Le Boudoir de Nath - Blog littéraire et culturel -

18 novembre 2017

30e Edition du Prix Goncourt des Lycéens

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Prix Goncourt des Lycéens 2017

 

Dans le flot des prix littéraires de novembre, il y en a un que j’aime tout particulièrement, c’est le Goncourt des Lycéens . D’abord, parce qu’il se situe en dehors de toute supputation de collusions, et puis par-dessus-tout parce que des jeunes qui lisent, qui écrivent, qui transmettent, qui partagent, c’est inestimable pour la culture.

Chaque année, début septembre, l’Académie Goncourt dévoile la première sélection des romans en compétition pour le  prix éponyme, et le coup d’envoi du Goncourt des Lycéens.  Celui-ci donne l’opportunité à plus de 2000 élèves de se plonger dans une lecture passionnée et d’élire leur lauréat, parmi les auteurs sélectionnés.  Ce prix est organisé conjointement par le ministère de l’Education Nationale et la Fnac.

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Cette année, les lycéens ont choisi d’élire….(roulement de tambours) : ALICE ZENITER  pour son roman « l’Art de perdre ».

La cérémonie de remise du prix était organisée le 16 novembre et j’ai eu la chance d’ y être invitée  grâce à une amie blogueuse.

Monsieur Tahar Ben Jelloun a prononcé un discours émouvant, rappelant les heures noires de la guerre d’Algérie ,  précisant que tout n’était alors pas si simples…Que tout ne l’est toujours pas. ..Mais que la vie continue…Que l’on est encore et toujours en mouvement…

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L’auteure, au bord des larmes,  a reçu son prix  des mains des lycéens.

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Merci à l’amie qui m’a permis de vivre ce grand et beau moment , à la Fnac, aux Editions Flammarion et félicitations à Alice Zeniter !

Je reviens bientôt vous parler de son livre (et oui, je ne l’ai pas encore lu, nul n’est parfait ! )…

© Nath

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Savoir s'émerveiller - L'homme joie - Christian BOBIN

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L’homme-joie

Christian BOBIN

Editions de l'Iconoclaste - 2012 -

Editions Gallimard  Folio – Août 2017 –

165 pages

 

« Je regarde le bleu du ciel. Il n’y a pas de porte.  Ou bien elle est ouverte depuis toujours. Dans ce bleu, j’entends parfois un rire, le même que celui des fleurs : impossible de l’entendre sans aussitôt le partager. Ce bleu , je le glisse dans ce livre pour vous ».

Il m’accompagne . Il n’est jamais bien loin de moi. J’ai en permanence l’un de ses livres à portée de main : Christian Bobin est un auteur –phare de ma vie.

C’est donc avec émotion et tendresse que j’ai découvert l’Homme-joie  (initialement paru aux Editions de l’Iconoclaste ) et plus récemment chez Folio.

L’homme-joie est un hymne à la Vie, à l’Amour, à, et bien sûr comme quasiment toujours chez Bobin, à la Nature , au Monde qui entoure chacun de nous, à toutes ces « petites choses » auxquelles nous ne prêtons pas attention. C’est une ode à la poésie, à la musique, à l’art, à la littérature.  En deux mots : C’EST BEAU ! Tout simplement.   On croise le noir de Soulages et le bleu du ciel,  la musique de Bach et celle de Glenn Gould, une gitane et ce laurier rose, celui qui « résiste » et qui revient si souvent chez Bobin.

« Un livre est voyant ou il n’est rien.  Son travail est d’allumer la lumière dans les palais des cerveaux déserts ».

C’est comme toujours, immensément touchant…  C’est Bobin. Juste ça. Juste une pudeur lumineuse, une poésie à fleur de peau, un sens de l’émerveillement à fleur de cœur, une Humanité palpable, et cette singularité de l’Homme qui insuffle la joie  et la sérénité.

