Le Boudoir de Nath - Blog littéraire et culturel -

17 janvier 2018

Ce qui vient, ce qui part - Une longue impatience - Gaëlle JOSSE -

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Une longue impatience

Gaëlle JOSSE

Editions Noir Sur Blanc – collection Notabilia-  Janvier 2018

192 pages

Rentrée littéraire d’hiver

 

« Ce soir, Louis n’est pas rentré. Je viens d’allumer les lampes dans le séjour, dans la cuisine, dans le couloir. Leur lumière chaude et dorée, celle qui accompagne la tombée du soir, si réconfortante, ne sert à rien. Elle éclaire qu’une absence ».

Il est certains romans  qu’on peine à chroniquer, tant l’apnée post-lecture vous enserre le cœur et vous noue le ventre. J’ai refermé « Une longue impatience », le dernier-né de Gaëlle Josse paru en cette belle rentrée littéraire aux Editions Noir sur Blanc, avec cette sensation-là, avec cet arrière-goût d’iode, de large, de vide, d’absence, d’éclipse. Avec ces émotions à fleur de peau, distillées au fil des pages.

Cette longue impatience, cette attente infinie, c’est celle d’Anne Quémeneur, depuis que son fils Louis, âgé de seize ans, n’est pas rentré, à la suite d’une énième altercation avec Etienne, son beau-père.

Alors, tous les jours, elle va guetter l’horizon, avec l’espoir que l’un des bateaux aperçus au loin le lui ramène. Saison après saison, année après année, elle gravira le chemin qui mène au point depuis lequel elle l’attend. Désespérément. Pour rester debout.

« Je m’invente des ancres pour rester amarrée à la vie, pour ne pas être emportée par les vents mauvais, je m’invente des poids pour tenir au sol et ne pas m’envoler, pour ne pas fondre, me dissoudre, me perdre »

Elle lui écrira des lettres poignantes, adressées à « Louis le Floch, loin en mer ». Elle l’attendra comme on attend un nouveau début.  Ou une fin.

« Lorsque tu reviendras,  ce sera une délivrance.  Oui, je serai délivrée, de tout, et heureuse, même si ce mot m’effraie à prononcer tant il est absolu »

 Elle continuera jour après jour, cheveux blancs  après cheveux noirs, à être la digne épouse d’Etienne, le pharmacien du village, qui l’aime tant. Qui l’aime peut-être mal.   Elle essuiera ses larmes et les sarcasmes des bien-pensants. Elle espèrera, déchirée et déchirante.

J’ai été bouleversée par ce roman, par cette histoire  de femme, de mère, par cette alternance entre un récit sombre et des lettres lumineuses. L’écriture de Gaëlle Josse  est, comme toujours, aussi belle que pudique,  aussi fine que sensible. C’est un très gros, un très beau coup de cœur, que je vous recommande vivement !

Je remercie les  Editions Noir sur Blanc  pour ce branle-bas émotionnel !

© Nath

 


15 janvier 2018

Le poète de la semaine - Paul ELUARD -



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La terre est bleue comme une orange

 

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

 

Paul Eluard - 1929 -

 

 

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13 janvier 2018

#ReadingClassicsChallenge2018 - Michel Strogoff - Jules VERNE -

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Michel Strogoff

Jules VERNE

Parution originale – Décembre 1876 –

Livre de Poche – Octobre 1974 -

512 pages

 

C’est avec un très grand plaisir que j’ai  retrouvé Michel Strogoff, héros de mon enfance,  chef d’œuvre de Jules Verne,  à l occasion de ma participation au #ClassicsReadingChallenge2018.

Michel Strogoff, c’est une incroyable épopée. Celle d’un capitaine et courrier du Tsar,   chargé par celui-ci de relier Moscou à Irkoutsk, afin de prévenir le Grand-Duc son frère du soulèvement tartare qui menace la Sibérie.

Au-delà des descriptions des paysages, à couper le souffle , au-delà de celles des personnages qui prennent vie au fil des pages, Michel Strogoff est également une belle histoire d’amour (et de haine). On déteste l’affreux Ivan Ogareff, et  Sangare, la belle bohémienne.  On sourit avec les deux journalistes qui accompagnent Strogoff tout au long de son voyage.  On tremble pour Marfa, mère de Michel.  Et que dire de cette romance qui unit Michel et Nadia ?

