Le Boudoir de Nath - Blog littéraire et culturel -

26 septembre 2022

Le lundi, c'est poésie / littérature - William Shakespeare

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Je me sens toujours heureux, savez-vous pourquoi? Parce que je n'attends rien de personne; attendre fait toujours mal. Les problèmes ne sont pas éternels, ils ont toujours une solution, la seule chose qui n'a pas de remède est la mort. Ne permettez à personne de vous insulter, de vous humilier ou de diminuer votre estime de soi. Les cris sont l'instrument des lâches, ceux qui ne pensent pas.

Nous rencontrerons toujours des gens qui nous considèrent comme coupables de leurs problèmes, et chacun aura ce qu'il mérite. Nous devons être forts et ressusciter des chutes que la vie nous impose, pour nous rappeler qu'après le sombre tunnel plein de solitude, de très bonnes choses viennent.
Avant de discuter ... Respirez
Avant de parler ... Écoutez
Avant de critiquer ... Examinez-vous
Avant d'écrire .... Pensez
Avant de faire mal ... Regardez
Avant d'abandonner .... Essayez
Avant de mourir ..... vivez !!
La meilleure relation n'est pas celle d'une personne parfaite, mais celle dans laquelle chaque individu apprend à vivre, avec les défauts de l'autre et admirant ses qualités.
Qui ne valorise pas ce qu'il a, un jour il se plaindra de l'avoir perdu et celui qui souffrira un jour recevra ce qu'il mérite.
Si vous voulez être heureux: rendez quelqu'un heureux; si vous voulez recevoir donnez un peu de vous-même, entourez-vous de bonnes personnes et soyez l'une d'entre elles.
Rappelez-vous : parfois, quand vous vous y attendez le moins, il y aura ceux qui vous feront vivre de bonnes expériences!
Ne gâchez jamais votre présent pour un passé sans avenir.
Une personne forte sait comment garder sa vie en ordre. Même avec des larmes dans les yeux, elle s'adapte pour dire avec un sourire : JE SUIS BON.

William Shakespeare 

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23 septembre 2022

Tibi la Blanche - Hadrien Bels

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Tibi la blanche
Hadrien Bels
Editions de l'Iconoclaste - Août 2022
Rentrée littéraire 2022


Si dans son premier roman "Cinq dans tes yeux", Hadrien Bels nous emportait à Marseille, nous voici cette fois, par la magie des mots, en Afrique, plus précisément à Dakar, avec cette seconde et brillante publication "Tibi la blanche" (Editions de l'Iconoclaste).

A Thiaroye, quartier proche de Dakar, ils sont trois à attendre les résultats du bac.

Il y a Issa, empereur du wax et de la mode, qui rêve de devenir styliste .

Il y a Neurone, l'intello de la bande, sûr de sa réussite, fils d'un "nanti" local, ce qui pourrait outre ses indéniables capacités, lui ouvrir bien des portes, à priori.

Et puis il y a Tibi. Ils l'appellent Tibi la Blanche, parce qu'elle rêve de partir en France. Elle ne veut pas du destin tout tracé qui semble s'imposer à elle : un mari choisi , qui partirait là-bas, gagner de l'argent qu'il enverrait via Western Union en attendant que son épouse le rejoigne dans une HLM de banlieue où elle s'occuperait de leurs enfants. Elle se veut libre, indépendante, tout en demeurant très attachée à ses racines et respectueuse de la Terre qui l'a vue grandir.

Tout va se jouer sur les résultats de l'examen, des mentions espérées et nécessaires, sur un stylo marabouté, et ... le destin !

Hadrien Bels réussit ici ce tour de force de nous transporter tous nos sens au Sénégal. il nous y convie, comme le veut la traditionnelle Téranga (loi de l'hospitalité). Nous sentons le soleil nous brûler la peau, l'odeur du thiep, le claquement des Tic Tic, les rires, les cris, les pleurs, les silences désespérés, les rancoeurs tues ou vivaces.