Ce livre se compose de 15 chapitres , et au milieu… Au milieu coule une rivière de diamants..   Un carnet bleu. De ce bleu du ciel surgi du noir de la Terre.   Un carnet adressé à la Femme aimée, Ghislaine,  la « Plus que Vive ».  Un carnet manuscrit, qui m’a bouleversée …

« A présent, j’écris… Dans l’amour, dans la lumière, j’écris. Avec  des mots plus lumineux que la lumière, pour passer la lumière, pour atteindre ce qui en elle n’est plus sujet aux éclipses, pour gagner cette clarté que ne désoriente plus que la lente rotation des jours. Avec toi, j’écris. Avec  toi, je vois que les mots sont les mêmes. Ceux de la nuit. Ceux du  plein jour. Ceux de l’attente de l’amour. Ceux de l’amour ».

Un bijou donc, à découvrir, à lire, à relire, à écouter, car pour qui sait les entendre, les mots et le rire de Christian Bobin résonnent au-delà des pages .

© Nath

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15 novembre 2017

Coup de coeur !! J'ai tué Papa - Mélanie RICHOZ -

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J’ai tué papa

Mélanie RICHOZ

Editeur :  Slatkine & Cie - 2016 -

 

« Mon cerveau est une terre en constante rotation, soumise aux forces de gravitation exercée par les autres corps présents dans l’espace ».

Un thème ô combien douloureux et difficile constitue la trame de ce livre (roman, récit) de Mélanie Richoz, ergothérapeute en pédiatrie et écrivain (e)  : le syndrome autistique. Un sujet qui me tient à cœur, comme vous pouvez le constater au fil de mes articles sur ce blog.

« J’ai tué Papa » est une plongée dans le monde du silence. Celui qui enferme, qui étreint, celui qui étouffe, celui qui isole.  L’autisme avec ses singularités, ses rituels, ses stéréotypies, et son grand mystère.  L’autisme avec tout cet amour en dedans … L’autisme avec  la souffrance qu’il génère, avec ses cris retenus, ses peurs irrationnelles pour tout être rationnel.

Antoine est un enfant. Il est aussi autiste Asperger.  Ce roman choral fait entendre sa voix et celle de ses parents,  autour d’un évènement dramatique.  Des voix chargées d’émotions, des voix qui hurlent en silence le poids de la souffrance et de la solitude.  Qui disent aussi l’Amour.  Le désarroi. La difficulté de l’acceptation face au gouffre abyssal dans lequel ils sont plongés au quotidien.   Petite parenthèse personnelle, une maman d’élève me parlait, à ce sujet « d’apnée permanente ».

En alternance,  nous entendons donc la détresse d’Antoine  («  J’aimerais pouvoir…m’arrêter, stopper cette anxiété qui me donne le vertige où que je sois, quoi que je fasse. Tout le temps »).   Celle de sa maman, Clémence («Un gouffre béant et abyssal  qui met si souvent Antoine face au mur, malgré sa persévérance et l’énergie déployée à être normal ») et  celle de Jacques, son papa , dont nous percevons plutôt  les pensées, vous comprendrez pourquoi à la lecture. Un papa qui l’apaise en lui racontant l’histoire du Petit Prince.

J’ai été profondément bouleversée par cette lecture. L’écriture est d’une simplicité délicieuse et poétique à souhait.   Elle est empreinte d’une empathie lumineuse, d’une humanité et d’une tendresse à fleur de peau.   Elle est chargée de tolérance,  de bienveillance.  J’y ai retrouvé  les petits « Antoine » qui jalonnent mon chemin depuis plusieurs années, j’ai retrouvé leurs peurs, leurs  angoisses,  les murs silencieux qui  les entourent et dont il faut savoir trouver la porte. Celle du cœur.

Je remercie vivement les Editions Slatkine & Cie pour cette magnifique découverte, pour cet uppercut magistral en plein ventre, pour ces émotions si fortes nées de ces pages que j’ai tournées avec  une boule dans la gorge.

