Le Boudoir de Nath - Blog littéraire et culturel -

24 septembre 2018

Le poème de la semaine - Louis ARAGON

 

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Elsa au miroir

C'était au beau milieu de notre tragédie
Et pendant un long jour assise à son miroir
Elle peignait ses cheveux d'or je croyais voir
Ses patientes mains calmer un incendie
C'était au beau milieu de notre tragédie

Et pendant un long jour assise à son miroir
Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit
C'était au beau milieu de notre tragédie
Qu'elle jouait un air de harpe sans y croire
Pendant tout ce long jour assise a son miroir

Elle peignait ses cheveux d'or et j'aurais dit
Qu'elle martyrisait à plaisir sa mémoire
Pendant tout ce long jour assise à son miroir
A ranimer les fleurs sans fin de l'incendie
Sans dire ce qu'un autre à sa place aurait dit

Elle martyrisait à plaisir sa mémoire
C'était au bon milieu de notre tragédie
Le monde ressemblait à ce miroir maudit
Le peigne partageait les feux de cette moire
Et ces feux éclairaient des coins de ma mémoire 

C'était au beau milieu de notre tragédie
Comme dans la semaine est assis le jeudi

Et pendant un long jour assise à sa mémoire
Elle voyait au loin mourir dans son miroir
Un à un les acteurs de notre tragédie
Et qui sont les meilleurs de ce monde maudit

Et vous savez leurs noms sans que je leur aie dit
Et signifient les flammes des longs soirs
Et ses cheveux dorés quand elle vient s'asseoir
Et peigner sans rien dire un reflet d'incendie

Louis Aragon

 

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21 septembre 2018

Rester n'empêche pas de partir - Trancher - Amélie CORDONNIER

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Trancher

Amélie CORDONNIER

Editions  Flammarion – Août 2018

Rentrée littéraire 2018

 

Tu refermes le livre, et te voilà sonnée. KO. Au tapis.  Tu t’es tant retrouvée dans ce roman-là.  Tu as senti  tes cicatrices s’ouvrir, portes béantes d’un infini que tu pensais clos.

Alors, tu lui as tenu la main. A Elle.

Elle qui n’a pas de nom. Pas de prénom. Pas d’identité.  Ombre écrasée sous les pas du colosse qui la brise.  Elle est « tu », parce qu’elle pourrait être chacune d’entre vous, d’entre nous.

Elle subit  la violence  d’Aurélien, son époux.  Elle ploie sous les insultes, celles qui tombent, lapidaires, comme  « des rasoirs qui entaillent la peau ».

Elle se tait, et note, jour après jour, les chapelets immondes qui jaillissent de sa bouche à lui, cette bouche qu’elle a tant aimée, qu’elle aime peut-être encore tant ( ?).

« Ce garçon que tu as aimé si fort, et que tu voudrais aimer encore , ce garçon que tu rêves de sauver alors qu’il te détruit . »

Alors,  elle décide de « trancher ».  Pour son quarantième anniversaire, un certain 3 janvier, elle partira.  Elle le quittera, elle mettra un terme à cette relation destructrice, cyclone qui ravage tout sur son passage : leur amour, leur famille, leurs enfants, leurs âmes.

« Tu sais qu’on peut tromper l’attente. Et même tromper la mort.  Mais pas l’amour. On peut mourir d’amour, mais pas le tromper »

Ce roman, le premier , mais pas le dernier, tu  le souhaites vivement, d’Amélie Cordonnier, paru aux Editions Flammarion, décrit avec une infinie justesse la difficulté de trancher, l’ambivalence et les méandres du sentiment amoureux." Trancher " met à jour l’abomination de la violence conjugale sous un angle particulièrement intéressant. Le ton est juste, le sentiment d’oppression est permanent,  on est  pris dans une course éperdue (et perdue ?) d’un bout à l’autre de l’histoire.

En dépit de sa noirceur et du thème que tu redoutais tant, cette lecture est pour toi un coup de cœur…    Paradoxe, quand tu nous tiens !

© Nath

 

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20 septembre 2018

Le Paris de la Passion - Jacky KOOKEN et Monique AYOUN

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Le Paris de la Passion

Jacky KOOKEN et Monique AYOUN

Editions Evidence

296 pages

 

Amis amoureux es Arts, amis amoureux de Paris, ce livre-là est fait pour vous ( mais pour les autres aussi !)  Taillé, ou plutôt sculpté,  sur mesure…

C’est un beau roman d’amitié tout d’abord. Celle qui lie Pierre à Jacky, deux artistes, chacun dans son domaine,  chacun à sa façon, deux trublions qui livrent au fil des pages moult péripéties et nous font partager une foultitude d’aventures.   