La plume de Jules Verne est fabuleusement délicieuse, et fait de ce grand classique un incontournable absolu de la littérature. En outre, les illustrations de l’édition du Livre de Poche, fidèles à l’originale, sont splendides, ainsi que la couverture, qui rappellera sans doute à bon nombre d’entre nous d’excellents souvenirs.

Bref, vous l’aurez compris, j’aime beaucoup, beaucoup ce roman ! Alors, pour bien commencer l’année, un conseil : lisez-le !!

Morceaux choisis :

« Le héros, pourtant aveuglé par ses opposants, n'a pas renoncé à sa mission. quand le coeur est chargé d'amour et de fidélité, rien ne peut s'opposer à la volonté de l'Homme »

« La Russie asiatique ou Sibérie couvre une aire superficielle de cinq cent soixante mille lieues et compte environ deux millions d’habitants. Elle s’étend depuis les monts Ourals, qui la séparent de la Russie d’Europe, jusqu’au littoral de l’océan Pacifique. Au sud, c’est le Turkestan et l’empire chinois qui la délimitent suivant une frontière assez indéterminée ; au nord, c’est l’océan Glacial depuis la mer de Kara jusqu’au détroit de Behring »

© Nath

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10 janvier 2018

Un regard sur le monde - Et vous avez eu beau temps ? - Philippe DELERM -

 

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Et vous avez eu beau temps ?

( La perfidie ordinaire des petites phrases)

Philippe DELERM

Editions Seuil - Janvier 2018 -

Rentrée littéraire d’hiver

 

« L’homme est un animal singulier. Il a reçu le don de la parole mais l’abrite souvent sous des précautions oratoires plus ou moins subtiles ».

C’est toujours un vrai bonheur de retrouver la plume de Philippe Delerm. Ce fut un bonheur plus grand encore de partager un joli moment avec lui, autour de son dernier bijou « Et vous avez eu beau temps », paru aux Editions Seuil, en ce tout début d’année.

Comme à l’accoutumée, Delerm se saisit du quotidien pour en faire un miroir, celui de chacun de nous. Avec nos petites phrases, parfois assassines. Avec ces mots maintes fois entendus et prononcés, reconnaissons-le humblement («Je reviens vers vous », «ça n’ira pas plus bas », « Et vous avez eu beau temps ? »).  Avec cette perfidie ô combien humaine qui a au moins le mérite d’avoir donné naissance à ce recueil de textes courts, dont ils font tout le sel.  Le « j’dis ça, j’dis rien » est particulièrement succulent !

Et puis, il y a cette immense tendresse.   Cette grande générosité. La « patte Delerm ». Celle qui fait qu’on l’aime tant. Celle qui fait qu’on se reconnaît et qu’on se ressource dans ses écrits. Cette dimension bienveillante sous le sarcasme apparent. Cette capacité à s’émerveiller de ces mille et un petits riens du quotidien. Ce regard inouï sur le Monde.

Pour tout cela, pour cette chanson-cadeau de Souchon, merci Monsieur Delerm !

Un immense, immense merci à Anne et Arnaud, pour ce moment magique et inoubliable.

« Tu es content. Moi je vis avec toi, nous sommes heureux ensemble, c’est ça l’essentiel. Le temps perdu ne se rattrape pas. Cette arrière-saison est belle. Ce serait un peu dommage de la passer dans les trains et les rendez-vous professionnels. Il ne reste peut-être pas d’arrière-saison si belle à partager ? Mais moi je ne te demande pas de sacrifice. Simplement, je te donne un petit signal. Maintenant cela suffit je crois, c’est sans doute le bon moment pour revenir à toi, à nous, à la vraie vie. Cela veut dire je t’aime ».

© Nath

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07 janvier 2018

Les putes voilées n'iront jamais au paradis - Chahdortt DJAVANN

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Les putes voilées n’iront jamais au paradis

Chahdortt DJAVANN

Editions Grasset –Avril 2016 –

Livre de Poche – Septembre 2017 –

 

« D'outre-tombe. Je vais nommer ces prostituées, assassinées dans l'anonymat, leur donner la parole pour qu'elles nous racontent leur histoire, leur vie, leur passé, leurs sentiments, leurs douleurs, leurs doutes, leurs souffrances, leurs révoltes, leurs joies aussi. Certaines ont été assassinées sans que nul ne déclare leur disparition, sans que nul ne réclame leur corps ou pleure leur mort ».