Un roman à découvrir donc. De toute urgence. Une belle leçon d’Amour et d’Humanité, en ces temps où l’égocentrisme fait un retour en force. Une ode à l’enfance différente.  A l’enfance tout court.  Merci, merci à l’auteure de rappeler qu’avant d’être rangés dans le tiroir TSA*, ces enfants sont avant tout des êtres en devenir.

*TSA : Troubles du spectre autistique (c’est comme ça qu’il faut dire maintenant)

© Nath

 

 

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13 novembre 2017

Le poète de la semaine - Boris VIAN -

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L'évadé

Il a dévalé la colline
Ses pieds faisaient rouler des pierres
Là-haut, entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie

Il respirait l'odeur des arbres
De tout son corps comme une forge
La lumière l'accompagnait
Et lui faisait danser son ombre

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil

Les canons d'acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l'eau

Il y a plongé son visage
Il riait de joie, il a bu
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il s'est relevé pour sauter

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L'a foudroyé sur l'autre rive
Le sang et l'eau se sont mêlés

Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil

Le temps de rire aux assassins
Le temps d'atteindre l'autre rive
Le temps de courir vers la femme

Il avait eu le temps de vivre.

Boris Vian

 

 

 

 

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12 novembre 2017

"Il a un violon dans la tête" - Un funambule sur le sable - Gilles MARCHAND -

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Un funambule sur le sable

Gilles MARCHAND

Editions : Les Forges de Vulcain  - Août 2017 –

Rentrée littéraire 2017

#MRL2017

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Il est certains auteurs qui, dès les premières lignes, par quelques  phrases, savent vous saisir par le cœur,  par les tripes.  Gilles Marchand est de ceux-là . J’ai encore en mémoire les premiers mots de son précédent roman « Une bouche sans personne ». Ce  « funambule sur le sable » m’a happée de la même façon.  D’entrée de jeu. Et  pan !

« Il a un violon dans la tête » : loufoque, absurde, me direz-vous !  Je vous répondrai : bouleversant, poétique, délicieusement humain, drôle, empathique, tendre…. Je vais m’arrêter là car il faut bien parler du livre non ?

Stradi naît avec un « drôle » de truc... Comme vous l’avez découvert plus haut, il a un violon planqué dans la tête. Un handicap inconnu. Tout nouveau.  Du sur-mesure.  Sacrée différence non ?    

Invisible, tapie quelque part sous son crâne, elle l’isole pourtant, le stigmatise. Comme tout handicap, comme toute différence.  Et pourtant, elle fera aussi sa force.   Il va puiser en elle des ressources poétiquement inouïes, à commencer par ces dialogues avec les oiseaux, enchantés par le son du violon, et cet amour de l’océan, du large… Parce qu'il y trouve la Paix.   Il cassera avec la littérature les barreaux de sa prison.  On retrouve au fil des pages de multiples références littéraires, l’une de mes préférées étant celle à Romain Gary (auteur qui m’est cher et que l’on retrouve d’ailleurs en épigraphe du roman) :  « Seul l’Océan a les moyens qu’il faut pour parler au nom de l’homme ». Et puis, il y a cette amitié , cette belle amitié avec Max, passionné de musique, un autre éclopé de la vie .  Il y a l’amour, celui pour la belle Lélie, il y a l’espoir, il y a la question de la vie à réapprendre  quand le violon ne chante plus…

La thématique du handicap est abordée avec Pudeur (majuscule), Poésie (majuscule) et Lumière (majuscule).   Je ne pouvais qu’y être extrêmement sensible, puisque j’ai choisi de côtoyer, professionnellement, des enfants qui ont un violon dans la tête, un violon qui les empêche de communiquer avec des mots, qui leur offre la musique du cœur et des yeux.