Mais ce roman n'est pas que cela. Il est aussi et par dessus tout une déclaration d'amour à l'Afrique, une dénonciation du (néo) colonialisme ravageur. Il y est question d'immigration et d'émigration, de féminisme, de joie de vivre, d'amitié, de différence(s), de marabouts, de musique, et d'amour. Celui que Neurone porte à Tibi, sans retour aucun. Il y est question de choix, d'identité, de parentalité, de ce que peut provoquer le capitalisme occidental chez ceux qui font le choix d'y adhérer.

Coup de coeur immense pour Tibi, pour l'écriture d'Hadrien, pour ce qu'il dit et ne dit pas, mais que l'on devine aisément, pour le sujet évoqué avec tant de brio,pour ces personnages que j'ai eu du mal à laisser partir.
Je remercie vivement l'auteur et les Editions de l'Iconoclaste grâce à qui j'ai pu voyager en avant-première.

© Nath

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21 septembre 2022

Illégitimes - Nesrine Slaoui

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Illégitimes
Nesrine Slaoui
Livre de Poche - Février 2022


Lors du premier confinement, Nesrine Slaoui revient à Apt, ville où elle a grandi avant de devenir la brillante journaliste que l'on connaît.

L'autrice revient sur son parcours semé d'embûches, le premier de ceux-ci étant son identité, comprenez par là ses originies , tant culturelles que sociales. Pas facile de réaliser ses rêves lorsqu'on a un papa maçon et une maman femme de ménage. En dépit d'excellents résultats scolaires, et de ces règles du jeu qu'elle pense maîtriser, la route sera longue et ardue, le regard des autres bien souvent jugeant et malveillant. En effet, comment imaginer qu'elle puisse sortir du rang qui lui était dévolu et du destin qui lui était tout tracé ?

"Mes parents pensaient aussi qu'aver un 20 à l'oral de français, je ne serais plus vue comme une Arabe".

Se faisant la voix de ceux qui se taisent, Nesrine dresse le portrait d'une société inégalitaire, bien que prônant la fameuse et hypocrite "égalité des chances". Elle déplore l'absence de mixité sociale, la domination des classes dirigeantes.

Sur fond de rap, d'indignation, de références telles que les mots d'Annie Ernaux , Jack London ou FaÏza Guene (dont j'admire l'engagement féministe entre autres)

J'ai beaucoup, beaucoup aimé cette lecture, qui est en adéquation avec mon quotidien d'habitante de banlieue parisienne, où l'on parque les gens dans des tours HLM prétendument éphémères, où l'école n'a plus deux mais des dizaines de vitesses, où l'ascenseur, tant social que bel et bien réel reste trop souvent bloqué au niveau -1. Je suis moi-même une transfuge, mais dans l'autre sens , du prétendu haut vers le non prétendu bas.

En dépit de tous ces constants , Nesrine Slaoui dit sa reconnaissance à l'école de la République qui lui a permis, au prix de nombreux sacrifices de ses parents, d'accéder aux écoles qu'elle a pu fréquenter, à force de travail et d'obstination et aussi de chance car fille unique, il était moins compliqué pour les parents de se saigner aux quatre veines.

Concluant qu'il est nécessaire de renoncer à la légitimité , car celle-ci est basée sur des codes archaïques, l'autrice-journaliste livre ici un témoignage précieux, puissant, dans une langue inattendue et brillante.

© Nath

 


 

19 septembre 2022

Le lundi, c'est poésie / littérature - Andrée Chédid

 

Aucune marche

Aucune navigation

N’égalent celles de la vie

S’actionnant dans tes vaisseaux

Se centrant dans l’îlot du cœur

Se déplaçant d’âge en âge

Aucune exploration

Aucune géologie

Ne se comparent aux circuits du sang

Aux alluvions du corps

Aux éruptions de l’âme

Aucune ascension

Aucun sommet

Ne dominent l’instant

Où t’octroyant forme

La vie te prêta vie

Les versants du monde

Et les ressources du jour

Aucun pays

Aucun périple

Ne rivalisent avec ce bref parcours

Voyage très singulier

De la vie

Devenue

Toi

Andrée Chedid, la vie voyage

 