L’humour côtoie l’amour, la désespérance, l’errance, la joie .  C’est la bohème..    C’est Paris, un Paris lumineux,  celui des nuits blanches, celui des petits matins qui voit la ville s’éveiller.   

L’Art domine la lecture, et quel  bonheur de croiser Modigliani, de l’imaginer filant à la cloche de bois, bradant cinq de ses toiles,  jetant même l’une d’elles par la fenêtre.   Que dire du  chapitre concernant le vernissage de Jeff Koons et ses gags artistiques ?

L’approche du milieu artistique et créatif est présentée depuis l’intérieur, ce qui donne cette impression d’y être. Pour de bon . 

« Pour créer, il faut se sentir Dieu et y croire ».

Le Paris de la Passion, c’est aussi celui des femmes que Jacky et Pierre vont croiser.  Amantes, amies, elles sont indissociables du récit.  D’Irina à Tatiana,  de Françoise à Bernadette , de St Germain des Prés à Belleville, vous allez faire un incroyable voyage.

Je remercie les auteurs pour cette belle découverte (et en plus ils sont très très sympas !)

© Nath

 

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19 septembre 2018

Forum Fnac Livres, Edition 2018

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Forum Fnac Livres

Edition 2018

 

C'était le week-end dernier (14, 15 et  16 septembre).  C'était en plein coeur de Paris, à la Halle des Blancs-Manteaux.  C'était le Forum Fnac Livres, 3e édition... Et c'était bien.

Imaginez plus de cent auteurs, réunis en un même endroit (il m'est impoissible de les citer tous , vous vous en doutez ! ).  Imaginez des débats passionnants , des rencontres palpitantes.. 

Imaginez ces sensations, ces émotions , car chaque livre est, j'en suis convaincue, porteur de sensations, de vibrations, de magie (celle des mots).

J'ai eu la chance d'assister à de grands et beaux moments, qui resteront gravés dans mon coeur.  C'est ça aussi la lecture : le partage des larmes, des rires, de tous ces ressentis qu'eux, les auteurs, ont fait naître en nous.  

Je commencerai par (re) dire un grand, grand, grand BRAVO à Adeline Dieudonné, lauréate du Roman cette année, pour "La vraie vie" (coup de coeur pour moi), paru aux Editions de l'Iconoclaste .  

Je voudrais vous parler , avec des mots , de la magie de certaines rencontres, entre auteurs et lecteurs (et blogueurs), mais c'était si beau, si fort, et  si intense, que je crois que ce serait trahir l'instant que de vouloir le verbaliser.

Alors, je me contenterai de remercier les organisateurs, tous les organisateurs, qui ont permis à cette troisième édition d'atteindre l'excellence.  Un immense merci aux auteurs , aux éditeurs, aux libraires, aux amis blogueurs, à la Vie pour ces instants de pur bonheur.

Et à l'année prochaine, parce que bien sûr, on remet ça en 2019 !

Nath

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18 septembre 2018

Déambulations au gré du vent - Presque une nuit d'été - Thi Thu

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Presque une nuit d’été

THI THU

Editions Rivages – Août 2018

Rentrée littéraire

 

Déambulations aurait pu être le titre de ce tout premier roman de Thi Thu, par aux Editions Rivages, en cette rentrée littéraire 2018.

Nous y retrouvons une jeune femme , la narratrice, qui se promène au hasard des rues, au hasard du temps, son appareil photo en bandoulière, dans l’attente du moment suspendu qu’elle va saisir, cette minute solaire que l’on voudrait voir s’éterniser.

Elle aime aller au devant des gens, des regards, des âmes, et c’est ainsi que nous partageons ses rencontres,  ses histoires. Celles qu’elle nous raconte au fil des pages, au fil des images, au fil des rues.

Le vent porte la musique des mots,  tout comme il caresse l’amour, l’absence, l’amitié, l’attente,  les creux et les vagues de la vie.

Véritable plongée onirique ,  Presque une nuit d’été  est un joli roman qu’il est doux de parcourir.

La générosité de l’autrice, son empathie, son amour de la vie, viennent se heurter à ses interrogations , ses désillusions, ses espoirs.

" L’humanité, c’est l’armée de la déception et, pourtant, je la trouve belle à toujours espérer mieux malgré les crève-cœur qu’elle se mange".

Certes, on peut parfois avoir l’impression de se perdre dans cette sorte de labyrinthe de pensées enchevêtrées,  mais la lumière surgit toujours. 

« Le rai de lumière du réverbère dévoilait mes yeux, flous et humides, troublés par le vent qui me glaçait le visage . J’étais consciente du mirage qu’engendrait mon attente, de la tristesse absurde de cette scène, mais comme l’enfant défie le destin par des jeux ridicules auxquels il confie son avenir –  « si je lance la boule de papier dans la poubelle,  j’aurai une bonne note à mon examen », allant parfois jusqu’à parier sa vie – je m’accrochais à la certitude que j’avais un pouvoir sur le monde ».