« Un funambule  sur le sable » est une sacrée leçon de vie et de tolérance, une ode poétique lancée au visage d’une société qui a bien du mal encore à accepter concrètement la différence, une fable solairement humaine, un régal pour l’âme.   On referme ce roman en se disant que finalement, funambules, nous le sommes peut-être un peu tous , sur les sables mouvants de nos vies.

"À vrai dire, je me suis toujours senti comme un funambule. J’ai avancé dans cette société en prenant mille précautions. Légèrement au-dessus, un peu au-dessous ou complètement à côté, je ne sais trop où, mais jamais en son sein. Je me suis maintenu en équilibre tant bien que mal, sachant que je pouvais chuter à tout instant. J’aurais pu considérer mon violon comme un don de la nature mais il était trop lourd à porter. J’ai avancé dans la vie comme un funambule sur le sable, avec un don que je ne pouvais pas utiliser, empêtré et maladroit."

J’ai fait cette lecture dans le cadre de ma participation aux #MRL17, merci à PriceMinister- Rakuten et aux marraines qui m’ont permis de pleurer à chaudes larmes, et de découvrir cette pépite !

© Nath

 

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11 novembre 2017

Libertad - Je peux me passer de l'aube - Isabelle ALONSO -

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Je peux me passer de l'aube

Isabelle Alonso 

Edtiions Héloïse d'Ormesson - Septembre 2017 -

304 pages

Rentrée littéraire 2017

 

L’Espagne sort meurtrie et écorchée au plus profond de son être d’une guerre atroce qui a porté au pouvoir le dictateur Franco, lorsque le jeune Angel Alcalà Llach rejoint sa famille à Madrid après deux ans d’absence. En effet, il n’était encore qu’un adolescent de quinze ans lorsqu’il avait décidé, au grand désespoir de son père, de rejoindre les rangs des combattants républicains. C’est en apprenant la mort de ce père qu’il décide de rejoindre sa mère et les derniers “petits” de la famille à Madrid.

Un père, c’est une digue. Mais comme elle a toujours été là, on n’imagine pas de quoi elle nous protège. Maintenant, je le sais. Mais maintenant il est trop tard”.

Angel découvre alors son pays crucifié, asphyxié par la dictature franquiste : la peur, la famine, la misère, la délation ont épousé, sous le regard bienveillant et liberticide de l’église et de l’armée, la répression, la torture et les lois ridicules.

Quittant alors Madrid pour Valence, où vit et travaille l’un de ses frères, Angel va décider de rejoindre ceux qui ont décidé de se battre eux aussi, de ne pas laisser grandir les “petits” dans un monde privé des droits fondamentaux, dans un pays amputé de valeurs républicaines et démocratiques. Le conflit mondial aux portes de l’Espagne ne fait qu’exacerber cette volonté de se battre.

“La planète entière est en train de s’anéantir. Avec notre pauvre Espagne en éclaireuse… Si on ne se bat pas, on est complice.

Le combat d’Angel le mènera à la clandestinité, lorsqu’en 1944, il refusera de répondre à l’appel du service militaire. La lutte continue, l’espoir demeure, d’autant plus que les Alliés ont gagné la guerre. Les lendemains qui chantent sont donc apparemment tout proches… 

J’ai été particulièrement touchée par ce roman, parce qu’il est porteur d’espoir. Parce que c’est une magnifique histoire de transmission... Parce qu’en dépit du thème abordé, la plume d’Isabelle Alonso se teinte d’humour et de lumière. L’écriture est d’une élégance, d’une sensibilité et d’une justesse qui font que forcément, on croit à l’aube.  Angel est le papa de l'auteure, ce qui rend, à mon sens, le ton de ce roman plus juste encore, plus proche de la réalité du coeur.

