Le Boudoir de Nath - Blog littéraire et culturel -

21 février 2018

Le goût de la passion - Textes choisis et présentés par Delphine CHAUME -

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Le goût de la passion

Textes choisis et présentés par Delphine CHAUME

Editeur :  Le Mercure de France – Février 2018 -

Collection : Le Petit Mercure

128 pages

Frère siamois du « Goût de la poésie amoureuse », ce petit recueil présente 32 extraits de textes ayant pour point commun la passion

La littérature et la passion sont en effet indéniablement liées, car il n’y a peut-être bien que les mots, les livres, qui puissent frôler l’indicible.

S’ouvrant sur une introduction particulièrement intéressante et argumentée de Delphine  Chaume, ce petit opus regroupe en trois parties (« En quête de la passion », « Vertiges de la passion » et « Echos des âmes passionnées »),  des textes sublimes d’André Breton,  Oscar Wilde, Frida Kahlo, Marguerite Duras, Casanova, et bien d’autres.

Une lecture fort intéressante , de jolies découvertes, et de belles retrouvailles : un vrai bonheur donc pour la lectrice passionnée que je suis !

© Nath

 

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19 février 2018

Le texte poétique de la semaine. Frida KAHLO -

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Ecrit pour Diego RIVERA

 

Matière miniaturée

  Martyre marmelade

Mitraille micron

Rameaux, marées amèrement entrèrent dans les yeux égarés. Grandes ourses, voix basse, lumière…

Diego,

C’est la vérité vraie : je ne voulais ni parler, ni dormir, ni ouïr, ni aimer. Me sentir enfermée sans avoir peur du sang, sans le temps ni la magie, dedans ta propre peur, dedans ta propre angoisse, au sein du bruit de ton cœur.

Toute cette folie, si je te la demandais, je sais qu’elle ne serait, pour ton silence, rien que du trouble.

Je te demande de la violence dans la déraison, toi tu me donnes grâce, nid, lumière, chaleur.

J’aimerais te peindre, mais je manque de couleurs – tant il y en a ! –dans ma confusion. La forme concrète de mon grand amour.

A chaque instant, il est mon enfant. Mon enfant né chaque matin de moi-même.

 

Frida KAHLO par Frida KAHLO

(Extrait de : Le goût de la Passion, Editions Mercure de France)

 

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17 février 2018

Retrouver le lé d'origine - Eparse - Lisa BALAVOINE -

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Eparse

Lisa BALAVOINE

Editeur : JC Lattès – Janvier 2018

Rentrée littéraire d’hiver

208 pages

 

« J’ai  l’impression qu’en me défaisant de mon ancienne peau, celle du dessous me correspond vraiment. Je gratte, je creuse, je fore.  Je cherche la transparence qui sera l’évidence ».

Comme bon nombre d’entre nous, sur la planète blogosphère, j’ai découvert Eparse, de Lisa Balavoine, magnifique premier roman grâce au bouche-à-oreille (je remercie bien sûr les deux amis qui se reconnaîtront sans aucun mal). J’ai très vite pressenti l’urgence de le lire.   Intuition féminine (infaillible donc) dirons-nous.  Ce qui fut fait.  Deux fois. Oui, il m’a fallu deux lectures pour le savourer pleinement, comme il le mérite. Pour mieux me nourrir de ces morceaux de vie épars, en friche, qui me ressemblent tant !

J’ai plongé dans cet océan d’instantanés posés là, simplement là. Sur du papier.  Avec cette impression de miroir, d’écho, de « mais c’est moi ! ». Avec ces larmes qui jaillissent , ces rires qui fusent (car ce roman est  également très drôle). Avec cette impression étrange qu’en partageant mes fragments, je me sentirais moins éparse.

« Il serait question d’aimer, il serait question de raconter. C’est ce qui se fait de nos jours, raconter. Mettre en mots. Encrer. Déverser. La sueur, la moelle, le sang. Le beau comme le sale.  Ce qui brûle là, au –dedans..  Une histoire qui se plante de trajectoire. Une histoire qui ne va pas tout droit ».