Chahdortt DJAVANN donne la parole à des femmes iraniennes…  Des prostituées.  Voix muselées qu’il était temps de faire entendre au Monde entier.  Corps meurtris, qui ne  leur appartiennent plus.   Corps battus et abattus, jetés dans le caniveau.

A travers l’histoire de Soudabeh et Zahra, amies d’enfance qui n’ont eu d’autre tort que de naître belles, mariées de force à douze ans, mères et veuves très rapidement, et contraintes à la prostitution pour survivre , l’auteure brosse un portrait cru et sans concession aucune (mais faut-il en faire ?) d’une société murée et claustrée par l’hypocrisie d’un régime totalitariste.  Ces femmes assassinées, lapidées, violées,  massacrées,  sortent enfin du silence. Trop tard pour elles.   

La langue est crue, abrupte, dérangeante parfois.   Violente souvent.   Elle secoue, elle éveille, elle réveille. Elle dit, elle crie.  Elle interpelle.  Et il est impossible de refermer ce livre en faisant comme si on ne savait pas.  Là est tout le mérite, tout le courage de Chahdortt DJAVANN. Car du courage, il en faut pour dénoncer la charia, surtout quand on est femme, plus encore quand on est iranienne.

Les putes voilées n’iront jamais au paradis est une lecture nécessaire.  De celles qui vous mettent en colère.   De celles qui dénoncent.  Et je pense qu’il nous appartient, à notre petite échelle occidentale,  française, de faire circuler cette parole.   Au nom des Femmes. Au nom de la Liberté.

" C’est pas ironique ça ? Une république islamique avec tant de gardiens de la morale et tant de putes ! Tout se fait en catimini, sous le tchador, sous le voile, sous le foulard. Les gens sont devenus menteurs, tricheurs, voleurs, violeurs, vils, charlatans… Les charlatans, eux, sont promis à un avenir radieux.  Peut-être que partout c’est comme ça, mais ici tout est pourri. Interrogez n’importe qui dans la rue, il vous dira la même chose".

© Nath

Lecture faite dans le cadre de mon partenariat avec le Livre de Poche, que je remercie !

 



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Dix ans de liberté - Natascha KAMPUSCH

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10 ans de liberté

Natascha KAMPUSCH

Editions JC Lattès – Octobre 2016 –

Livre de Poche – Août 2017 –

 

Dix ans après son évasion dont tout le monde se souvient (enfin, je pense), Natascha Kampusch reprend la plume*, espérant cette fois tourner enfin la page à ce  terrible pan de vie qui fut le sien pendant 3096 jours.

Ici, elle témoigne de l’après.  Cet «après » si compliqué, si lourd à porter, si difficile à gérer. Alors qu’elle pensait retrouver un monde fait de « gentils » , elle s’aperçoit que tout n’est pas si simple.  Que le fossé entre l’enfant qu’elle était et l’adulte qu’elle a dû devenir très vite dès la fin de sa captivité, est immense. Et noir. Et sombre.

Alors qu’elle peine pour pouvoir se (re)construire sereinement, elle est harcelée,  et doit faire face aux rumeurs les plus folles. Et oui, elle ne fait pas assez  « victime » !   Bien sûr, il y a tous ces gens bienveillants, mais il y a aussi cette masse qui projette sur elle ses propres fantasmes…

Parce qu’il faut voir connu le pouvoir de l’emprise sur soi, parce que toutes les prisons n’ont pas de barreaux, parce que juger est décidément facile (compatir l’est bien moins), j’ai été touchée par ce témoignage.

J’ai fait cette lecture dans le cadre de mon partenariat avec le Livre de Poche, que je remercie !