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14 septembre 2022

La petite menteuse - Pascale Robert Diard

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La petite menteuse
Pascale Robert Diard
Editions de l'Iconoclaste - Août 2022
Rentrée littéraire 2022

Lisa Charvet, vingt ans, pousse la porte d'Alice Keridreux, avocate provinciale, bien loin des jeux de manches parisiens, et lui évoque la nécessité absolue d'être défendue par une femme, concernant le viol dont elle a été victime il y a cinq ans. A l'époque, l'adolescente a accusé Marco Large, ouvrier intermittent du bâtiment, à la dérive, souvent alcoolisé et empêtré dans ses propres désirs. Un type pas bien clair en somme.

Les années ont passé , le prévenu a fait appel et le procès va avoir lieu.

Lisa ne veut plus de l'avocat parisien alors choisi par ses parents, un ponte , le meileur paraît-il, celui qui enverra le violeur derrière les barreaux pour un temps le plus long possible.

Peu à peu, Lisa se confie à l'avocate, lui raconte l'adultère de son propre père, son physique sui a changé dès que ses seins ont (trop) poussé, ses relations aux garçons, sa réputation au sein du collège, le soutien indéfectible de sa meilleure amie de deux de ses professeurs.

Puis, coup de théâtre... Quelques jours avant l'audience, Lisa reconnaît avoir menti, elle a vite été dépassé par ce mensonge dont elle ne saisissait pas l'ampleur, mensonge dans lequel elle s'est noyée, par la force des choses.
Maintenant adulte, ele veut faire face à la vérité, quel qu'en soit le prix; et va donc livrer une lettre dans laquelle elle va tout avouer.

Le rôle de l'avocate sera dès lors des plus ambigus, peut-on en effet défendre une victime qui a menti ?

Alice va gratter, et découvrir qu'au delà du mensonge, il y a une grande souffrance, incomprise et dissimulée. Celle d'une adolescente qui découvre l'infidélité de son père, celle d'une gosse dont les seins ont poussé trop vite, une fille paumée . Peut-on lui accorder ce statut de victime au seul motif de la violence sociétale du collège, à laquelle elle était confrontée, à l'époque où le NON était encore moins entendu que maintenant ?

Pascale Robert Diard est chronique judiciaire, elle connaît les arcanes de de monde par coeur, et réussit le tour de force de nous épater encore, de nous entraîner , dans ce roman d'une grande puissance, à nous interroger sur la fragilité de l'intime conviction, et bien d'autres thématiques encore, à découvrir en le lisant !!

" Vous avez senti comme la conviction est une chose fragile ?

Il avait fallu si peu de choses pour que deux vies basculent. L'ennui et le mal-être d'une adolescente, la grossièreté des garçons, la volonté de bien faire de deux enseignants, la célérité d'un gendarme, le bovarysme d'une juge d'instruction, les rumeurs malfaisantes d'une petite ville, la conviction établie d'une mère, la mauvaise conscience d'un père".

Je remercie vivement les Edtions de l'Iconoclaste qui m'ont permis de découvrir cette lecture, flamboyante et saisissante en avant-première.
© Nath


12 septembre 2022

Le lundi, c'est poésie / littérature - Anna de Noailles

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Nature au cœur profond sur qui les cieux reposent,
Nul n’aura comme moi si chaudement aimé
La lumière des jours et la douceur des choses,
L’eau luisante et la terre où la vie a germé.

La forêt, les étangs et les plaines fécondes
Ont plus touché mes yeux que les regards humains,
Je me suis appuyée à la beauté du monde
Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains.

J’ai porté vos soleils ainsi qu’une couronne
Sur mon front plein d’orgueil et de simplicité,
Mes jeux ont égalé les travaux de l’automne
Et j’ai pleuré d’amour aux bras de vos étés.

Je suis venue à vous sans peur et sans prudence
Vous donnant ma raison pour le bien et le mal,
Ayant pour toute joie et toute connaissance
Votre âme impétueuse aux ruses d’animal.