Lisa Balavoine a ceci de formidable , sa plume a ceci d’incroyable, d’artistique et de magique, c’est qu’elle fait de son quotidien le nôtre.  Les parents, les photos d’eux ensemble que l’on n’a pas ( les photos qu’on n’a pas tout court) , les amours, la maternité, les enfants qui grandissent, le travail, la « galère »  et puis pêle-mêle, la musique, le cinéma, les mots qui vont et qui viennent, le temps qui passe… La vie éparse et éparpillée. Parce qu’on n’y peut rien. Parce que c’est comme ça .. Et qu’on a beau gratter, et gratter, il faut faire avec … Ou sans…  La vie avec ses fractures, ses doutes, ses fêlures, ses désirs,  ses joies infinies. Avec cette soif d’amour, aussi grande que petite est la confiance en soi .

« Vous faites de cette quête l’essence même de ce que vous êtes, une petite fille qui a souffert de grandir toute seule dans le corps d’une femme qui veut croire qu’elle ne dépend de personne ».

Alors, pour conclure, parce qu’il faut bien, je dirai qu’Eparse a fait remonter en moi des moments anesthésiés, des cicatrices que je pensais enfouies sous la peau, des manques absolus et définitifs.  Mais aussi tous ces  morceaux disséminés qu’il ne faut après tout peut-être pas essayer de recoller  « Et de garder au fond de moi l’assurance qu’un jour, les regrets peuvent devenir de  doux  souvenirs ».  De toute façon, je n’ai jamais été la reine du puzzzle..

Au fil des pages, Lisa Balavoine, avec un talent fou, m’a permis de comprendre que chacun assemble après  tout comme il peut les morceaux du puzzle de sa vie .  De ses vies.   Sachant qu’on peut toujours être heureux.

Bon, je réalise que cette chronique est sans doute un peu brouillon… Un peu « éparse », mais elle est le fruit sincère d’une lecture bouleversante, puissante, passionnante.

Immense, immense coup de cœur donc, pour lequel je remercie l’autrice (moi aussi je me force à le dire et à l’écrire), et les Editions JC Lattès.

© Nath

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12 février 2018

Le poète de la semaine - Arthur RIMBAUD -

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Rêvé pour l'hiver  

L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose
          Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
          Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l'œil, pour ne point voir, par la glace,
          Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
          De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée...
Un petit baiser, comme une folle araignée,
          Te courra par le cou...

Et tu me diras : "Cherche !" en inclinant la tête,
— Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
          — Qui voyage beaucoup...

Arthur Rimbaud, 1870

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09 février 2018

Les médecins des camps de la mort - Hippocrate aux enfers - Michel CYMES -

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Hippocrate aux enfers

Michel CYMES

Editions Stock – Janvier 2015 –

Le Livre de Poche -  Janvier 2016 –

224 pages

 

Michel Cymes, dans ce document terrible et glaçant, revient sur les atrocités commises par les médecins et scientifiques dans les camps de la mort.

Au mépris du serment prêté, et qui implique pour le soignant d’être « au service des malades, se préservant de tout méfait volontaire et corrupteur ».

Il faut du courage,  oui, il en faut, pour tourner les pages d’Hippocrate aux enfers.  Il faut avoir le cœur bien accroché pour découvrir, là, sur le papier, ce que l’être humain supposé soigner et guérir est susceptible de faire à ses congénères réduits à l’état de cobayes.

Revenant sur le programme Aktion T4 (à ce sujet, je vous conseille la lecture d’Hadamar, d’Oriane Jeancourt Galignani), Michel Cymes, qui a perdu ses aïeux dans des camps de conce ntration, démontre la cruauté, l’absurdité et l’évidente inutilité de ces expériences immondes.

Il faut également savoir que l’opération Paperclip, organisée par les USA à la fin de la guerre, a permis à bon nombre de ces « médecins » et « scientifiques » d’échapper à la Justice, notamment aux procès de Nuremberg. Alors, où se situe la place pour un éventuel pardon ?

Hippocrate aux enfers est une lecture aussi abrupte que nécessaire. Un témoignage essentiel. Absolument essentiel !

J'ai lu ce document dans le cadre de mon partenariat avec le Livre de Poche, que je remercie vivement !

© Nath

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Le goût de la poésie amoureuse - Textes choisis et présentés par Franck MEDIONI -

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Le goût de la poésie amoureuse

Textes choisis et présentés par Franck MEDIONI

Editions Mercure de France

Collection Le Petit Mercure 

128 pages

Rentrée littéraire d'hiver

 

Amoureux de poésie, amoureux de l’Amour, ce joli petit recueil est fait pour toi.