© Nath

*3096 jours -  Natascha Kampusch – Editions JC Lattès

 

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06 janvier 2018

Des fidélités silencieuses - Les loyautés - Delphine de VIGAN

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Les loyautés

Delphine de VIGAN

Editions JC Lattès – Janvier 2018 –

Rentrée littéraire d’hiver

208 pages

 

Comme beaucoup d’entre nous je pense, je l’attendais impatiemment, ce nouveau cru…  Mes attentes n’ont pas été déçues , car ce tout dernier roman de Delphine de Vigan est pour moi un énorme, énorme coup de cœur .

« Les loyautés…   Ce sont des liens invisibles qui nous attachent aux autres, ce sont des promesses que nous avons murmurées et dont nous ignorons l’écho, des fidélités silencieuses…  Ce sont les lois de l’enfance qui sommeillent à l’intérieur de nos corps, les valeurs au nom desquelles nous tenons droits… Nos ailes et nos carcans…   Ce sont les tremplins sur lesquels nos forces se déploient et les tranchées dans lesquelles nous enterrons nos rêves ».

Dans ce récit choral (forme que j’apprécie tout particulièrement), quatre personnages se croisent, se livrent, ouvrent les vannes et les valves de leurs cœurs, de leurs vies,  de leurs blessures.

Les voix de deux adultes et de deux enfants alternent, et c’est le souffle coupé que j’ai suivi leurs déambulations obscures.

Il y a Hélène, professeur dans un collège.  Une femme au parcours accidenté et douloureux. Une âme  à vif, de celles qui savent voir l’invisible, ces cicatrices cachées,  qui savent entendre les maux tus. 

« Je suis la seule à voir ses blessures, à voir qu’il saigne ».

Il y a Théo… Théo, douze ans et demi, déchiré en dedans, tiraillé entre une mère qui l’ignore et un père qui s’ignore.   Théo qui s’auto détruit, qui s’abîme dans une abîme dont personne ne parvient à l’extirper,  pas même Mathis, son meilleur ami (le seul d’ailleurs). 

Mathis est le témoin «partie prenante » de cette descente aux enfers.  Un gamin lui aussi en souffrance. 

« Ils n’ont pas eu besoin de parler pour savoir qu’ils pouvaient s’entendre ».

Fils de Cécile, mère et épouse dévouée,  qui prend enfin la parole pour dérouler au fil des pages le récit de son propre naufrage, de sa prise de conscience, de son effroi  face à la fissure qui lézarde la façade de son bonheur presque parfait.

« Chacun de nous abrite-t-il quelque chose d’innommable susceptible de se révéler un jour , comme une encre sale, antipathique, se révèlerait  sous la chaleur de la flamme ?».

Les quatre voix  (Hélène,  Théo, Cécile et Mathis)  vont se succéder ,  dans une spirale sombre, laissant peu de place à la lumière.  Seules les deux femmes, les deux adultes,  s’expriment en leurs noms propres, avec le « Je ».   Théo et Mathis sont « Il»…. Une troisième personne qui souligne leur inexistence, cette souffrance absconse en filigrane.

Ce roman est court, mais d’une puissance intense,  du début à la fin , totalement effroyable : un coup de cœur, un séisme émotionnel, une claque magistrale..  Les thèmes abordés  (la maltraitance envers les enfants, comment se construire sur des fondations délabrées, jusqu'où peut-on se taire, et s'impliquer, la relation parents/enfants déviante, le long chemin vers soi) m'ont bouleversée. Vraiment. Beaucoup !

Je remercie vivement les Editions JC Lattès qui m’ont permis de le découvrir avant sa parution.

© Nath

26 décembre 2017

Bouleversant et lumineux - Le parfum de l'hellébore - Cathy BONIDAN -

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Le parfum de l’hellébore

Cathy BONIDAN

Editions de la Martinière – Janvier 2017 –

 

Connaissez-vous le parfum de l’hellébore, cette fleur dont on pensait qu’elle soignait la folie ?           

C’est aussi le titre d’un roman…  Une pépite signée Cathy Bonidan. Une merveille que je viens de refermer, des étoiles plein les yeux. Un premier roman comme je les aime, tout en délicatesse et sensibilité, tout en lumière et pénombre…

Une histoire dédiée à «tous les enfants qui décrivent le monde dans la marge de leurs cahiers » ne pouvait que me séduire, vous vous en doutez…  Cela a été au-delà de toutes mes espérances, j’ai été profondément émue par cette lecture,  et j’ai eu bien du mal à quitter les personnages qui m’ont accompagnée ces jours derniers.