Comme une fleur ouverte où logent des abeilles
Ma vie a répandu des parfums et des chants,
Et mon cœur matineux est comme une corbeille
Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.

Soumise ainsi que l’onde où l’arbre se reflète,
J’ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs
Et qui font naître au cœur des hommes et des bêtes
La belle impatience et le divin vouloir.

Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature.
Ah ! faut-il que mes yeux s’emplissent d’ombre un jour,
Et que j’aille au pays sans vent et sans verdure
Que ne visitent pas la lumière et l’amour…

- L’Offrande à la Nature, d’Anna de Noailles

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09 septembre 2022

Vivian Maier - A la surface d'un miroir Paulina SPUCCHES

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Vivian Maier - A la surface d'un miroir
Paulina SPUCCHES
Editions Steineis - Avril 2021


Grande admiratrice de l'oeuvre de Vivian Maier, il était pour moi évident de plonger dans le roman graphique que Paulina Spucches lui a consacré.

Et quel bonheur !

L'originalité de cette oeuvre repose à la fois sur son caractère en partie fictionnel (mais on y croit à 100%), et aussi sur les graphismes hauts en couleurs qui la composent, comme en opposition au noir et blanc propre à la photographe.

Les chapitres alternent entre passé et présent, et c'est ainsi que l'on déouvre Vivian enfant, qu'on la suit sur le chemin qui l'a menée à l'amour de la photographie que l'on lui connaît. On suit Vivian enfant, ballotée entre New York et la France, puis Nanny hors normes au coeur de la Big Apple. Elle y fera ses premiers clichés, scènes de la vie quotidienne, instants volés, autoportraitq, la ville devenant sa scène.

Elle multiplie clichés, qui ne seront jamais développés de son vivant; et dormiront dans un entrepôt avant que John Maloof, collectionneur passionné, leur donne l'existence qu'ils méritent, faisant ainsi de Vivian Maier et de son Rolleiflex des icônes de la photographie.

J'ai adoré plonger dans l'univers de cette femme pour laquelle ne nourris un émerveillement absolu. J'ai beaucoup apprécié les encarts à la fin du roman, précisant la biographie de Vivian, ainsi que le carnet de croquis.

Gros coup de coeur donc pour les amoureux de photographie, du temps des Rolleiflex et bien sûr les inconditionnels comme moi de cette femme qui a bouleversé le domaine de l'art underground.

© Nath

 

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07 septembre 2022

Nous sommes tous des féministes Suivi de Le danger de l'histoire unique - Chimamanda Ngozi Adichie

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Nous sommes tous des féministes
Suivi de Le danger de l'histoire unique
Chimamanda Ngozi Adichie

Traduit de l'anglais (Nigeria) par Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter
Editions Folio - Mars 2020


Dans ce très court essai en deux parties, l'autrice livre plusieurs anecdotes de son propre vécu pour aborder de façon plus large le problème de fond : les inégalités liées au genre.

Elle évoque l'éductation différenciée, la sienne au Nigéria, et les discriminations liées au sexe, les codes qui régissent notre société sans parfois que nous en prenions conscience, tant ils sont ancrés.

Elle explique avec justesse la nécessité du féminisme en tant que lutte , et son discours est clair et audible par tous , sans haine contre le genre masculin. Il est d'ailleurs la version corrigée d'une conférence donnée lors d'un colloque annuel consacré à l'Afrique.

Chimamanda Ngozi Adichie expose enfin la vision qu'elle a de l'éducation, racine de l'avenir. car influant sur le futur sociétal. Bien entendu, elle ne présente aucune solution, juste des pistes de réflexions menées à partir de discussions et d'observations.

"Certains me demandent : « Pourquoi employer le mot féministe? Pourquoi ne pas vous contenter de dire que vous croyez profondément aux droits de l'homme, ou quelque chose comme ça?» Parce que ce serait malhonnête. Le féminisme fait à l'évidence partie intégrante des droits de l'homme, mais se limiter à cette vague expression des droits de l'homme serait nier le problème particulier du genre. Ce serait une manière d'affirmer que les femmes n'ont pas souffert d'exclusion pendant des siècles. Ce serait mettre en doute le fait que ce problème ne concerne que les femmes. Qu'il ne s'agit pas de la condition humaine mais de la condition féminine".