Regroupant des textes – magnifiques- divisés en trois catégories (les anciens, les modernes, et les contemporains), voici un doux voyage au pays des mots.  Du Cantique des Cantiques à Anne Parian, de Lamartine à François Cheng, qu’il est doux de se laisser porter, transporter !

Chaque poème est précédé d’une biographie de l’auteur ,  ce qui permet de faire sa connaissance (j’avoue en avoir découvert un bon nombre)

Une douceur à feuilleter délicatement, jour après jour, car Amour et Poésie, sont, je pense, deux indispensables éléments à l’équilibre humain.

Je remercie les Editions Mercure de France pour ce cadeau enchanteur !

© Nath

 

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29 janvier 2018

Le poète de la semaine - François CHENG -

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Nous sommes clôture et finitude

Pourtant c'est entre nous 

Que sans fin jaillira 

Ce que la vie désire

de plus vaste

de plus haut

d'indéfiniment transmuable

Aimer c'est être

en avant de soi

Aimer c'est dire

"Tu ne mourras pas"'

 

François Cheng

Le long d'un amour

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24 janvier 2018

Survivre à la déchirure - L'amour après - Marceline LORIDAN-IVENS et Judith PERRIGNON

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.L’amour après

Marceline LORIDAN – IVENS

Judith PERRIGNON

Editions Grasset – Janvier 2018 –

162 pages

Rentrée littéraire d’hiver

 

« Je n’étais pas une gosse, j’avais tout compris du genre humain à quinze ans, pas une adulte non plus, j’avais si peu connu de la vie, j’étais un petit être farouche, hybride, souvent cassant, doté d’un penchant pour la mort et d’un redoutable instinct de survie».

Marceline Loridan-Ivens m’avait profondément bouleversée avec son témoignage sur l’horreur de la déportation, vécue alors qu’elle n’avait que quinze ans.*

La voici qui revient ( ô bonheur !), à nouveau main dans la main  avec  Judith Perrignon, pour un nouveau récit « L’amour après »

De ces deux mots « amour » et « après », on ne saurait dire lequel est le cœur de ce livre, tant les deux sont intimement liés.  En effet, comment se construire « après » une telle déchirure ?  Comment aimer, s’aimer, aimer ce corps bafoué et nié , ce corps « sec » ?  Comment se sentir libre à l’intérieur des barbelés que la vie pose forcément, chaque jour, ces barbelés invisibles qui succèdent à ceux des camps ?

Elle, Marceline Rozenberg, est revenue.  Elle, le numéro 78750, elle, la « fille de Birkenau », a survécu.

Plus de soixante-dix ans « après »  (toujours ce mot ! ), elle revient sur sa vie d’ensuite… Sur ses amours « après »…  Sur ses désirs, ses engagements, ses combats, sa Liberté « d’après ».

Elle, Marceline Loridan-Ivens, ouvre une vieille valise, et déballe sous nos yeux son contenu : des lettres, des photos, des souvenirs des hommes de sa vie…

Alors que l’obscurité l’enserre, elle, offre un récit éclatant de lumière, d’amour, et de liberté. Une liberté chevillée à ce corps avec qui elle a enfin fait la paix.

La voix de Marceline Loridan-Ivens, sa plume qui enlace celle de Judith Perrignon, sa verve, son humour, font de ce récit un bouleversant hymne à la Vie, tout en sensualité.  Sans tabou. 

J’ai été particulièrement touchée par le bel hommage à Simone Veil, sa « sœur » et par la sublime histoire d’amour avec Joris Ivens.

« Je me fous de mon âge. Ce sont les images de ma jeunesse qui m’affolent. J’ai vu la mort déjà.  Des images trop nettes, des corps et des corps. Je sais qu’on meurt seul….  Ma vie, c’était vraiment du rabe ».

Je remercie les Editions Grasset,  du fond du cœur.  

Je remercie Marceline Loridan-Ivens pour qui elle est.

Je remercie Judith Perrignon, journaliste de grand talent,  qui a contribué à me faire vivre, encore une fois, toutes ces émotions de mots.

© Nath

* « Et tu n’es pas revenu » Marceline Loridan-Ivens et Judith Perrignon ( Grasset : 2015 / Livre de Poche : 2016) . Grand Prix des Lectrices Elle 2015 (Documents)

23 janvier 2018

Je peux te croquer s'il te plaît ? - Pas poli ? - Alex SANDERS -

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Pas poli ?