Dans sa première partie, « Le parfum de l’hellébore » met en présence deux jeunes filles, Anne  (18 ans) et  Béatrice (13 ans) .  Nous  sommes alors en 1956, et toutes deux se retrouvent, pour des raisons différentes dans un hôpital psychiatrique parisien.   Toutes deux ont un rapport étroit à l’écriture, puisque nous découvrons la première par l’entremise de ses échanges épistolaires avec sa meilleure amie, et la seconde grâce à son journal intime.  Cette relation à l'écrit va les rapprocher, et c’est également ensemble qu’elles vont découvrir le quotidien d’un enfant autiste, Gilles, lui-même hébergé dans cet établissement, ainsi que son étrange relation avec Serge, le jardinier de l’établissement, seul adulte accepté par celui qui les intrigue tant.  C’est avec une grande émotion que l’on découvre ces mots, c’est avec stupeur que l’on aborde le sujet de la prise en charge des adolescents anorexiques et des enfants autistes il y a plus d’un demi-siècle, alors même que cette prise en charge était balbutiante. Le journal et les lettres cessent brusquement, après 9 mois et c’est avec une certaine tristesse que l’on quitte Anne, Béatrice, Serge et Gilles.

Soixante ans plus tard…  Sophie, une jeune étudiante , retrouve, par le fruit du hasard, leurs traces, et part à leur recherche.   L’ombre de chacun, de chacune, plane délicieusement sur cette seconde partie , très différente de la première dans sa forme, mais tout aussi prenante et émouvante.  D’un mode épistolaire, on passe à une écriture plus vive, plus actuelle, mais tout  aussi addictive,  tant et si bien qu’il est impossible de refermer ce roman avant d’en  découvrir  les derniers mots.

La plume de Cathy Bonidan est lumineuse,  touchante par sa simplicité, sa beauté et sa pudeur.  J’ai été sensible aux divers sujets abordés, notamment cette vision de l’autisme,  et ce regard si singulier sur l’enfant qui en est atteint.  J’ai aimé ces jeunes filles, qui n’ont  d’autres armes que leurs écrits et leurs sensibilités propres pour faire face à une société encore rétive à l’émancipation des femmes.

Coup de cœur donc , pour ce beau premier roman et un merci tout particulier à ma médiathécaire, une fois encore à l’origine d’un beau , d’un doux moment.

« Ici, ma chère Lizzie, la démence a pénétré chaque âme qui erre au milieu du parc comme à la porte de l’enfer. Le regard des adolescents est marqué par la condamnation qu’ils ont reçue,  cette sentence que personne ne pourra effacer, même à vivre encore cent ans ».

© Nath

25 décembre 2017

Le poète de la semaine - Robert DESNOS

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 Il était une feuille

 

Il était une feuille avec ses lignes

Ligne de vie

Ligne de chance

Ligne de coeur.

Il était une branche au bout de la feuille

Ligne fourchue signe de vie

Signe de chance

Signe de coeur. 

Il était un arbre au bout de la branche 

Un arbre digne de vie 

Digne de chance

Digne de coeur.

Coeur gravé, percé, transpercé,

Un arbre que nul jamais ne vit. 

Il était des racines au bout de l'arbre

Racines vignes de vie.

Vignes de chance

Vignes de coeur.

Au bout des racines il était la terre

La terre tout court

La terre toute ronde

La terre toute seule au travers du ciel

La terre.

  

      Robert Desnos, 1900 - 1945, Fortunes, 1942

 

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24 décembre 2017

Blog en vacances

Chers toutes et tous,

 

Dès mardi, Le Boudoir de Nath va prendre des vacances (bien méritées).

 

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Je vais en profiter pour faire connaissance avec une petite partie de la Rentrée d'Hiver, qui s'annonce belle !  Un immense merci aux maisons d'édtion bien sûr !

 

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Au programme également, mon tout premier roman du #ReadingClassicsChallenge2018 (que je vous invite à découvrir ici ) et finir de lire quelques pépites inachevées.

 

Belles fêtes à toutes et tous et à l'année prochaine ici-même ...

Nath

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