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La seconde partie "le danger de l'histoire unique" évoque de la même manière l'impact de la domination culturelle , sociale et raciale. Il faut absolument se préserver de l'histoire unique si l'on veut éviter l'écueil de la pensée elle aussi unique.
S'appuyant à nouveau sur des exemples concrets et personnels que l'on peut étendre de façon universelle, elle démontre que s'en tenir aux stéréotypes ancrés dans une croyance bien établie dans les pensées collectives est un danger. Il faut donc les dépasser , tout comme elle l'a fait, pour devenir la combattante et l'écrivaine qu'elle est aujourd'hui, une voix d'émancipation, d'une puissance fulgurante et nécessaire.


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Ce très court essai se lit très rapidement et devrait être mis entre toutes les mains. Point de virulence, juste une analyse pointue et des pistes de réflexion !
© Nath

05 septembre 2022

Le lundi, c'est poésie / littérature - Henri Gougaud

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"Il n'y a plus de portes dans les murs, plus de ponts sur les rivières.

Entre les pour, les contre, les contre du pour et les pour du contre, nous prenons nos peurs pour des opinions et nous nous rapetissons dans nos peines.

Chacun pour soi, chacun chez soi, nous ne faisons que subir et nous débattre dans la tristesse de la séparation.

Il est là, le vrai VIRUS, caché dans cette cave du coeur où nous oublions notre commune humanité.

Au delà de nos idées, de nos croyances, il est grand temps de revenir à ce qui nous fait semblables :

LA VIE, LA CHALEUR DE LA VIE.

Nous ne sommes ni nos idées, ni nos croyances. Nous sommes beaucoup plus que cela.

Nous sommes des êtres vivants peuplés de joies, de peines, d'émerveillements, de mémoire, de rêves et de cauchemars, d'élans et de désirs.

Parlons donc de tout ce qui nous unit, c'est la meilleure façon d'éloigner ce qui nous sépare..

Tout au long de mon existence j'ai tenté de servir la vie. Je ne peux donc qu'essayer encore et vous dire mon sentiment.

Le mauvais temps que nous traversons doit nous apprendre à grandir, à créer partout où nous le pouvons des oasis de fraternité plutôt que des champs de bataille.

Je vous le dis parce que je sais qu'au fond nous en rêvons tous et que nous n'avons pas d'autre choix que de cheminer vers nos rêves.

Je vous embrasse.

Henri GOUGAUD"

 

 

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29 août 2022

Le lundi, c'est poésie / littérature - Mannick

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Je connais des bateaux qui restent dans le port
De peur que les courants les entraînent trop fort
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
À ne jamais risquer une voile au dehors

Je connais des bateaux qui oublient de partir
Ils ont peur de la mer à force de vieillir
Et les vagues, jamais, ne les ont séparés
Leur voyage est fini avant de commencer

Je connais des bateaux tellement enchaînés
Qu'ils en ont désappris comment se regarder
Je connais des bateaux qui restent à clapoter
Pour être vraiment sûrs de ne pas se quitter

Je connais des bateaux qui s'en vont deux par deux
Affronter le gros temps quand l'orage est sur eux
Je connais des bateaux qui s'égratignent un peu
Sur les routes océanes où les mènent leurs jeux

Je connais des bateaux qui n'ont jamais fini
De s'épouser encore chaque jour de leur vie
Et qui ne craignent pas, parfois, de s'éloigner
L'un de l'autre un moment pour mieux se retrouver

Je connais des bateaux qui reviennent au port
Labourés de partout mais plus graves et plus forts
Je connais des bateaux étrangement pareils
Quand ils ont partagé des années de soleil

Je connais des bateaux qui reviennent d'amour
Quand ils ont navigué jusqu'à leur dernier jour
Sans jamais replier leurs ailes de géants
Parce qu'ils ont le cœur à taille d'océan

 Mannick

 

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