L’Espagne franquiste est décrite avec justesse, avec précision, avec une véracité historique. C’est sans doute pour tout cela qu’on se sent si proche de chacun des personnages. Sans doute aussi parce que j'aime passionnément l'Espagne.  Certainement parce que j'ai retrouvé un peu de mon histoire dans celle-ci.  Sans aucun doute parce que je suis éprise de Liberté, et que j'exècre toute forme d'oppression.

J'ai fait cette lecture communément avec Stéphanie, dans le cadre des Explorateurs du site lecteurs.com (voir ci-dessous).

© Nath

 

Lire "Je peux me passer de l'aube" et découvrir l'écriture lumineuse d'Isabelle Alonso

Avec Je peux me passer de l'aube, son dernier roman , Isabelle Alonso nous entraine à la suite de Je mourrai une autre fois, dans l'Espagne de la fin des années 30, de la guerre et de l'accession au pouvoir de Franco.

https://www.lecteurs.com

 

 

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09 novembre 2017

Home, Sweet Home - La fille d'avant - JP DELANEY -

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La fille d’avant

JP Delaney

Editions Mazarine – Mars 2017 –

432 pages

 

Je ne suis pas une grande amatrice de thrillers, polars et romans noirs, mais le titre de celui-ci a immédiatement émoustillé mes papilles littéraires, et cette intuition a été confortée par une lecture délicieusement effroyable  (ah l’intuition féminine !).  Je ne connaissais pas non plus la plume de JP Delaney,  elle fut la cerise sur  le gâteau !

Que vous dire de l’intrigue sans la divulgâcher ?  Sachez  que le personnage principal de cette intrigue est …une maison. Le parfait Sweet Home.  Rassurant. Sécurisé. Parfaitement équipé.  Du genre idéal. Oh bien sûr, il y a cet étrange questionnaire à remplir , il y a ce propriétaire si bizarre, et puis il y a ces règles de vie particulièrement étranges, voire draconiennes … Mais la paix et la sérénité se méritent, non ?

Emma et Jane vont apprendre à leurs dépens que ce petit paradis cache en réalité bien des secrets, et que le bien et le mal ne sont parfois pas bien loin l’un de l’autre. Ces deux jeunes femmes ont été blessées par la vie, et portent dans leurs bagages une souffrance qu’elles pensent et espèrent apaiser en aménageant au One Folgate Street. L’une et l’autre veulent tourner une page et leurs destins vont se croiser d’une façon aussi trouble que troublante entre ces quatre murs ô combien inquiétants.

Le récit alterne les deux voix , celle « d’avant » (Emma) et celle de « maintenant » (Jane).   Au-delà d’une ressemblance physique étonnante, toutes deux seront confrontées à un danger similaire.   Est-ce spoiler que de vous dire qu’Emma a trouvé la mort dans ce lieu étrange , et que Jane va tenter de partir sur ses traces ? 

Bon, j’arrête là pour vous laisser savourer à votre tour ce thriller psychologique aux multiples rebondissements, qui vous collera à coup sûr des sueurs froides , et je vous laisse courir chez votre libraire préféré,  car franchement, il mérite le détour !  De plus, l’édition  « Rouge et blanche » est une pure merveille esthétique. Bref, LISEZ-LE !

Je remercie les Editions Mazarine, pour ces moments d’angoisse, cette lecture totalement saisissante et addictive et les nuits blanches générées par ce suspense à couper le souffle !

© Nath

 

 

 

 

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07 novembre 2017

Le poète de la semaine - Arthur RIMBAUD -

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Sensation

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud

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05 novembre 2017

Today we live - Emmanuelle PIROTTE -

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Today we live

Emmanuelle PIROTTE

Editions du Cherche Midi – Septembre 2015 –

Editions du Livre de Poche – Septembre 2017 –

Partenariat Livre de Poche

 

Nous sommes en 1944. Renée a 7 ans, elle est juive.  Mathias est un SS. Il a infiltré les rangs américains. Leurs routes n’auraient jamais dû se croiser. Sauf que… parfois, la vie est surprenante. Parfois, l’être humain l’est plus encore.

