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Le camp des autres

Thomas VINAU

Alma Editeur – Août 2017 –

Rentrée littéraire 2017

 

Je l’avais découvert avec  « Bleu de travail », c’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé Thomas Vinau et sa plume, poétique, douce, amère, lumineuse.

« Le camp des autres » est une ode à la Tolérance, à la Terre, à la Liberté , à  l’Humanité, à tout ce qui nous échappe, faute de savoir regarder.

L’auteur met en scène un enfant, Gaspard. Il fuit. Il court. Il a pour seul compagnon un chien blessé. Il a fui la violence d’un père, le chien l’a défendu. Ces deux êtres meurtris ont trouvé refuge dans une forêt.  Ils seront bientôt recueillis par Jean-le-Blanc, un homme étrange et solitaire.

Gaspard va  alors rejoindre une bande de laissés pour compte, déserteurs, marginaux, bohémiens, ceux qui ont refusé de se soumettre à un diktat de la société : c’est la Caravane à Pépère…

Ici, la réalité historique rejoint la fiction, car il faut savoir que c’est pour venir à bout de ces « bandes sauvageonnes » que Clémenceau a créé en 1907 les Brigades du Tigre, ancêtres de la PJ française.

Le camp des autres, c’est celui que les « bien-pensants » de la Société actuelle regardent avec le même mépris et la même ignorance qu’il y a un siècle. C’est celui des réfugiés, des migrants, des pauvres, des SDF, des oubliés, des apatrides, des sans-papiers,  de tous ceux qui n’entrent pas dans les normes.

Comme toujours, la plume de Thomas Vinau est somptueusement incandescente,  et profondément humaine.  Son empreinte laisse dès lors une trace dans le cœur de celui qui l’effleure. « Le camp des autres » est une lecture nécessaire en ces temps d’intolérance, de négation de l’Autre dès lors qu’il est « autre ».

J’ai été touchée par ces mots si simples, si lumineux,  et si tellement « Vinau » !   La Nature dans toute sa splendeur, sa beauté et sa fragilité, est un personnage à part entière, et a une place de choix dans cette caravane d’insoumis.

« Il y a des oiseaux qui n’ont pas droit au ciel. Nous partagerons de force. Nous prendrons ce qu’on nous refuse. Nous sommes la faim des flammes. Le feu qui se tord. L’esprit affamé de la justice. Nous sommes les flammes sans lumière. C’est la nuit que nous voyons le mieux car c’est elle qui nous accueille. C’est le noir qui nous éclaire. La nuit est notre règne, la forêt notre patrie. Nous sommes les fils des bois perdus, de la route, de la boue, des chemins.  Nous sommes les fauves en exil. Les apatrides… Venez avec moi, je vous offre l’outrage, la brûlure, la ruade, le galop. Je vous offre la liberté des flammes sans lumière. »

C’est pour moi un coup de cœur, que je vous souhaite de découvrir.

© Nath

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Thomas Vinau au Forum Fnac Livres 2017

Photo © Nath