte d’atrocités.

Une lecture indispensable, pour ne jamais oublier, un récit poignant de bout en bout,  qui noue les tripes, le cœur, et la Mémoire, celle avec une majuscule.  Une leçon sur l’Humain, sur son ambigüité, sur ses capacités et sa part de responsabilité dans la dérive mégalomane et haineuse d’un peuple.

 Immense coup de cœur pour ma part !  Merci Madame, de contribuer à réveiller les consciences, en ces temps si troubles !

Cette lecture a été faite dans le cadre de ma participation au prix des Lecteurs l'Express/BFMTV.

© Nath

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08 avril 2017

La morsure de l'absence - Arrête avec tes mensonges - Philippe BESSON -

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Arrête avec tes mensonges

Philippe BESSON

Editions JULLIARD – Janvier 2017 –

 

Avec « Arrête avec tes mensonges », Philippe Besson ouvre la porte de sa vie amoureuse, tout du moins, de cette première relation passionnée avec un garçon , l’année du bac.

Par le biais du récit autofictionnel, dans lequel nous sommes plongés dès la dédicace au début du roman, il évoque celui qui a bouleversé sa vie, Thomas Andrieu.  Tout  les oppose à priori… Et pourtant…

Une liaison secrète (à la demande de Thomas) et ardente va les unir, le temps d’une année scolaire. Sachant que la belle histoire ne durera pas, il s’agit dès lors d’en savourer chaque instant, chaque effleurement de peaux, chaque étreinte, chaque émoi, chaque élan du cœur.

Phiippe Besson, dont on connait l’écriture intimiste, fine, et subtile, change ici totalement de registre, tout en conservant ce qui fait son talent, cette immense sensibilité à fleur de peau qui ne peut que toucher le lecteur.

D’abord parce qu’il s’approprie le récit en le mettant à la première personne (« je »), et ensuite parce qu’il déroule sur le papier un pan de sa vie , ce qu’il n’avait jamais fait jusque-là.

C’est beau , c’est une histoire d’amour touchante et surprenante, dans son déroulement (je n’en dirai pas plus). C’est un livre sur l’absence, « ce silence enveloppant qui appuie sur les épaules,  dans lequel on sursaute dès que se fait entendre un bruit imprévu, non identifiable, ou la rumeur du dehors ».

J'ai fait cette lecture dans le cadre de ma participation au prix des Lecteurs l'Express/BFM TV...

C’est un voyage entre réalité et fiction, au bout duquel, dans le fond, on ne veut pas vraiment savoiir s’il s’agit d’un « mensonge » ou pas. 

"J'ai écrit le mot : amour. J'ai bien envisagé d'en employer un autre. Au moins parce que c'est une notion curieuse, l'amour ; difficile à cerner, à établir. Il en existe tant de degrés , tant de variations".

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06 avril 2017

Nostalgie ibérique - Costa Brava - Eric NEUHOFF

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Costa Brava

Eric NEUHOFF

Editeur : Albin Michel – mars 2017 –

 

Avec Costa Brava, Eric Neuhoff nous entraîne sur les sentiers d’une nostalgie ensoleillée.

Nostalgie d’une enfance baignée de douceur ibérique, d’instants envolés mais inoubliables, de sable chaud, de rires partagés avec la même bande de copains que l’on retrouve chaque été : Antoine, Bénédicte, Daphné et Charles…

Nostalgie d’un bonheur que l’on croit éternel quand on le regarde avec des yeux d’enfants.

Un homme , le narrateur, se souvient…. Il est désormais quinquagénaire et se remémore ses vacances idylliques à Canyelles,  dans les années 60/70.  Ce temps où les plages n’étaient pas bétonnés, où internet n’existait pas, où l’on se parlait autrement que par sms.

A un moment crucial de sa vie,  il s’interroge, se demandant si le meilleur de son existence ne remonterait pas à cette époque-là.

Il décide alors d’amener ses enfants sur ces lieux si chers, mais tout a changé. Les endroits, les gens, les amis. 

Costa Brava est un magnifique livre sur le temps qui passe, sur la mémoire, sur l’amitié.  Peuplé de références culturelles propres à ces temps révolus,  il est magistralement servi par un style totalement épuré.  L’auteur va à l’essentiel.   On a cette impression d’intimité, de proximité.  On l’entend nous raconter les premiers slows, les premières étreintes, les premiers grands moments qui jalonnent une vie. 

On se sent comme au cinéma, on se sent bien.

J’ai beaucoup aimé ce roman, sans doute parce qu’il m’ a ramenée à mes propres vacances, non loin de la Costa Brava. J’ai retrouvé les paysages, les odeurs, la lumière de vers chez moi, de mon Sud natal… J’ai entendu avec un pincement au cœur Jeannette chanter « Porque te vas »…

J’ai découvert cette lecture dans le cadre de ma participation au prix des lecteurs l’Express/ BFM. Je remercie infiniment le comité de sélection, les éditions Albin Michel et l’auteur bien sûr .

© Nath

"Du courrier jaunissait dans la boîte aux lettres.Les factures d'eau et d'électricité. Lire le nom de mon père sur l'enveloppe m'a fait quelque chose. Le bas des fenêtres était maculé de sable et de poussière... Dans le jardin, l'herbe avait poussé à des endroits où il ne fallait pas..."

 

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