Alors qu’il doit fusiller l’enfant, l’homme a une réaction inexplicable : il retourne l’arme contre son acolyte et l’abat. Commence alors une incroyable cavale, une extraordinaire histoire,  dont le personnage principal est ce lien au demeurant impossible entre ces deux êtres que tout oppose, et qu’une situation extrême va unir, les amenant à découvrir l’autre, à se découvrir eux-mêmes. Ils vont se comprendre, se protéger...  Lui l’allemand, la machine à tuer. Elle l’enfant juive.

« Pour la première fois de sa vie, en compagnie d'un soldat allemand, Renée avait oublié qu'elle était juive. »

 Écrite comme (et pour) un scénario cette histoire est saisissante de beauté, en dépit de l’atrocité qu’elle relate (la guerre).

Un récit captivant, qui entraîne le lecteur dans les tréfonds de l’âme humaine, et de sa complexité, de ses paradoxes, de sa noirceur et de sa splendeur.

Brillant, émouvant, ce roman est un véritable page-turner, une lecture qui laisse des traces.

Je remercie le Livre de Poche pour cette belle découverte, faite dans le cadre de notre partenariat …

© Nath

 

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03 novembre 2017

Georgia on my mind - Georgia - Timothée de FOMBELLE / Benjamin CHAUD -

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Georgia

Timothée de FOMBELLE / Benjamin CHAUD

Editions : Gallimard Jeunesse  Musique – Novembre 2016 –

Pépite 2016 du meilleur livre jeunesse.

Projet en soutien à l'association SOS Villages d'enfants

 

« Maintenant ils écrivent en grand mon nom sur les disques et sur les murs, sur les théâtres avec des lettres de lumière. Ils n’ont pas visité mon cœur, ils n’ont pas trouvé mon secret »

Georgia, une star de la chanson, se souvient de l'enfant solitaire  qu'elle était .  Séparée de ses sœurs ( « éparpillées comme une poignée de billes qu’on jette sur un carrelage ») , elle vit avec sa tante et…ses rêves …

« Mes  rêves étaient ce que j’avais de plus encombrant.  Ils remplissaient mon ancienne chambre jusqu’au plafond et ils m’avaient sauvé la vie pendant toutes ces années ».

Une nuit, à travers un mur, elle entend le son d’un violon.  C’est celui de Sam, un étrange voisin. Cent ans les séparent, car Sam vit à l’époque de la Commune de Paris.   Sam va aider Georgia à vivre son plus grand rêve : chanter.  Elle deviendra célèbre, mais n’oubliera ni  Sam, ni ses rêves.

« Avec le temps, Sam a sorti les notes de mon cœur, pour leur apprendre à voler ».

Timothée de Fombelle offre avec Georgia un conte musical à fleur de cœur, une histoire et un univers qui font du bien.  Le CD, c’est une heure quinze de pur bonheur, d’amour, de générosité, de tendresse.

Le texte, qui aborde  les questions de la séparation, de la force des rêves auxquels il ne faut jamais cesser de croire, de l’amitié, du temps qui passe mais qui n’efface pas les liens du cœur, est magistralement mis en valeur par les sublimes illustrations de Benjamin  Chaud.. Tout cela fait de cet album musical une véritable pépite, titre qu’il a d’ailleurs reçu lors du dernier Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil en 2016.

J’ai été très touchée par la petite Georgia, par ce lien avec Sam, au-delà du temps, au-delà de ces  murs invisibles qui nous entourent tous.  J’ai beaucoup aimé les chansons, parenthèses enchantées. On entre dans un monde onirique, dans un nid douillet  duquel on n’a aucune envie de sortir. On ferme les yeux, on se laisse porter. Georgia et Sam sont là, tout près, on entend le son du violon, et les murmures des rêves qui les accompagnent.

© Nath

 

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