© Nath

 

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17 septembre 2018

Le poème du lundi - Poésie persane -Ghazels

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CLAIR DE LUNE

La lune bleuit le jardin et, dans l’ombre, Zeineh rêve. Elle est accroupie tout au bord du ruisseau limpide, un jasmin aux lèvres, l’âme resplendissante d’amour. Chaque battement de son cœur scande le nom du bien-aimé et la chanson de l’eau le lui répète. Zeineh sourit ; la fleur de jasmin palpite.

L’heure s’écoule. Le jardin bleuit davantage. La lune a quitté le palmier dentelé et glisse derrière la colline ; un rossignol prélude ; ses notes énamourées s’égrènent une à une dans la nuit écouteuse.

Zeineh lève le visage et rit.

Mais la fleur de jasmin s’est échappée de ses lèvres. Elle est recueillie par le ruisseau où ne se mire plus la lune.

Zeineh tressaille. Son regard cherche les pétales tombés au fil du courant. Mais le courant a emporté la fleur de jasmin et, là-bas, la grenouille mélancolique semble pleurer une joie évanouie.

La fleur de jasmin est loin ; elle parfume l’eau fuyante.

Dans le cœur de Zeineh plus rien, que le souvenir du parfum.

 

Poème anonyme , extrait du recueil Ghazels.

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13 septembre 2018

Coup de coeur - La vraie vie - Adeline DIEUDONNE

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La vraie vie

Adeline DIEUDONNE

Editions de l’Iconoclaste – Août 2018

Rentrée littéraire 2018

 

« Vous savez, il  y a des gens qui vont vous assombrir le ciel, qui vont vous voler la joie , qui vont s’asseoir sur vos épaules pour vous empêcher de voler… Ceux-là, laissez-les loin da me vous ».

La vraie vie, d’Adeline Dieudonné, est le premier roman de l’autrice, et il est paru aux Editions de l’Iconoclaste (que j’aime beaucoup, beaucoup).   Il fait partie de ces histoires que vous vous prenez en pleine face, de ces uppercuts littéraires qu’il vous semble impossible de chroniquer, tant vos tripes vous font mal, tant vous vous retrouvez K.O sur le tapis.

D’entrée de jeu, Adeline Dieudonné nous entraîne dans une ville triste, un quartier gris, un lieu digne des Enfers, tant tout y est morbide et pesant.  Tout depuis la violence paternelle, le silence maternel, jusqu’à l’accident qui devient pivot de l’histoire. 

L’anonymat de l’héroïne, qui restera « je » tout au long des pages, vient s’opposer à la mise en nom du frère,  Gilles, ce petit frangin qu’elle aime tant et pour qui elle rêve de remonter le temps afin de tout gommer, et de « retrouver son petit frère. Et son sourire avec toutes ses dents de lait ». Le père et la mère restent eux aussi abstraits, le désamour est père du silence. Elle a onze ans au début du roman, lui en a sept.   Ce « je » va peu à peu prendre ampleur, grandeur, lumière, force et vie, sur un long chemin jalonné de haine, de bassesses, de la mort, dont l’odeur vous saisit les narines.  Le père est une brute immonde, il aime le sang comme d’autres aiment la vie. La mère, transparente telle une « amibe » aime ses biquettes.  Elle se tait et subit.

Autour d’elle, gravite la Peur.  Avec une majuscule. Celle qui vous cloue sur place, qui vous coule tout au fond de cet enfer qu’elle refuse.  Autour d’elle, il y a surtout la hyène, celle qui ricane quand le sang coule, celle qui s’est emparée du cerveau de Gilles, celle contre laquelle elle va créer un rempart protecteur.

« La hyène a ri en me déchiquetant les tripes… »

Autour d’elle, il y a aussi le Champion, la Plume, le Professeur Pavlovic et Yaëlle, avec son masque blanc, et sa douleur cicatricielle.

Il y a cette héroïne qui devenue jeune fille, décide que personne ne décidera de son sort,

« Une créature beaucoup plus grande que moi a poussé. Dans mon ventre…  Je voulais rester vivante.  Vraiment vivante. Avec des émotions. »

La vraie vie est un roman d’une incroyable justesse, qui traite avec intelligence, finesse et talent des séquelles que le désamour peut engendrer.  L’écriture est poussée au paroxysme du superbe, en dépit du drame qui en constitue la trame. Il est pour moi la somme de toutes nos peurs  :  la mort, la violence, la haine, le temps qui passe et sur lequel personne n'a prise.