Alex Sanders

Editions l’Ecole des Loisirs

Collection Loulou et Cie – Janvier 2018 –

 

Ce loup-là n’est vraiment pas poli !

Il dit des gros mots, parle la bouche pleine, entre sans frapper…

Dans ce délicieux album cartonné destiné aux tout-petits, Alex Sanders met en scène un loup qui fait tout ce qu’il ne faut pas faire quand on est un enfant poli…  Sous peine d’être croqué par le loup pas poli du tout … Avec humour comme toujours, voici un nouvel album paru à l’Ecole  des Loisirs (une maison d'édition que j'aime d'amour), parce que la  rentrée littéraire, ce n’est pas que pour les grands.

Le format cartonné permet aux très jeunes de se régaler, et d’acquérir, grâce aux illustrations et au format du texte, le goût de la lecture.  A conseiller donc de toute urgence,  à ceux qui ont déjà succombé aux péripéties de notre loup*, ou à ceux qui brûlent d’envie de faire sa connaissance. Croyez-moi, il le vaut bien !

Je remercie les Editions l’Ecole des Loisirs pour ce joli cadeau, qui a ravi l'amatrice de littérature jeunesse que je suis !

© Nath

* Pour retrouver notre loup, voici les titres des albums déjà parus :

- Pas de cadeaux à Noël ?

- Pas encore au dodo ?

- Pas faim ?

- Pas sage ?

- Pas peur ?

 

 

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17 janvier 2018

Ce qui vient, ce qui part - Une longue impatience - Gaëlle JOSSE -

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Une longue impatience

Gaëlle JOSSE

Editions Noir Sur Blanc – collection Notabilia-  Janvier 2018

192 pages

Rentrée littéraire d’hiver

 

« Ce soir, Louis n’est pas rentré. Je viens d’allumer les lampes dans le séjour, dans la cuisine, dans le couloir. Leur lumière chaude et dorée, celle qui accompagne la tombée du soir, si réconfortante, ne sert à rien. Elle n'éclaire qu’une absence ».

Il est certains romans  qu’on peine à chroniquer, tant l’apnée post-lecture vous enserre le cœur et vous noue le ventre. J’ai refermé « Une longue impatience », le dernier-né de Gaëlle Josse paru en cette belle rentrée littéraire aux Editions Noir sur Blanc, avec cette sensation-là, avec cet arrière-goût d’iode, de large, de vide, d’absence, d’éclipse. Avec ces émotions à fleur de peau, distillées au fil des pages.

Cette longue impatience, cette attente infinie, c’est celle d’Anne Quémeneur, depuis que son fils Louis, âgé de seize ans, n’est pas rentré, à la suite d’une énième altercation avec Etienne, son beau-père.

Alors, tous les jours, elle va guetter l’horizon, avec l’espoir que l’un des bateaux aperçus au loin le lui ramène. Saison après saison, année après année, elle gravira le chemin qui mène au point depuis lequel elle l’attend. Désespérément. Pour rester debout.

« Je m’invente des ancres pour rester amarrée à la vie, pour ne pas être emportée par les vents mauvais, je m’invente des poids pour tenir au sol et ne pas m’envoler, pour ne pas fondre, me dissoudre, me perdre »

Elle lui écrira des lettres poignantes, adressées à « Louis le Floch, loin en mer ». Elle l’attendra comme on attend un nouveau début.  Ou une fin.

« Lorsque tu reviendras,  ce sera une délivrance.  Oui, je serai délivrée, de tout, et heureuse, même si ce mot m’effraie à prononcer tant il est absolu »

 Elle continuera jour après jour, cheveux blancs  après cheveux noirs, à être la digne épouse d’Etienne, le pharmacien du village, qui l’aime tant. Qui l’aime peut-être mal.   Elle essuiera ses larmes et les sarcasmes des bien-pensants. Elle espèrera, déchirée et déchirante.

J’ai été bouleversée par ce roman, par cette histoire  de femme, de mère, par cette alternance entre un récit sombre et des lettres lumineuses. L’écriture de Gaëlle Josse  est, comme toujours, aussi belle que pudique,  aussi fine que sensible. C’est un très gros, un très beau coup de cœur, que je vous recommande vivement !

Je remercie les  Editions Noir sur Blanc  pour ce branle-bas émotionnel !

© Nath