J’ai fait cette lecture le souffle court, la rage au cœur et au ventre.  J’ai dû reposer le livre plusieurs fois, envahie par la colère, assaillie par des images indescriptibles par de simples mots.

« A partir de ce moment-là, ma vie ne m’est plus apparue que comme une branche ratée de la réalité, un brouillon destiné à être réécrit, et tout m’a semblé plus supportable ».

Gros coup de cœur donc, vous l’aurez deviné, que je vous incite vivement à découvrir !

© Nath

 

11 septembre 2018

La geisha et le joueur de banjo - Les portraits sonores du docteur Léon Azoulay - Jérôme Hallier

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Les portraits sonores du docteur Léon Azoulay
Jérôme HALLIER
Editions Flammarion / Versilio - Mai 2018
236 pages

 

Paris, 1900 : l’Exposition Universelle se prépare, événement attendu, symbole d’un nouveau siècle, aussi espéré que redouté.

Le Docteur Léon Azoulay décide de concrétiser une folle idée : rassembler différents sons, venus du monde entier, afin de laisser une trace aux générations futures. C’est l’époque du début des gramophones, vous savez ces trucs avec une sorte d’énorme cornet, ancêtres lointains du lecteur CD…
Ce projet totalement utopique est bien sûr, dans un premier temps, rejeté par ses pairs, qui n’en voient pas l’utilité. Mais à force de persuasion, le Docteur Azoulay parvient à les convaincre.

Parallèlement à cette histoire (vraie), le lecteur suit les itinéraires de personnalités totalement improbables, totalement atypiques, aux antipodes géographiques, sociales et ethnologiques, telles que O-miya, geisha fée de shamisen (un instrument de musique japonais, proche du luth) et Tommy, ouvrier américain, joueur de banjo.

« Tommy n’avait aucune idée de l’identité de la jeune femme qu’il avait secourue. Leurs regards s’étaient croisés un instant, puis elle avait perdu connaissance ».

L’auteur nous fait voyager, des Appalaches , de Kyoto, à Paris. Celui d’il y a un peu plus de cent ans. Les descriptions, notamment, celle du pont Alexandre III, sont magnifiques.

La poésie et la musique s’unissent , accompagnées d’une écriture fluide.
Un joli premier roman, extrêmement bien documenté (ce qui n’est pas étonnant lorsque l’on découvre la biographie de l’auteur qui …parle japonais et… joue du banjo). La couverture, est, de surcroît, de toute splendeur.

« O-Miya caresse les cordes du shamisen avec son plectre. Tommy effleure les cordes du banjo avec ses ongles. Le shamisen pleure, le banjo sourit. Etoile du Nord console Mille Larmes »


© Nath

10 septembre 2018

Le poète de la semaine - Jacques PREVERT

 

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Barbara

 

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert, Paroles

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06 septembre 2018

C'est la rentrée ! L'école des souris - Une rentrée en canoë - Agnès MATHIEU-DAUDE & Marc BOUTAVANT

 

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L’école des souris

Une rentrée en canoë

Agnès MATHIEU-DAUDE & Marc BOUTAVANT

Editions Ecole des Loisirs – Collection Mouche

Littérature Jeunesse

 

Elvis est un hibou solitaire. A contrario de son célèbre ancêtre, le terrible Enguerrand, il ne se nourrit pas de souris  mais… d’escargots ! Il apprécie la compagnie des souricettes, mais par-dessus tout , il apprécie le calme, peu compatible avec les petits cris de celles-ci.

Constatant que les humains, pour avoir la paix, lire le journal ou remplir leur herbier, envoient leurs enfants à l’école, Elvis décide de devenir…directeur d’école et de créer la première l’école des souris, qu’il installe dans son grenier.

« …Alors, il se dit que le mieux, c’était d’être directeur d’école. Il n’avait jamais vu de directeur d’école. Ceux-là, ils devaient  se cacher dans leur bureau, pas loin des élèves, mais tranquilles avec le journal ou les herbiers ou la sieste. Une solution idéale. L’école des souris a donc ouvert un matin de septembre, comme de coutume chez les humains ».

Ce court roman jeunesse (47 pages jubilatoires) nous fait découvrir avec humour et tendresse les (més) aventures de ce brave Elvis, mais aussi d’Emma, charmante belette et de souriceaux un tantinet dissipés qui ont pris eux aussi , le chemin de l’école.

C’est une jolie lecture pour les petits écoliers, un joli conte servi pas des illustrations magnifiques !

Coup de cœur en cette période tristounette de fin de vacances pour cette histoire qui met l’enfant et l’adulte dans le « bain », avec délicatesse (j’ai adoré la construction du canoë).

© Nath

 

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